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L’État-providence face à une érosion silencieuse
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L’État-providence face à une érosion silencieuse
Haniff Peerun, président du MLC, alerte sur la dégradation progressive des services publics. © Dev Ramkhelawon
La dégradation des services publics et l’affaiblissement progressif des mécanismes de protection sociale inquiètent Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress (MLC). Santé, éducation, pensions : il estime qu’un débat de fond s’impose sur le modèle de société que Maurice souhaite construire.
Pour Haniff Peerun, les difficultés qui touchent aujourd’hui les services publics ne sont pas des incidents isolés. Elles témoignent, selon lui, d’une réduction progressive du rôle de l’État-providence, avec des acquis sociaux davantage encadrés et un pouvoir d’achat fragilisé, notamment chez les personnes âgées.
Dans la santé, il pointe le manque de personnel, les pénuries de médicaments, les retards dans les soins et les opérations ainsi que les difficultés liées à la disponibilité des ambulances. Lorsque ces problèmes deviennent chroniques, estime-t-il, c’est la confiance de la population dans le système public qui s’érode.
Même inquiétude dans le domaine de l’éducation, marqué, selon lui, par le manque de personnel, certains retards dans la distribution des livres scolaires et des difficultés d’organisation et de coordination. Le développement croissant de l’enseignement privé doit également, à ses yeux, interpeller sur l’avenir du système public.
Le risque est de voir progressivement s’installer une société à deux vitesses : ceux qui disposent des moyens de payer pour des services privés et ceux qui dépendent exclusivement de services publics dont les ressources pourraient diminuer.
Cette évolution concerne également les personnes âgées. Après avoir travaillé et contribué pendant toute leur vie au développement du pays, elles doivent pouvoir compter sur une pension leur permettant de vivre dans la dignité. Réduire, directement ou indirectement, la portée de cette protection revient à faire peser une partie des difficultés économiques sur ceux qui sont souvent les moins en mesure de les supporter.
Pour Haniff Peerun, le secteur privé a naturellement sa place dans l’économie, mais son développement ne doit pas se faire au détriment du service public. «La santé, l’éducation et la protection sociale ne sont pas de simples services. Elles constituent les fondations d’une société juste et solidaire», soutient-il.
Le véritable enjeu, conclut-il, est donc de savoir quelle société Maurice veut léguer aux générations futures : une société où chacun doit payer pour compenser les insuffisances du service public, ou un État qui continue d’assumer sa responsabilité fondamentale de protéger, soigner, éduquer et garantir la dignité de tous.
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