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« Nous voulons combler un besoin immédiat »

5 novembre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

■ <B> Comment expliquez-vous cet engouement pour des talents étrangers ? </B>

? Nous avons besoin de joueuses pour combler le vide que Maurice présente au niveau africain et mondial. Nous voulons des équipes très compétitives pour des grands rendez-vous comme la Fed Cup ou la Coupe Davis. En féminin, ce sont toujours Marinne Giraud et Astrid Tixier qu?on retrouve en sélection. Avec la venue de Lazarova et Sutherland, elles ne pourront pas dormir sur leurs lauriers car il n?y aurait aucune place de garantie pour qui que ce soit.

■ À quoi s?engagerait l?État mauricien vis-à-vis de ces nouvelles recrues ?</B>

? Justine Sutherland et Dessislava Lazarova s?entraîneront à leurs frais dans leurs pays respectifs et nous paierons leurs frais de déplacement et d?hébergement à chaque fois que la direction technique nationale fera appel à elles.

■ <B> Dans le passé, vous aviez fait une demande pour que la Belge Laure Mamet soit naturalisée mauricienne mais en vain. Qu?est-ce qui vous fait croire que cette fois les démarches aboutiront ? </B>

? Laure Mamet résidait et s?entraînait à Maurice. Elle avait le même niveau que les Mauriciennes Frédérique Charoux et Deena Li Kam Wa. Cette fois, on parle de joueuses d?un niveau supérieur. Le tennis mauricien ne pourrait que mieux se porter avec elles dans ses rangs.

■ <B> Si Lazarova et Sutherland continuent à s?entraîner à l?étranger, nous ne pourrons pas dire que ce sont des produits mauriciens?</B>

? Les meilleurs Mauriciens comme Marinne Giraud, Kamil Patel, Astrid Tixier et Bruno Gorayah ne le sont pas non plus. Ils se sont tous construits à l?étranger.

■ <B> La FMT ne lésine pas sur les moyens par rapport au recrutement de son staff technique qui compte trois étrangers, en l?occurrence les Français Philippe Lemoine et Fabrice Perroux et le Malgache Jean-Marc Randrimalainaina?</B>

? Ils agrandissent la base du tennis mauricien. Ils construisent les joueurs de demain. Enzo Couacaud, Mark Pillai, Sohinee Ghosh, Vanessa Ah Fong Wan et Anne-Lise Calou entre autres font partie de ceux-là. Avec Sutherland et Lazarova, nous voulons combler un besoin immédiat. Après les démarches administratives, nous espérons compter sur elles pour la Fed Cup en 2008. Au mieux pour la Coupe d?Afrique des Nations en novembre 2007 si ce mois est retenu par la confédération africaine.

■ <B>Vous avez fait appel à deux éléments féminins, pensez-vous recruter des joueurs masculins également ? </B>

? Oui. Nous sommes en contact avec les parents du Malgache Lofo Ramiaramanan. Il est actuellement le premier Africain chez les -18 ans.

« À Maurice, presque tous les hôtels ont des courts de tennis. Les moniteurs sont bien rémunérés. Il y a des exemples mauriciens comme Bruno Lebon et Emma Taikie qui font partie du staff technique de la fédération. Ils gagnent très bien leur vie. »

■ <B>Ne craignez-vous pas que ces recrutements engendrent des frustrations chez les natifs mauriciens ? </B>

? L?arrivée de joueurs d?un niveau supérieur ne peut qu?être bénéfique pour les fils du sol. Ils seront motivés à travailler plus. Nous aurons enfin suffisamment d?éléments pour mettre en place des présélections. Ces présélectionnés se rencontreront lors de camps d?entraînement avant les échéances. Ce sera motivant pour les joueurs et le staff technique.

■ <B> Qu?est-ce qui manque aux Mauriciens pour avoir le niveau de ces étrangers que vous recrutez ? </B>

? Le temps. Les Mauriciens n?arrivent pas à concilier le sport et les études. Le mois dernier, nos meilleurs joueurs en U13, Enzo Couacaud et Mark Pillai, n?ont pu participer aux Top Jeunes de la Réunion en raison de leurs études. Les sportifs ont besoin d?un programme scolaire plus flexible. J?espère que l?État prendra enfin conscience de cela et que les parents mauriciens comprendront qu?il y a un avenir dans le tennis.

■<B> Vous pensez que dans un proche avenir, les joueurs mauriciens pourront vivre du tennis ? </B>

? La Fédération internationale de tennis offre des bourses universitaires à ses licenciés. La Botswanaise Tapiwa Marobella est une joueuse du continent qui étudie aux États-Unis et puis il y a Ananda Sawmynaden qui a également bénéficié d?une bourse sports-études aux États-Unis. Et les métiers liés au tennis sont nombreux. À Maurice, presque tous les hôtels ont des courts de tennis. Les moniteurs sont bien rémunérés. Il y a des exemples mauriciens comme Bruno Lebon et Emma Taikie qui font partie du staff technique de la fédération. Ils gagnent très bien leur vie.

<B>Interview réalisée par Jennifer Pénélope-Lebrasse</B>

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