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« Je suis chanceux d?être en vie »
« À mon âge et avec le recul, on regarde tout cela avec philosophie. Je suis une personne croyante et en voyant autour de moi toutes ces victimes et ces sans-abri, je me suis dit que Dieu m?a épargné. Je me considère très chanceux d?avoir pu échapper à la mort », affirme Cassam Uteem, quelques heures après son retour des Maldives, vendredi.
Le ton de la voix de l?ancien président de la République est posé mais on sent une profonde tristesse émailler chacune de ses phrases. Lui qui s?était rendu aux Maldives en tant qu?observateur des prochaines élections, est rentré aux pays avec des images traumatisantes en tête.
Tout a commencé vers 6 h 30 ce dimanche 26 décembre. à l?hôtel Hulhule où il est descendu, quelques résidents logés au troisième étage ressentent de légères et brèves secousses sismiques. Ce sont les signes annonciateurs de la terrible tragédie qui dévastera les côtes de huit pays d?Asie.
Cassam Uteem était à Male, au bureau du commissaire électoral, situé au troisième étage, lorsque le raz-de-marée s?est abattu sur l?archipel. La réunion vient à peine de commencer que le Commissaire électoral est informé de l?imminence de la catastrophe. « Nous voulions descendre mais c?était impossible car nous étions bloqués. L?eau arrivait à hauteur d?homme et balayait tout sur son passage. On voyait des bateaux qui circulaient dans des rues, d?autres venaient se briser contre les bâtiments. Il y avait de quoi être terrifié. »
L?île Hulhule n?est pas épargnée. L?hôtel est inondé, les rues défoncées et les pylônes arrachés. « C?était comme après un cyclone. Sauf que tout était redevenu subitement calme. J?ai appris qu?une quarantaine d?îles avait été submergée et qu?une douzaine avait été complètement rasée de la surface de la terre. Les morts se comptaient par dizaines. » L?aide aux sinistrés s?est organisée rapidement. Partout, des centres de refuge et des centres d?information ont été mis sur pied.
Pour Cassam Uteem, il y a aujourd?hui la nécessité urgente d?éviter une autre catastrophe car les risques d?épidémie existent dans tous les pays touchés. « La solidarité internationale et régionale s?est manifestée. Lorsque j?étais en transit à Colombo, j?ai eu l?occasion d?assister à l?arrivée de nombreux experts. L?Inde, elle-même durement touchée, a déployé deux navires pour venir en aide aux sinistrés. Le Pakistan a également prêté main forte. Les Mauriciens se sont aussi mobilisés, mais il faut faire encore plus. Je fais donc un appel à la population pour qu?elle contribue au fonds créé par le Macoss. Nous devons faire le maximum. »
Il faut maintenant se prémunir contre une telle catastrophe. L?instauration d?un système d?alerte dans la région est d?une importance capitale. « Même si cela coûte une fortune, Maurice doit s?armer d?un système d?alerte efficace. » Une telle calamité pourrait un jour nous frapper.
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