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« Une vraie relation de proximité entre l’employé et son patron »

19 novembre 2005, 20:00

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<B>Qu’est-ce que le PMS ?</B>

Le PMS, c’est un agreement entre le management et les employés. J’aime appeler cela un management by agreement parce que l’employé est d’accord sur ce qu’on attend de lui et comprend ce que l’entreprise veut. Le PMS n’impose rien à l’employé, et c’est là son plus gros atout. Il permet comme le dit le mot « manage », la performance individuelle dans l’entreprise, mais c’est fait de façon interactive.

Il est important de noter aussi que le PMS n’est pas une fin en soi. C’est progressif et évolutif. Cela commence par quelque chose, et au fur et à mesure, on est en discussion avec l’employé. On revoit ce qui a besoin d’être amélioré au niveau de l’entreprise et comment on va procéder pour atteindre notre objectif. À partir de ce moment, les employés savent qu’ils sont partie prenante de ce qu’on veut atteindre pour l’entreprise et qu’ils ont donné leur point de vue pour y arriver. Ils ont un rôle important à jouer.

<B>Pourquoi est-il important d’instaurer ce système à Maurice ?</B>

L’économie actuelle veut que toutes les entreprises soient très compétitives et ce qui était bien hier, n’est pas forcément suffisant aujourd’hui. Ce système permet à l’entreprise de faire mieux en terme de compétitivité et cela est complètement relié aux employés. Plus ils sont compétents, plus l’entreprise sera compétitive sur le marché. Le PMS est quelque chose de très positif pour l’entreprise et toutes les entreprises y gagneraient en l’instaurant.

<B>Comment les entreprises peuvent-elles bénéficier d’un tel système ?</B>

Elles peuvent en bénéficier à plusieurs niveaux. Au niveau personnel, la performance de l’employé est améliorée car il peut clarifier ses responsabilités. Il sait ce que l’on attend de lui et va ainsi dans la direction de l’entreprise. Le PMS permet aussi de discuter d’abord avec l’employé. Ce dernier peut donner son point de vue. Nous sommes alors en mesure de repérer les lacunes de chacun et cela nous aide au niveau de la formation. Nous évaluons ainsi les besoins de chacun et donnons le perfectionnement nécessaire dans le domaine recherché.

Le plus positif dans ce système, c’est la relation humaine qu’on en dégage. Il y une vrai relation de proximité qui se crée entre l’employé et son patron. Le PMS permet d’avoir un feed-back, de rebondir et d’aller vers quelque chose de meilleur. On peut ainsi donner des conseils, encadrer les employés et trouver des solutions aux problèmes qui se posent. Au niveau de l’entreprise, les employés sont plus positifs donc plus productifs. On s’est rendu compte à la Mauritius Union, que l’employé était beaucoup plus motivé car il a la possibilité à présent de donner son point de vue.

<B>Qu’est-ce qui vous a poussé à offrir une formation telle que celle-ci ?</B>

Le PMS n’est pas vraiment une formation, c’est un système qui a été mis en place. Notre stratégie nous a poussé à le faire. En effet, la Mauritus Union veut aujourd’hui être à la pointe de la technologie. Notre but principal est de se donner tous les moyens pour se développer. Nous prenons beaucoup en considération l’entourage de notre staff.

Dans le passé, ils n’ont pas souvent eu l’occasion de prendre des responsabilités. On leur imposait ce qui devait être fait. Nous réalisons que ce système ne nous apporte que des avantages et c’est pour cela que nous l’avons instauré.

<B>Comment fonctionne le PMS et comment s’est-il mis en place ?</B>

Le PMS ne peut pas marcher du jour au lendemain. C’est un processus évolutif. Il commence par une grosse campagne de communication à l’intérieur de l’entreprise, avec les employés. La communication est importante, car il faut les rassurer. Il faut qu’ils comprennent que ce système est avantageux pour eux.

Ils ne doivent pas penser que c’est une menace pour leur job ou qu’il y a un problème. Puis, cela nous permet de leur dire ce qu’on attend d’eux et les étapes qui doivent être franchies.

À la Mauritius Union, nous avons fait des comités où nous avons tout expliqué. Les employés ont eu l’occasion d’aller discuter avec leur communication officers. Puis, nous avons fait un job profiling qui nous a permis d’identifier toutes les tâches et toutes les responsabilités de tout un chacun au sein de l’entreprise. Dans ce job profiling, nous avons identifié les Key Responsibility Areas (KRA) de chacun. Des objectifs ont été identifiés derrière chaque KRA. Ces mêmes objectifs ont été approuvés par le responsable de département ainsi que par l’employé. Suite à cela, nous avons deux bilans par an.

Avec ces bilans, nous avons la possibilité de réorienter les choses si on constate que ce n’est pas exactement ce qu’on veut.

Le PMS nous aide aussi au niveau de la révision de salaire, du bonus…

<B>Quel est votre constat de la situation à Maurice ? La méritocratie est-elle menacée et est-ce pour cette raison que vous avez établi ce système ?</B>

Je suis persuadée qu’à Maurice, on pratique encore la politique des « petits copains ». La méritocratie est donc menacée. Il y a un sérieux manque de transparence dans beaucoup d’entreprises.

On est encore en train de faire des préférences pour des gens que l’on connaît. Mais ce n’est pas pour cette raison que nous avons instauré ce système. De notre côté, nous croyons dans le fait que pour être plus performant, il faut être transparent. L’entreprise ne peut qu’avancer en adoptant une politique de transparence. Le fait que les employés puissent donner leur feed-back est une très bonne chose. L’employé est celui qui travaille sur le terrain, c’est lui qui voit tout et c’est lui le plus apte à donner un feed-back pour améliorer la situation. Dans le PMS, il n’y a pas de demi-mesure. Il faut être à 100 % pour que cela puisse marcher. De plus, il faut que tout le monde s’y mette, du plus petit employé jusqu’au directeur général.

<I>Propos recueillis par</I>

<B>Charlotte ROUSSETY</B>

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