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« Votre industrie du textile habillement a un brillant avenir »

21 mai 2006, 00:00

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<B>Quel est le but de votre visite à Maurice ? </B>

Je travaille avec le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), Enterprise Mauritius (EM) et le ministère de l?Industrie pour établir un Institut de stylisme à Maurice. J?ai aidé à concevoir le National Institute of Fashion Technology (NIFT) indien, et je mets donc mon expérience au service de Maurice. Actuellement, je visite les entreprises qui fabriquent des vêtements, des accessoires de mode, de la bijouterie de luxe et les boutiques et magasins d?habillement. Je vais aussi avoir de nombreuses séances de travail avec les responsables du secteur pour découvrir toutes les facettes de l?industrie de l?habillement et de la mode à Maurice.

<B>Sera-t-il facile de mettre en place cet Institut du stylisme à Maurice ? </B>

Maurice a des atouts que nous pouvons utiliser. Les locaux et les installations à l?université de Technologie et sa School of Design en font partie. Ensuite, les ressources d?Enterprise Mauritius pourront également être utilisées. Mais il va bien évidemment falloir de l?expertise étrangère et une grande implication de l?industrie locale pour mettre en place cet Institut. Ce dernier devra garder une relation permanente et étroite avec les entreprises locales pour connaître leurs besoins et leur proposer des idées sans cesse renouvelées.

<B>Et que pensez-vous du niveau de l?industrie locale ? </B>

D?abord, je voudrais dire que votre industrie du textile habillement a un brillant avenir. Ceci explique pourquoi le groupe hongkongais, Wing Tai Holdings, investit à Maurice en rachetant Corona Clothing. J?ai vu une excellente qualité de production ainsi que des procédés de fabrication très modernes dans vos usines. Je constate également qu?une bonne partie de vos 28 gros fabricants prend en compte l?aspect mode et s?intéresse davantage au stylisme et aux tendances internationales.

« Dès l?institut mis en place, il faudra établir la réputation du pays comme un centre de création et de recherche en matière de stylisme et de mode. »

<B>On reproche souvent aux entreprises locales de ne pas suffisamment suivre les tendances internationales ? </B>

Ce n?est pas vraiment un handicap, en tout cas les entreprises locales me donnent l?impression de s?intéresser à ce qui se passe ailleurs. Hong-Kong est une île, mais cela ne l?a jamais empêchée de suivre les tendances et même d?en imposer certaines.

À Maurice, une fois l?institut mis en place, il sera primordial d?établir la réputation du pays comme un centre de création et de recherche en matière de stylisme et de mode. C?est ainsi que nous avons fait à Hong-Kong en faisant venir des étudiants étrangers en stage et en accueillant des experts étrangers dans le domaine, le plus souvent possible. C?est ainsi que nous avons procédé avec le NIFT. Il y a 20 ans, nous commencions avec une école, aujourd?hui on en a dix qui ont un rayonnement mondial.

<B>Quel sera donc le profil des entreprises qui réussiront dans le textile ?</B>

Ce seront des petites entreprises ou même de plus grandes qui se spécialiseront dans des marchés niches à forte valeur ajoutée. Il faudra parler en termes d?industrie de la mode où des entreprises de textile habillement fabriqueront vêtements et accessoires de mode. Dans le même temps, des bijouteries locales world class proposeront des produits finement travaillés à une clientèle internationale soucieuse de la qualité des produits

<B>Vous accordez beaucoup d?importance aux boutiques et magasins. Pourquoi ? </B>

Tout passe par là. À Maurice, je constate que le secteur de la vente souffre de faiblesses évidentes. La plupart des boutiques ont un stock exorbitant. Ils encombrent leurs vitrines de produits sans se demander si cela est réellement attirant pour les clients. Pire, quand un touriste arrive et tombe sur du non recognised franchising, pour ne pas dire des contrefaçons, cela ne fait pas sérieux pour l?image de Maurice.

<B>Comment pensez-vous qu?on va pouvoir reconvertir les centaines de boutiques qui vendaient de faux Ralph Lauren auparavant ? </B>

Ces boutiques ont fait beaucoup de tort à votre image. La solution se trouve dans la représentation de marques étrangères connues et de marques locales dont le design et la qualité sont de niveau international.

Je pense pouvoir dire que Peace Angel ou IVplay sont des marques solides.

Je veux en voir d?autres de ce genre émerger et qu?elles ne soient pas vendues dans d?obscures factory shops, mais des magasins classieux !

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