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Thierry Le Breton : «Jean-Marie Chelin, un homme des arts et des lettres»
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Thierry Le Breton : «Jean-Marie Chelin, un homme des arts et des lettres»
Fruit de cinq années de recherche, «Le Bâti mauricien», ouvrage initié par Jean-Marie Chelin, entre dans sa phase finale avant publication. Thierry Le Breton (photo), secrétaire de l’association SOS Patrimoine, lance un appel aux mécènes pour permettre à ce livre de voir le jour.
Pouvez-vous présenter l’auteur à l’origine du projet «Le Bâti mauricien» ?
Jean-Marie Chelin compte parmi les membres fondateurs de SOS Patrimoine. Il est connu pour l’énergie remarquable qu’il a consacrée à la recherche et à la documentation de l’histoire mauricienne. Au fil des années, il a publié des ouvrages historiques, des documentations graphiques ainsi que des inventaires de documents d’archives. Ses principaux travaux portent sur l’histoire de Port-Louis, l’histoire maritime de l’île Maurice, l’archipel des Chagos et les usines sucrières. Cet ensemble constitue un legs précieux pour la connaissance du patrimoine mauricien et sa transmission aux générations futures. JeanMarie a toujours porté une attention particulière aux lieux et aux traces qui fondent notre histoire collective. Il est né aux Chagos. Peut-être que cela explique en partie cette quête permanente des origines.
Jean-Marie Chelin, à la fois écrivain mais aussi artiste ?
Oui, dans le sens où Jean-Marie Chelin est aussi un homme des arts et des lettres. Il aimait dessiner, observer, passer de longues heures à travailler sur les paysages, les pirogues ou les ensembles architecturaux. Le dessin était chez lui une autre manière de documenter le patrimoine, de garder trace des lieux et des détails. Plus jeune, il a également pratiqué la peinture, l’aquarelle, le fusain ou encore le pastel.
Qu’est-ce qui pousse aujourd’hui SOS Patrimoine à reprendre en main le projet d’édition intitulé «Le Bâti mauricien» ?
Malheureusement, la santé de Jean-Marie Chelin est aujourd’hui très fragile et il ne pourra plus mener ce projet à son terme. Or, l’essentiel du travail est déjà là : un ensemble très dense de textes, de photographies et de documents patiemment réunis pendant près de cinq ans. Avec sa famille, SOS Patrimoine a donc souhaité accompagner la finalisation de l’ouvrage afin que ce travail soit rendu accessible au public. Bernard Maurice a accepté d’apporter son concours, notamment pour la vérification des sources, le référencement des illustrations et l’accompagnement historique de l’ouvrage. Pour ma part, je m’attacherai à la relecture éditoriale sur l’évolution des usages et des typologies du bâti mauricien. Il s’agit maintenant de relire, préciser et structurer l’ensemble jusqu’à sa publication.
Existe-t-il aujourd’hui un inventaire complet des monuments historiques de Maurice ?
Il existe plusieurs inventaires, réalisés par des particuliers, des ONG ou des organismes publics, chacun avec son approche et son utilité. Dans un domaine comme le patrimoine, aucun inventaire ne peut véritablement se dire «complet» : c’est un processus continu, toujours appelé à être enrichi. Ce qui est certain, c’est que l’histoire de l’architecture mauricienne reste encore très fragmentaire ; beaucoup reste à faire.
SOS Patrimoine a entrepris un inventaire ouvert à tous sur votre site web. Comment contribuer à ce projet d’envergure ?
C’est un inventaire généraliste, qui veut créer un partage avec tous les publics. Il ne se limite pas aux monuments, et il recense aussi des outils, des collections d’antiquités, des pratiques culturelles et des coutumes qui racontent notre histoire. L’idée est d’en faire une plateforme que tout le monde peut enrichir, un peu sur le mode de Wikipédia. D’autres inventaires existent, qui ne sont pas toujours ouverts au public. Il y a aussi Historic Mauritius sur le web qui présente une excellente collection photographique. Le patrimoine est un champ vaste, qui a besoin de regards complémentaires. Nous travaillons en ce moment à aligner les méthodes de recensement avec celles utilisées à La Réunion, ce qui permettra d’étendre le champ d’étude à l’océan Indien. L’important est de faire émerger une connaissance utile au grand public, mais aussi aux chercheurs, aux étudiants, aux architectes et à tous ceux qui travaillent sur l’histoire du territoire.
