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Zone de libre-échange UE-ACP les choses sérieuses commencent

23 septembre 2003, 20:00

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Après la réunion ministérielle de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancun, un autre important rendez-vous attend Maurice. Il s?agit de la réunion ministérielle entre l?Union européenne (UE) et le groupe Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP) pour poursuivre les négociations sur les accords de partenariat économique (APE).

Cette réunion revêt une importance capitale pour Maurice et les ACP car on entrera véritablement dans le vif du sujet des APE, qui est la création de zones de libre-échange entre l?UE et des sous-régions des ACP. Pour Maurice l?heure des grandes décisions est arrivée. Il faudra surtout choisir avec quel bloc régional nous participerons à ces négociations.

Initialement, cette réunion UE-ACP devait se tenir le 29 septembre mais elle a été renvoyée à la première semaine d?octobre à la demande de Maurice.

Lors du début des négociations en septembre de l?année dernière, il avait été agréé à la demande des ACP que ces discussions se dérouleraient en deux phases. Il s?agissait de négocier d?abord un accord général entre l?UE et l?ensemble des ACP pour couvrir les questions ayant trait au développement. Cette première étape devait se terminer en septembre de cette année. Puis les négociations portant sur les APE entre l?UE et des sous-régions des ACP auraient démarré.

Finalement, la première phase des négociations n?est pas terminée mais la commission européenne a fait savoir qu?elle pourrait se poursuivre concurremment avec la deuxième phase.

La réunion ministérielle UE-ACP prévue pour début octobre vise à traiter des points en suspens afin de pouvoir embrayer sur les négociations sur les APE.

Les autorités concernées peaufinent actuellement la stratégie que Maurice adoptera dans le cadre de ces négociations. Une importante réunion de travail présidée par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Paul Bérenger, est prévue aujourd?hui.

Maurice est déterminée à s?engager dans le processus des négociations sur les APE. L?échec de la réunion ministérielle de Cancun est venu renforcer notre volonté à participer à ce processus.

Avec l?échec de Cancun le risque est réel de voir l?UE s?engager plus activement dans des négociations bilatérales de zone de libre-échange et même avec nos principaux concurrents. Il n?est donc pas dans notre intérêt de refuser de négocier un APE avec l?UE qui achète 70 % de nos exportations.

De plus, l?échec de Cancun est principalement dû aux Singapore issues, un agenda que l?UE tient particulièrement à c?ur. Or il se trouve que ces ?issues?? l?investissement, l?approvisionnement de l?Etat, la facilitation du commerce et la politique de compétition ? figurent également au menu des négociations dans le cadre des APE. Il ne sert donc à rien d?essayer de gagner du temps sur ces questions.

Protéger l?industrie locale

Maurice souhaite obtenir un accord exhaustif portant non seulement sur le commerce mais aussi sur l?investissement, le transfert technologique et l?assistance technique pour permettre à nos produits de nous hisser aux normes européennes.

Sur le plan commercial, la création d?une zone de libre-échange avec l?UE implique l?ouverture de nos marchés aux produits européens. Maurice souhaite obtenir le plus long délai possible, soit quinze ans environ, pour graduellement réduire et éventuellement éliminer les droits de douane sur les produits importés de l?UE. Il s?agit avant tout de protéger l?industrie locale.

Par ailleurs, avant le début des négociations sur les APE la grande question est de savoir avec quel bloc régional Maurice s?alignera.

Il y a actuellement deux possibilités, la Southern Africa Development Community (SADC) ou le bloc Eastern and Southern Africa (ESA). Il faudra se décider très vite. La réunion prévue aujourd?hui et présidée par Paul Bérenger devrait trancher la question.

Pour les spécialistes, l?ESA n?est pas une entité régionale structurée comme la SADC. L?idéal serait de créer une plate-forme de coordination entre la SADC et l?ESA afin que, dans le cadre des négociations, les deux blocs adoptent des positions convergentes.

Ce mécanisme d?échange d?information et de coordination devrait naturellement mener à la fusion des deux blocs s?ils adoptent effectivement une position commune de négociation. Cette éventualité n?est pas à être écartée.

Ce serait une bonne chose pour Maurice et les pays faisant partie de ces deux blocs car une alliance plus élargie devrait permettre un meilleur rapport de force avec l?UE au cours des négociations.

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