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« Chacun a un rôle à jouer dans la prévention du suicide »

9 septembre 2007, 00:00

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Quatre-vingt-dix-sept personnes ont mis fin à leurs jours l?an dernier. À la veille du World Suicide Prevention Day, commémoré le 10 septembre, quel est votre constat sur ce fléau ?

Si on se fie aux statistiques, la situation n?est pas alarmante : en moyenne, on dénombre 14 cas pour 100 000 habitants, un chiffre « raisonnable » pour l?Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette organisation prévoit toutefois que le taux de suicide va augmenter de 50 % dans le monde d?ici 2020. Mais je maintiens que chaque nouveau cas de suicide est un cas de trop.

Qu?est-ce qui pousse à commettre l?irréparable ?

Les gens se donnent la mort pour plusieurs raisons. D?abord, en attentant à leur vie, c?est un appel au secours que ces personnes lancent. Elles ne veulent pas mourir, mais elles n?ont pas trouvé d?autre moyen d?échapper à une situation intolérable. Les experts scientifiques ont aussi trouvé que les gens se suicident pour d?autres raisons, par exemple, pour influencer les autres, ou encore pour que leurs proches s?apitoient sur leur sort.

La « Suicide Prevention Unit » (SPU) n?opère que cinq jours sur sept de 9 heures à 16 heures. Comment espérez-vous renverser la tendance en étant si peu visible ?

Une proposition est actuellement à l?étude : celle de transférer les appels reçus sur la hotline 188 sur le portable du Probation Officer de la SPU après 16 heures. Nous menons également une campagne de prévention et d?information intensive dans les collèges et les centres sociaux.

Pourquoi faut-il absolument toucher les écoles ?

Les enfants y passent la majeure partie de leur temps. Nous pensons que ces institutions devront s?impliquer davantage pour limiter l?étendue de ce problème social. Les professeurs, les parents, et même les élèves ont un rôle à jouer. Aux États-Unis, les parents d?un adolescent qui s?est donné la mort ont poursuivi le collège pour ne pas avoir détecté les signaux que lançait le jeune. Ces institutions devront développer des services d?écoute et d?accompagnement pour prévenir le suicide.

Reconnaître les tendances suicidaires n?est pas donné à tout le monde. Quels sont les signes qui doivent alerter ?

La plupart des gens, qui sont à deux doigts de franchir le pas, donnent des indices pour signaler leurs états d?âme. Ils se disent préoccupés par la mort, affirment ne plus vouloir vivre, coupent les ponts avec leurs proches et leurs amis, négligent leur apparence et leur corps. Certains rédigent leur testament, organisent leurs funérailles, d?autres commencent à distribuer les objets de grande valeur qui leur appartiennent.

Mais comment amener la personne à se confier ?

Tout simplement en l?écoutant, ce qui permettra d?instaurer la confiance. Mais en second lieu, il faut absolument qu?elle voie une personne plus compétente qui va l?aider à résoudre son problème. L?aide d?un psychiatre sera peut-être requise, et une hospitalisation suivra si le cas est jugé très sérieux. Pour vous dire que tout le monde a un rôle très important à jouer, il ne faut pas être indifférent, et c?est pour cela qu?on dit que l?intervention est basée sur la reconnaissance des signes.

Selon vous, les médias jouent-ils leur rôle comme il se doit ?

Le sensationnalisme peut résulter en un suicide cluster. En clair, cela peut donner des idées aux autres personnes qui ont des tendances suicidaires, et elles peuvent passer à l?acte. Il est important d?informer le public, mais de le faire d?une façon responsable.

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