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« Le badminton mauricien est en train de reculer »

10 décembre 2006, 00:00

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<B> Comment se porte le badminton français ? </B>

? Nous avons 120 000 adhérents au sein la Fédération française de badminton dont 42 % de femmes. En termes de classement nous figurons parmi les dix premières disciplines en France derrière, entre autres, le football, le volley-ball, le handball et l?athlétisme. Pour une fédération qui n?a que 27 ans d?existence, nous faisons quand même un score honorable. Et puis, le badminton est le sport le plus pratiqué en milieu scolaire. Il faut savoir qu?en France la popularité d?une fédération dépend du nombre de licenciés. Nous avons un budget annuel de 4 millions d?euros dont seulement 21 % proviennent des subventions de l?État. Nous sommes, donc, autonome à 73 %. Nos revenus proviennent principalement des licences et des activités commerciales de la fédération.

<B> Où en sont les démarches pour la création de l?Association francophone de badminton ? </B>

? Nous avons déjà déposé les statuts. Une rencontre est prévue en mars prochain en France. Six pays seront présents pour l?occasion, à savoir la Suisse, la Belgique, le Canada, un représentant du Maghreb et un de l?Afrique noire et la France elle-même.

L?Association a déjà entrepris des actions d?aide notamment au Cameroun. Nous leur avons offert du matériel afin de les aider à se structurer administrativement et des outils pour qu?ils puissent mettre en place des écoles de jeunes.

<B> Quelles sont les chances que le badminton intègre les prochains Jeux de la Francophonie qui se tiendront à Beyrouth en 2009 ? </B>

? Nous espérons être présents au moins en démonstration. Je pense que la Francophonie est un outil important sur le plan international. Elle regroupe 41 pays, ce qui représente un poids politique important.

<B> À chacune de vos visites à Maurice, vous vous faites un devoir de rencontrer les dirigeants de l?AMB. Y a-t-il un accord bilatéral qui a été dégagé ? </B>

? La fédération française est prête à aider l?Association mauricienne de badminton. D?ailleurs, je m?attends, à chaque visite, à ce que les dirigeants de cette fédération me propose un véritable projet de coopération. Sans cela rien ne pourra être fait. À mon avis, envoyer un entraîneur chez vous ne servira pas à grand-chose. Par contre, ce que nous proposons c?est d?accueillir pour une année un de vos meilleurs jeunes au sein d?un de nos poles espoirs. Vu que les poles espoirs ont les mêmes structures que celles de CREPS. C?est-à-dire en sus d?un encadrement technique, les jeunes sont suivis également sur le plan académique. Si un jeune Mauricien a, donc, le niveau, il pourra même intégrer un lycée français. Par ailleurs, nous sommes également disposés à accuilleir une équipe de jeunes pour une dizaine de jours au sein des poles espoirs afin qu?ils puissent découvrir le haut niveau.

« À mon avis, envoyer un entraîneur chez vous ne servira pas à grand-chose. Par contre, ce que nous proposons c?est d?accueillir pour une année un de vos meilleurs jeunes au sein d?un de nos poles espoirs. »</I>

<B> Comment avez-vous trouvé le projet sport-études que vous a présenté le chief executive du Trust Fund For Excellence in Sports (TFES), Michael Glover ? </B>

? Visiblement, les options qui sont proposées sont proches de celles de la Fédération française et du sport français en général. La préformation est l?option d?avenir. Mais il faut être patient. Nous pouvons à notre niveau aider à former les entraîneurs à travers l?Institut national de formation de badminton (INFB). Ce centre, qui est situé non loin de Paris, assure la formation des entraîneurs techniques, des dirigeants sportifs et des officiels, arbitres et juges-arbitres. L?institution comprend également trois départements, à savoir le conseil d?administration qui avalise la politique du centre, le conseil scientifique qui étudie ce que peuvent apporter d?autres sciences à la progression de la discipline, et le conseil pédagogique qui est responsable de l?évolution de cette structure. Et puis, le Brevet d?État français est reconnu dans tous les pays européens.

Nous pourrons également considérer d?éventuels échanges entre les jeunes qui seront concernés par ce projet et les poles espoirs.

<B> C?est quoi les poles espoirs ? </B>

? C?est une filière de haut niveau que nous retrouvons dans tous les sports en France. Nous avons six poles espoirs à travers la France et qui regroupent des jeunes de 12 à 15 ans. Ils s?entraînent en moyenne quatre heures par jour avec des horaires aménagés du lundi au vendredi. Les meilleurs sont ensuite recrutés par la pole France jeune qui accueille des jeunes de 16 à 19 ans. Nous avons par la suite des Pole France élite hommes et femmes. Vu le retrait en qualité chez les dames nous les avons séparées des hommes. Nous avons ainsi prévu un programme particulier pour les femmes. Ils s?entraînent avec les garçons des poles France jeune.

Si j?ose exprimer mon sentiment sur le badminton mauricien, je dirais qu?il est en train de reculer par rapport aux autres pays du continent. Je pense que vous devriez vous concentrer sur la formation des jeunes. Le sport en France comprend trois aspects, à savoir sportif, social et éducatif. Ce système permet d?élargir la base. Je pense que vous devriez en faire autant si vous voulez rehausser le niveau. Mais il faut surtout être patient. Si la France a été championne du monde de football en 1998, ce n?était pas par hasard. C?était le fruit d?un travail abattu sur 25 ans !

<B>Propos recueillis par Neeta PERSAND</B>

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