Le patrimoine est-il un des domaines dans lequel les entreprises investissent leur contribution de «Corporate Social Responsibility» (CSR) ?
Au début du système de contribution CSR, la protection du patrimoine était plus clairement listée parmi les causes soutenues. Aujourd’hui, elle semble moins visible que d’autres priorités, alors qu’elle touche pourtant à des enjeux essentiels : l’éducation, la culture et le lien entre les générations.
Inscrire clairement le patrimoine comme un des champs d’investissement CSR, c’est une des demandes de l’association pour le prochain Budget national ?
Oui c’est une des demandes, mais pas la seule. Nous espérons surtout que le Heritage Stewardship Scheme pourra être confirmé et rendu opérationnel. Lors du dernier Budget, il avait été annoncé comme un dispositif destiné à encourager les investissements privés dans le patrimoine culturel. Les autorités ont travaillé durant toute cette année pour en préciser les contours. Nous espérons donc que ce travail pourra maintenant aboutir, avec un cadre clair pour soutenir les projets de conservation et de valorisation du patrimoine.
Concrètement, que pourrait permettre le «Heritage Stewardship Scheme» attendu ?
L’idée générale est d’encourager l’investissement privé dans la conservation et la valorisation du patrimoine culturel. Les guidelines finales devront préciser quels projets et quels investissements seront éligibles à des mécanismes de défiscalisation, notamment sur la TVA ou certains matériaux. Mais restaurer un bâtiment historique est une chose ; en assurer la conservation dans la durée en est une autre.
Est-ce aussi dans cet esprit qu’a été créée l’Indian Ocean Islands Foundation ?
Oui. Nous nous sommes dit, quelques-uns au sein de SOS Patrimoine, que certains biens patrimoniaux avaient besoin d’une structure capable d’agir dans la durée. C’est ainsi qu’une petite équipe s’est mise en place pour créer l’Indian Ocean Islands Foundation. Cette fondation peut recevoir des donations et des legs, et servir de réceptacle pour conserver, protéger et valoriser des biens ou des sites patrimoniaux. L’idée n’est pas de remplacer les associations existantes, mais bien de compléter leur action pour réussir certains projets de conservation.
Cette approche concerne-t-elle aussi le patrimoine immatériel ?
Oui, la fondation s’intéresse à toutes les formes de patrimoine à des fins de conservation. Concernant l’immatériel, nous travaillons notamment à mettre en place une capacité pour recevoir et traiter le patrimoine documentaire que des familles souhaitent transmettre : archives papier, livres, enregistrements audiovisuels.
Valoriser l’histoire de Maurice

L’histoire de notre nation se retrouve dans nos murs et c’est ce que l’auteur Jean-Marie Chelin (photo) souhaite révéler dans l’ouvrage «Le Bâti mauricien», soutenu par l’association SOS Patrimoine. Fruit d’un travail passionné de recherches et d’archives, l’œuvre est désormais dans la dernière ligne droite vers la publication – mais cela ne peut se faire qu’avec le soutien des citoyens et du secteur privé. Afin de couvrir les derniers frais, Jean-Marie Chelin et SOS Patrimoine ont besoin du plus grand nombre ou d’un généreux mécène !
Pour contribuer à valoriser l’histoire de notre île : https://www.smallstepmatters. org/projets/sos-patrimoine-soutenir-louvrage-le-bati-mauricien/
Comment soutenir ce projet ?
• Par Juice : Small Step Matters est accessible facilement via Pay a Merchant. Merci de spécifier un mot clé comme référence avec le virement : SOS Patrimoine.
• Numéro de compte MCB - Small Step Matters : 000444289887. Référence : SOS Patrimoine.
• Numéro de compte IBAN pour les donations depuis l’étranger : MU59MCBL0944000444289887000 Pour les contributions CSR, contact : [email protected]
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