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«Correct the map» : Redonner à l’afrique sa juste proportion

18 septembre 2026, 21:00

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«Correct the map» : Redonner à l’afrique sa juste proportion

Un leurre historique. La représentation cartographique du continent africain datant du XVIe siècle est fausse. Un simple exemple : quand on regarde cette carte, le continent africain est presque de la même taille que le Groenland alors qu’il est 14 fois plus étendu. Le 4 septembre aux Nations unies, le Togo a porté «Correct the map», une résolution invitant à rectifier cette carte et à rendre à l’Afrique sa taille réelle. Cent soixante-quatre pays ont voté pour, six se sont abstenus et seuls les États-Unis ont voté contre

«Erreur» historique ?

En 1569, le géographe Gerardus Mercator dresse sa carte du monde. Un planisphère qui projette la sphère terrestre sur un cylindre. Or, on n’aplatit pas une sphère sans la déformer : les angles sont conservés, les surfaces s’étirent à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur. Ce sera la carte officielle dans toutes les têtes. Officiellement, elle est supposée faciliter la navigation.

Elle sera reconnue et adoptée par le monde entier dans tous les milieux. Voir Google Maps ou toutes les encyclopédies. Il faudra maintenant remettre cette fausse carte en cause au profit de la projection Equal Earth, conçue en 2018 et retenue par l’Union africaine comme par l’ONU. Une projection équivalente, qui restitue les surfaces à leur juste proportion.

Première conséquence : les données dimensionnelles. L’Asie arrive en premier avec 44,1 millions de km2 , puis l’Afrique (30,2), l’Amérique du Nord (24,7), l’Amérique du Sud (17,8), l’Antarctique (14,1), l’Europe (10,4) et l’Océanie (8,9). Pour quelle raison la taille énorme du continent africain a-t-elle été minimisée ? Des raisons colonialistes ?

Si nous mettons ensemble les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Japon et l’Europe de l’Ouest, la dimension obtenue n’atteint pas celle de l’Afrique. Une cartographie undersized. Et c’est maintenant que les vraies proportions seront respectées. A disgrace.

Une vérité qui dérange

Comment expliquer que les États-Unis aient voté contre une nouvelle cartographie ? Ils l’ont refusée pour des raisons idéologiques et puis il y a des problèmes bien plus importants que la taille de l’Afrique. En revanche, n’oublions pas que Donald Trump rêve de réunir les États-Unis, le Canada, le Groenland, le Mexique, mais aussi les Caraïbes et les Antilles françaises sous la même bannière. Une annexion. Heureusement que les Chagos, Diego Garcia compris, ne se situent pas dans les parages!

Avec ses 54 pays, l’Afrique est donc le deuxième continent le plus vaste après l’Asie. Ce qui a grandement attiré les Européens d’abord et ensuite les Russes, qui sembleraient aujourd’hui battre en retraite. C’est la Chine qui, en raison des précieux minerais du sol africain, y investit massivement. Des subsides sur les plans sanitaire, scolaire, sportif et surtout industriel avec les infrastructures. Elle n’a pas dit son dernier mot sur le pétrole.

Le nom «Afrique»

Plusieurs versions existent, mais la plus crédible est celle qui trouve son origine dans la langue latine. La racine Afri- est le nom d’une tribu berbère ou amazigh. Il signifie grotte ou caverne. Au IIe siècle avant J.C., les Romains alors au pouvoir ont donné ce nom Afrique à l’Afrique du Nord, région englobant la Tunisie, la Libye et l’Algérie. Aux XVᵉ et XVIᵉ siècles le nom Afrique s’appliquera au continent quand les colonisateurs en pénètrent l’intérieur. L’ensemble comprend 54 pays s’exprimant en 2 000 langues vivantes qui, hélas, ne sont pas prises en compte quand on établit la liste des langues parlées dans le monde.

L’anglais arrive en tête avec 1,85 milliard de locuteurs. Il est talonné par le mandarin avec 1,12 milliard. Suivent en ordre décroissant l’hindi, l’espagnol, l’arabe standard, le français, le bengali, le portugais, l’indonésien, l’ourdou et le russe. Et les langues africaines, par exemple, le swahili ?

La fragmentation

L’avenir de ce continent se jouera à Berlin, entre novembre 1884 et février 1885, quand 14 puissances fixent les règles de l’occupation de l’Afrique. Une mainmise. En 1870, 10 % du continent est sous contrôle européen ; en 1914, cette proportion atteint 90 %. Une occupation violente.

Les colonisateurs tracent les frontières qui ne respectent pas les ethnies, les langues, les routes traditionnelles. Une fragmentation historique. C’est à cette conférence qu’on proclame la liberté du commerce dans le bassin du Congo, la libre navigation sur les fleuves Congo et Niger, l’occupation effective... bref, c’est le colonialisme qui se met en marche.

Comment aujourd’hui remettre en cause ces frontières factices, ces blocs commerciaux ; comment stopper l’exportation des matières premières pour en faire des produits finis sur place ; comment démanteler l’industrie de l’extraction… Sans le cacao africain, pas de chocolat ; sans son coton, pas de textile…

Le tout devrait être encadré par des économistes, des experts en agriculture et en technologie, bref par des cerveaux africains. Sur le plan politique, barrer la route à des générations de leaders africains érigés en potentats. Et une présence encore marginale de la femme au sein du pouvoir. Refaire l’Afrique comme on refait actuellement sa vraie carte.

Vous imaginez l’ampleur de ce mensonge depuis près de cinq siècles. L’Afrique est mal partie, est devenue un lieu commun, mais en réalité, elle a mal démarré. D’autant qu’elle subira la traite négrière : au moins 12,5 millions d’Africains déportés via l’Atlantique, précédée, depuis le VIIᵉ siècle, par la traite orientale et ses millions de déplacés vers le monde arabe.

Mous dan dile!

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