Publicité

« Il faut faire entrer le Bihar en Afrique et pas l?inverse »

29 juillet 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Comment interpréter cet appel à aider au développement de l?État du Bihar, et quelles sont les implications économiques ? </B>

Cette démarche s?inscrit dans l?optique de positionner et de présenter Maurice comme le point stra-tégique qu?elle est sur la mappemonde. Il ne faut pas oublier que, de par son histoire, Maurice se trouve sur la route des épices. Ce nouvel axe de partenariat sera une occasion pour relancer le pays comme le premier port d?attache entre l?Inde et l?Afrique. Il ne faut pas aussi sous-estimer la « connectivité » de l?aspect francophone de Maurice aux pays allant de Madagascar à la Côte d?Ivoire.

Et cet appel à l?aide ne peut qu?être bénéfique pour la promotion de Maurice. Traditionnellement, nous nous sommes toujours tournés vers l?Europe. Or, aujourd?hui, nous voyons une nouvelle puissance se dessiner à l?Est. Quand nous parlons du marché indien, nous avons tout de suite en tête des destinations telles que Mumbai, Calcutta ou encore des États comme le Kerala, réputé pour le domaine médical.

Mais qu?en est-il du Bihar ? C?est une province de l?Inde que nous ne connaissons pas trop, malgré nos liens historiques.

<B>Concrètement, quelles sont les avenues d?affaires possibles dans le Bihar ? </B>

Cet État, bien que méconnu des entrepreneurs mauriciens, est source de nombreuses opportunités. Par exemple, la capitale, Patna, est un centre industriel très réputé, notamment pour la métallurgie. Face au problème de manque de ferraille sur le marché mondial, l?Inde consolide sa position.

Il serait intéressant de bouger dans cette direction.

De plus, les sécheresses à travers le monde ont eu une répercussion directe sur ce qu?on appelle les grains secs. Là aussi, il existe une opportu-nité d?identifier les sources de ces produits pour éviter une pénurie sur le marché local. L?État du Bihar peut nous offrir une capacité de services au-delà de ce qu?on imagine. Mais il n?y a pas encore eu de réflexion à ce niveau. Cela dit, il faut savoir ce qu?on veut et ce qu?on peut faire.

À titre d?exemple, au niveau de la Hindu Business Chamber, nous avons participé à l?India Merchant Chamber, qui a réuni plus de 500 000 membres. Ils ont de tout en Inde. Traditionnelle-ment, les relations de commerce entre Maurice et la Grande Péninsule se sont concentrées sur Mumbai.

Cela ne vaut pas la peine d?aller voir au-delà, car le coût du fret à l?intérieur du pays est aussi élevé que le fret maritime. Investir au Bihar implique aussi des dépenses additionnelles qu?il faut prendre en compte. Qui dit partenariat dit commerce. Et qui dit commerce, dit relation bilatérale.

<B>Pensez-vous que cet appel du gouvernement indien aura une réponse favorable de la part des Mauriciens dont les racines remontent au Bihar ? </B>

Nous ne sommes pas suffisamment préparés pour lancer des entreprises au Bihar. En revanche, ouvrir un nouvel axe entre cet État et l?Afrique, pourquoi pas ? Il n?y a pas eu de forum de réflexion sur les créneaux viables. Il n?y a pas une vision globale non plus. L?Inde est économiquement trop vaste. Et avec la compétition qui y existe, l?entrepreneur mauricien survivra-t-il ?

Dans cette perspective, il serait plus sage de penser dans le sens inverse.

Si nous comptons le marché de la SADC et du Comesa, nous parlons d?un volume de 450 millions de personnes. La meilleure solution serait de faire l?État du Bihar entrer en Afrique, à travers Maurice comme plate-forme.

Les Chambres de commerce in-diennes se rendent en Afrique du Sud pour des consultations bientôt. Elles ont déjà commencé à développer et multiplier les contacts. Une fois ces liens renforcés, auront-ils besoin de nous comme plate-forme ? La réponse est claire, il faut que Maurice se positionne plus agressivement comme une plate-forme entre l?Asie et l?Afrique.

Mais les « fils du sol » ciblés par cet appel n?ont pas tous le capital pour lancer une entreprise outre-mer?

Cela dépend des créneaux qu?ils pensent exploiter. Quand nous parlons de l?Inde, ou tout simplement de l?État du Bihar, nous parlons de surfaces importantes, et donc de récoltes massives. Peut-être que les hommes d?affaires mauriciens engagés dans l?agriculture seront intéressés.

<B>Mais il ne s?agit pas seulement des Mauriciens d?origine indienne, plus particulièrement du Bihar dans ce cas, mais des entrepreneurs mauriciens dans le sens large. </B>

À Maurice, nous avons un problème de productivité. Nos compatriotes recherchent tous l?opportunité de travailler moins, mais en même temps de gagner plus. La main-d??uvre indienne, notamment celle du Bihar, peut intéresser beaucoup d?hommes d?affaires mauriciens.

Publicité