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Evaco

Les appels à la transparence et à l'action se multiplient parmi les employés

16 juin 2026, 17:30

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Les appels à la transparence et à l'action se multiplient parmi les employés

© Sumeet Mudhoo

La situation des employés du groupe Evaco reste critique depuis sa mise sous administration judiciaire, annoncée le 28 mai. À l’usine d’Arsenal, plus d’une vingtaine de salariés ont manifesté ce mardi 16 juin pour obtenir des explications sur des salaires impayés depuis deux mois. Si certains ont perçu le salaire de mai cette semaine, celui d’avril n’a toujours pas été réglé, ce qui alimente une inquiétude grandissante.

Plusieurs employés racontent leurs difficultés : une mère célibataire avec un enfant de deux ans explique que l’argent reçu a seulement servi à solder des dettes et que rien ne reste pour les dépenses courantes. Son enfant est tombé malade et l’hôpital a signalé une carence en vitamines. Elle a dû solliciter de l’aide extérieure alors que le loyer reste à payer chaque fin de mois. «Komietan ou krwar mo pou kapav dimann led bann dimounn pou nouri mo zanfan?», s’interroge-t-elle, traduisant le désarroi de nombreux foyers touchés.

Face à ce constat, les employés envisagent des actions collectives pour faire pression sur la direction et obtenir des réponses concrètes. Le besoin de transparence est au cœur de leurs revendications : ils demandent que le gestionnaire nommé par le Receiver Manager communique clairement sur la situation financière et le calendrier des paiements.

Le syndicaliste Atma Shanto, négociateur de la Federation of Progressive Unions, soutient les travailleurs et rappelle qu’ils avaient déjà manifesté le 8 juin devant le ministère du Travail. Selon lui, l’opacité qui règne est inacceptable : «Li pa normal ki ena opasite. Pa pe konpran nanye ki pe arive. Bann travayer pe reklam ki ena transparans. Receiver Manager ena enn devwar resevwar sa bann travayer-la.» Une lettre avait aussi été envoyé au ministre du Travail le 8 juin. Selon certains employés, une réunion est prévue ce jeudi avec le ministre du Travail.

Après des semaines d’incertitude, les employés attendent des réponses concrètes. Dans ce contexte, plusieurs scénarios sont possibles : poursuite des négociations avec l’administrateur judiciaire et le Receiver Manager, renforcement de la mobilisation des salariés ou intervention des autorités compétentes pour garantir le paiement des salaires et la protection sociale des employés. Pour les travailleurs, l’urgence reste matérielle : obtenir les arriérés afin de répondre aux besoins essentiels de leurs familles.

Pour rappel, le géant mauricien de l'immobilier de luxe Evaco a officiellement été placé sous administration judiciaire (receivership) le 28 mai 2026. Mushtaq Oosman et John Chung ont pris les rênes de l'entreprise en tant que Receiver et Manager. Environ 350 employés se retrouvent dans le flou. Des retards de paiement de salaires avaient déjà été signalés et la Fédération des travailleurs unis s'est mobilisée. De plus, environ 200 acquéreurs de villas, notamment au sein du vaste projet phare Cap Marina à Cap-Malheureux, sont en attente des conclusions des administrateurs concernant l'avenir de leurs investissements.

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Reza Uteem : «La priorité est de préserver les emplois et de garantir le paiement de toutes les sommes dues»

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Reza Uteem, ministre du Travail, affirme qu’il a eu une «une réunion constructive» avec Mushtaq Oosman et John Chung, administrateurs de certaines filiales du groupe Evaco, ce mardi 16 juin. «J'ai été informé que des discussions sont en cours avec les créanciers et les banques afin d'obtenir le déblocage des fonds et de garantir la finalisation des projets en cours. J'ai reçu l'assurance qu'aucune décision n’avait été prise concernant une réduction des effectifs et que, si une filiale devait être vendue, des dispositions seraient prises pour transférer les employés tout en préservant la continuité de leur emploi. J'ai clairement indiqué que la priorité est de préserver les emplois et de garantir le paiement de toutes les sommes dues, y compris la régularisation des cotisations obligatoires à la Mauritius Revenue Authority au titre du Portable Retirement Gratuity Fund. J'ai demandé à l'administrateur judiciaire et mandataire judiciaire de rencontrer les employés dès que possible afin de faire le point sur la situation et les perspectives d'avenir.»

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