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Zul Ramiah, président de la MASA : ?Je n?ai jamais piraté un produit local?
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Zul Ramiah, président de la MASA : ?Je n?ai jamais piraté un produit local?
● La MASA Award Night devait avoir lieu samedi dernier. La soirée a été annulée. Que s?est-il passé ?
C?est un peu délicat. C?est une question de tender. Je suis contre le fait de retenir les services d?un artiste par appel d?offres. Le travail artistique, n?est pas comme dans la construction. Pour la MASA Award Night, il devait y avoir une partie bhojpuri et une partie variété. Le board a approché trois personnes : Paul Raya, Alan Marimootoo et Gérard Louis.
Mais Mario Justin est venu demander pourquoi on n?avait pas pensé à lui. Que son groupe pouvait se charger de la partie variété comme de la partie bhojpuri. Mo dir li mo pa ti kone. Parce que le Premier ministre avait accepté d?honorer les artistes en assistant à cette soirée, nous étions coincés. Pour éviter les problèmes, nous avons préféré reporter la soirée.
Personnellement, j?aurais choisi Gérard Louis un point c?est tout. Et j?aurais défendu ma décision auprès du board. Mo pa per pou zistifie.
● Une nouvelle date a-t-elle été fixée ?
Less marmit boui nou ava gete.
● A votre arrivée aux affaires, vous vous êtes placé sous le signe de la continuité. En mars, cela fera un an depuis que vous êtes en poste. Qu?avez-vous continué ?
Le combat contre le piratage. Nous voyons de moins en moins de CD locaux piratés?
● Vous pouvez chiffrer la baisse ? 25 % , 50 % de CD piratés en moins ?
En tant que citoyen qui marche dans les rues, qui tourne du côté des marchands ambulants, c?est ce que je constate. Et même si nous avions des statistiques, est-ce qu?elles refléteraient la réalité ?
● Ces CD qui ne sont pas dans la rue sont peut-être disponibles ailleurs?
Vous me rappelez une rencontre de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique à laquelle j?ai assisté. C?était à Madagascar. C?est là qu?ils ont repris le terme : ?piratage domestique?. Que peut-on faire contre la personne qui fait une copie d?un album pour son voisin ? C?est quand le CD est commercialisé que cela devient un délit. J?ai déjà vu des albums qui, à peine lancés, sont sur le trottoir à Rs 50. Je ne vois plus cela et c?est grâce à l?équipe de l?inspecteur Tuyau.
Nous avons aussi travaillé sur la question des films piratés sur VCD et DVD, qui sont toujours en vente dans les vidéoclubs. Le directeur (Ndlr : Gérard Louise) est actuellement à Paris où il assiste à une conférence de la CISAC. Je le laisse répondre quant aux suites à donner à l?affaire.
Nous n?abandonnons pas le combat. Vous savez, j?ai moi-même acheté des copies de collection de films de Louis de Funès et de Bruce Lee. Je me suis fait la promesse que le jour où je trouverais les originaux, que j?en ferais l?acquisition. Si vous voulez, je suis comme le rastaman qui est pour la dépénalisation du gandia et contre l?alcool, mais qui en consomme quand même. Je suis pour la dépénalisation.
Cela fait partie de notre combat : des originaux à des prix abordables. Cela dit, les prix de CD audio ont baissé. La loi de l?offre et de la demande a vu le prix passé de Rs 250 ? Rs 300 à Rs 200 pour un artiste connu et Rs 150 pour les autres. Je ne dis pas que ce n?est pas cher. Il y a des gens qui ne peuvent se permettre cela.
Je n?ai jamais piraté un produit local. Quand vous achetez un album, vous n?aimez pas toutes les chansons qui s?y trouvent. Un jour, j?ai demandé à un ami de me faire une sélection, à partir de 50 cassettes. Je me suis retrouvé avec cinq cassettes. Si un jour je dois rendre des comptes, je pourrais dire que toutes les cassettes sont chez une seule personne.
?Nous ne devons pas attendre Noël ou Divali pour choisir tel ou tel artiste pour des animations. Soyons francs sans être communaux. Nous n?irons pas loin si cela continue.?
● Que s?est-il passé depuis que l?assemblée générale a voté pour l?autonomie de la MASA en décembre 2006 ?
Il y a deux semaines, nous avons rencontré Mahendra Gowressoo, le ministre des Arts et de la Culture pour lui expliquer la situation. Je l?ai fait par respect pour ma nomination politique. Nous avons aussi rencontré d?autres ministres, comme James Burty David, parce qu?il s?occupe des collectivités locales. Nous en avons besoin pour faire la promotion des artistes. Nous avions aussi rencontré Rama Sithanen, pour ce qui concerne la douane, parce que cela tombe sous la Mauritius Revenue Authority.
À chaque fois que nous avons abordé le sujet de l?autonomie, ils ont posé la même question : que se passe-t-il en cas de litige, de deadlock ? Ils ont demandé dans quelle mesure le gouvernement peut intervenir si la MASA devient autonome.
L?autonomie c?est comme l?indépendance. Il y a des pays qui ont fait faillite après l?indépendance. D?ailleurs, à l?heure qu?il est, les artistes sont déjà majoritaires sur le board de la MASA. Avec le vote de l?assemblée générale, le ministère nous a demandé de formuler la mise en place de l?autonomie, en somme de proposer des amendements au Copyright Act. Dès que le directeur revient de Paris, nous allons concevoir la formule.
● Avez-vous un calendrier ? Cela fait un bout de temps qu?on entend parler d?autonomie.
Cela dépend de ce que le directeur rapporte de Paris. Si li vinn avek enn bon biter, nou pou met goal vit.
Nous travaillons aussi sur un projet d?animation. Il faut repenser la manière de célébrer des fêtes comme Divali ou la Noël. Il n?y a pas beaucoup de créativité. Finalement, tous les ans, on se trouve avec presque le même concert. Nous voulons occuper les espaces disponibles et proposer des loisirs aux gens. Nous voulons crée l?événement.
Je pense à Menwar et Eric Triton. Le pays n?a rien fait pour eux. Ils se sont débrouillés pour se faire voir sur le plan international. Quel artiste local a pu réussir grâce au soutien des institutions ? Il faudrait que cela change. Nous ne devons pas attendre Noël ou Divali pour choisir tel ou tel artiste pour des animations. Soyons francs sans être communaux. Nous n?irons pas loin si cela continue.
● Vous parlez des artistes, qu?en est-il de ?leur? maison ? Où en sont les projets de déménagement vers la MASA House ?
L?acquisition a été finalisée l?année dernière. Nous avons consulté un consultant en décoration intérieur. Il y aura des espaces pour tenir les lancements d?albums, de livres et des expositions. Maintenant, il faudra faire un tender. (Sourire). Nous devrions déménager d?ici la fin de l?année.
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