Publicité

Portrait

Dr Cynthia Yu Wai Man : Offrir les meilleurs soins possibles aux patients pour leur éviter une cécité irréversible

12 septembre 2026, 21:15

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Dr Cynthia Yu Wai Man : Offrir les meilleurs soins possibles aux patients pour leur éviter une cécité irréversible

Le Dr Cynthia Yu Wai Man et son frère Patrick, deux anciens lauréats mauriciens, qui se sont spécialisés en ophtalmologie à Londres et dont les travaux de recherche ont obtenu plusieurs prix prestigieux, se sont retrouvés sous les feux de la rampe bien malgré eux lorsque le Premier ministre a fait mention de leurs difficultés à mettre leur expertise à la portée de leurs compatriotes en milieu hospitalier. Mais les Yu Wai Man n’en gardent aucune rancune ni amertume. Le portrait du Dr Patrick Yu Wai Man ayant déjà été brossé par «l’express» en 2023, c’est au tour de sa sœur, qui s’est spécialisée en traitement du glaucome de l’être.

Un parcours d’excellence, pas seulement parce que cette jeune quadragénaire a décroché la bourse d’État mais parce que cette ophtalmologue qui dédie sa vie à la recherche sur les traitements contre le glaucome cumule bourses et distinctions pour ses travaux depuis 2016.

Jugez-en vous-même : Medical Research Council (MRC) Confidence-in-Concept Grant en 2016, King’s Prize Fellowship et NIHR Greenshoots Funding en 2019, MRC Clinician Scientist Fellowship en 2020, Heatley Prize and Medal en 2022, Matt Wilson Scholarship en 2023, MRC Transition Fellowship en 2025 et cette année, le Rosetrees Translational Award. N’importe qui d’autre aurait frimé ou joué à l’important pour impressionner. Pourtant, rien dans les réponses de la Dr Cynthia Yu Wai Man ne l’indique. Elle reste simple, voire clinique. Sans doute une déformation professionnelle.

Cynthia Yu Wai Man est originaire de Rose-Hill. Elle est de trois ans la cadette de Patrick. Sa mère aujourd’hui disparue travaillait dans le service administratif de la Mauritius Broadcasting Corporation et son père était représentant commercial chez Panagora. Il est aujourd’hui à la retraite.

Elle a fait ses études primaires à l’école Notre-Dame-de-Lourdes et son cycle secondaire au Queen Elizabeth College. Elle a opté pour les matières scientifiques à l’école parce qu’elle les trouvait «intéressantes et stimulantes intellectuellement». Si elle n’a pas visé la bourse d’État stricto sensu, son objectif tout au long de sa scolarité a été de faire de son mieux. Tout comme elle voulait obtenir les meilleurs résultats possibles aux examens du Higher School Certificate. Ce qui signifie qu’elle a beaucoup étudié, soutenue par ses enseignants et sa famille. Mais ses parents veillaient toutefois au grain, s’assurant qu’elle ait du temps de loisir et de détente en weekend et ce, durant les deux années de Form VI. La bourse d’État est venue couronner ses efforts. «J’ai été ravie d’être lauréate dans la filière scientifique en l’an 2000 car cette bourse m’a donné l’opportunité d’étudier la médecine au Royaume-Uni.»

Un choix dicté par le fait que «cette discipline comprend de nombreuses spécialités visant à améliorer la santé des patients mais aussi parce qu’elle est intellectuellement stimulante et qu’elle offre une stabilité de carrière à long terme». C’est à l’université de Newcastle qu’elle a obtenu son diplôme de médecine.

Et si elle a choisi l’ophtalmologie en tant que spécialité au King’s College London, à l’hôpital St Thomas, à l’University College London et à l’hôpital ophtalmologique Moorfields à Londres, c’est parce que «celle-ci combine idéalement la médecine et la chirurgie». Elle a obtenu son Fellowship of the Royal College of Ophthalmology du Royal College of Ophthalmologists à Londres en 2013 et a complété son doctorat sur le glaucome à l’University College London en 2017.

Principale cause de cécité irréversible

Cynthia Yu Wai Man a choisi d’axer son doctorat sur le glaucome pour plusieurs raisons. À ce jour, c’est la principale cause de cécité irréversible dans le monde. «Et il existe un besoin clinique important, largement non satisfait, d’améliorer la prise en charge du glaucome à l’échelle mondiale. Or, de nouveaux traitements existent et la recherche dans ce domaine est active. Et les nouveaux traitements peuvent permettre de prévenir la cécité liée au glaucome.» Il y a aussi le fait que dans sa famille, il y a des antécédents de glaucome ; son père et son oncle en ont développé un.

Depuis, elle exerce en tant que Consultant Ophthalmic Surgeon et spécialiste du glaucome et de la cataracte au King’s College London et à l’hôpital St Thomas à Londres. Elle agit aussi comme directrice du Glaucoma and Therapeutics Lab au King’s College London. «Je suis professeure associée en ophtalmologie et je dirige un groupe de recherche au King’s College de Londres qui travaille au développement de nouveaux traitements contre le glaucome.»

La Dr Yu Wai Man a aussi mis en place une biobanque de glaucome, le Glaucoma BioResource. Il s’agit d’une structure unique qui collecte, gère, traite et stocke les échantillons biologiques provenant de patients souffrant de glaucome. «Le UK Glaucoma Bioresource est une biobanque unique, de grande envergure et spécifique à cette maladie, comprenant plus de 3 000 échantillons de tissus oculaires et sanguins provenant de patients opérés du glaucome. Elle sert à faire progresser des recherches et des innovations de pointe afin de développer de nouveaux traitements contre le glaucome.»

Les opérations les plus complexes que cette Consultant Ophthalmic Surgeon ait réalisées sont des chirurgies du glaucome sur des patients souffrant de glaucome avancé, n’ayant qu’un seul œil fonctionnel et ayant déjà subi des chirurgies du glaucome ayant échoué. Cela coule de source que ses interventions ont été une réussite.

La fierté de la Dr Cynthia Yu Wai Man est «d’avoir atteint un stade de ma carrière où je peux proposer à mes patients souffrant de glaucome tout un éventail de traitements médicaux, laser et chirurgicaux à la pointe de la technologie». La recherche occupe les trois quarts de son temps, son objectif ultime étant «d’offrir les meilleurs soins possibles à mes patients souffrant de glaucome, ce qui inclut des traitements médicaux, au laser et chirurgicaux à la pointe de la technologie en matière de glaucome».

Ces derniers temps, son frère et elle sont venus au moins une fois l’an à Maurice, avec le soutien du ministère de la Santé. Ils veulent continuer. «Nous avons pour objectif de poursuivre ce travail à l’avenir.»

Mais est-ce à dire qu’elle serait prête à venir s’installer pour de bon à Maurice dans un avenir pas trop lointain ? «Je suis Mauricienne de cœur et c’est un plaisir pour moi de revenir à Maurice pour contribuer à l’amélioration de la prise en charge du glaucome dans le pays. Revenir travailler à Maurice est une option pour les expatriés vivant à l’étranger.» Une façon diplomatique de nous dire qu’il ne faut pas brûler les étapes…

Publicité