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Dossier Evaco

Des opérations posent question avant la mise sous administration

18 août 2026, 17:00

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Des opérations posent question avant la mise sous administration

Le siège du groupe Evaco à Grand-Baie, alors que des questions sont soulevées sur certains mouvements d’actifs intervenus avant la mise sous administration du groupe.

Un document obtenu dans le cadre du dossier Evaco soulève plusieurs interrogations concernant certaines opérations intervenues avant la nomination des Receiver Managers d’Evaco Ltd, le 26 mai. Présenté comme un document appelant l’attention des autorités compétentes, celuici formule plusieurs interrogations sur des transactions réalisées dans les mois précédant cette mise sous administration. À ce stade, ces éléments demeurent toutefois des allégations formulées par les auteurs du document. Aucune conclusion judiciaire ni constat officiel n’a établi l’existence d’une quelconque irrégularité concernant les opérations évoquées.

L’un des points soulevés concerne Evaco Restaurant Holding Ltd et Evaco Beach Club Ltd, sociétés liées à l’exploitation du restaurant La Plage, à Trou-aux-Biches. Selon le document, la cession des actions d’Evaco Restaurant Holding Ltd, intervenue peu avant la nomination des Receiver Managers, mériterait un examen approfondi, notamment concernant les conditions et la valorisation de cette transaction.

La direction d’Evaco conteste cette présentation. Dans une réponse adressée à l’express, elle confirme qu’une opération a bien eu lieu en mars 2026, mais précise qu’il s’agissait de la cession des actions d’Evaco Restaurant Holding Ltd à Arnaud Mayer, pour une contrepartie de Rs 52 605 195, conformément à un accord écrit et documenté. Evaco affirme que cette transaction a été réalisée dans un cadre contractuel et à titre onéreux. La société rejette ainsi toute interprétation laissant entendre qu’il s’agirait d’une opération sans contrepartie ou destinée à porter préjudice aux créanciers ou autres parties prenantes.

Selon la direction, Evaco Restaurant Holding Ltd constituait une activité distincte des projets immobiliers du groupe et n’était pas intégrée au périmètre des financements bancaires. La société indique que cette entité n’avait consenti aucune garantie ou sûreté au bénéfice des prêteurs et soutient que cette cession n’a donc pas affecté les garanties détenues par les banques. Evaco précise également qu’un document administratif faisant apparaître une valeur symbolique de Re 1 ne refléterait pas, selon elle, la réalité économique de la transaction. La société affirme que le contrat de cession, signé le 17 mars 2026, fixe clairement la valeur de l’opération à Rs 52 605 195 et indique qu’elle se réserve le droit d’effectuer les clarifications administratives nécessaires.

Noémie Collection Ltd, la nouvelle entité qui intrigue

Le document évoque également la création, en mai 2026, de Noémie Collection Ltd, une société active dans le secteur immobilier. Ses auteurs s’interrogent sur les circonstances entourant sa création ainsi que sur d’éventuels liens avec des activités auparavant associées au groupe Evaco.

Sur ce point également, la direction d’Evaco réfute toute présentation laissant entendre un transfert organisé d’activités ou d’actifs. Elle affirme que Noémie Collection Ltd a été créée par une ancienne employée ayant quitté le groupe et que cette initiative relève d’une démarche personnelle. La société indique qu’aucun actif, fonds de commerce, clientèle, mandat ou marque appartenant à Evaco ou à Fine & Country n’a été transféré à cette nouvelle structure. Elle précise notamment que Noémie Collection Ltd n’aurait acquis ni la marque Fine & Country, ni ses activités, ni ses actifs.

Plus largement, Evaco conteste toute interprétation selon laquelle des opérations réalisées avant la nomination des Receiver Managers auraient eu pour objectif de léser les créanciers, employés ou autres parties prenantes. La société souligne que les transactions mentionnées ont été réalisées dans un cadre contractuel documenté et demande que tout examen de ces éléments tienne compte de l’ensemble du contexte ainsi que des documents pertinents.

Par ailleurs, au niveau du ministère du Travail, des renseignements ont été demandés au management d’Evaco concernant la situation actuelle et les autorités sont dans l’attente des réponses de la direction. À ce stade, il appartient aux Receiver Managers, aux autorités compétentes ou aux instances concernées d’évaluer les opérations évoquées et de déterminer si des vérifications supplémentaires doivent être entreprises.

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Des inquiétudes autour de la situation de 33 travailleurs indiens

Express.mu (620 x 330) (5) Le ministère du Travail a été sollicité pour régler les difficultés auxquelles font face les 33 Indiens.

Le sort de 33 travailleurs indiens employés dans le cadre du projet Cap Marina suscite des interrogations. Une correspondance adressée au ministère du Travail, au Permanent Secretary ainsi qu’à des représentants syndicaux sollicite une intervention des autorités, notamment face à des difficultés qui auraient émergé depuis la mise sous administration judiciaire d’Evaco Ltd. Selon cette correspondance, les travailleurs résident actuellement dans un dortoir situé à Belle-Vue-Maurel. Plusieurs difficultés auraient été rencontrées ces derniers temps, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement en nourriture ainsi que les moyens de transport pour se rendre sur leurs lieux de travail. La correspondance fait également état de permis de résidence et de travail qui sont en attente de renouvellement.

Cette situation administrative, combinée aux difficultés rencontrées au quotidien, aurait placé certains travailleurs dans une situation précaire. Toujours selon le document, certains d’entre eux ont été amenés à rechercher des emplois informels afin de pouvoir subsister et continuer à soutenir financièrement leurs familles restées en Inde. Une telle situation pourrait toutefois les exposer à différents risques, notamment à des situations d’exploitation ou à des difficultés avec les autorités en raison de leur statut administratif. La correspondance appelle ainsi à une intervention rapide afin que leur situation puisse être examinée et clarifiée.

Parmi les mesures sollicitées figure notamment une visite de la Labour Enforcement Unit au dortoir de Belle Vue-Maurel. L’objectif serait de permettre aux autorités de constater les conditions dans lesquelles vivent les travailleurs et d’évaluer leur situation professionnelle et administrative. La correspondance évoque également la nécessité de trouver rapidement des solutions pour les travailleurs concernés, notamment à travers une éventuelle régularisation de leur situation, un transfert vers d’autres employeurs ou, lorsque cela s’avérerait nécessaire, un rapatriement dans des conditions appropriées.

Ces demandes interviennent alors qu’Evaco Ltd est sous administration judiciaire, ce qui semble avoir des répercussions sur plusieurs aspects de la prise en charge des travailleurs concernés. Cette situation intervient par ailleurs dans un contexte où plusieurs travailleurs étrangers ont récemment fait l’objet de contrôles et d’interpellations.

Il y a quelques jours, quatre Indiens ont été interpellés à Saint-Pierre, tandis qu’un Camerounais a été arrêté à proximité du marché de Rose-Hill. Deux Malgaches et deux Nigérians ont également été placés en détention après vérification de leur situation. Selon les décisions qui seront prises par les autorités compétentes et les tribunaux, des mesures de rapatriement pourraient également être envisagées.

Dans le cas des 33 travailleurs employés sur le projet Cap Marina, la demande est donc désormais entre les mains des autorités compétentes. Une intervention permettrait notamment de vérifier les éléments avancés dans la correspondance, d’établir précisément la situation de chaque travailleur et de déterminer les mesures appropriées. Sollicitée afin d’obtenir sa réaction sur la situation et les démarches entreprises à l’égard des travailleurs concernés, la direction d’Evaco Ltd n’a pas donné suite à notre demande.

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