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Ashok Subron : «Il est urgent d’adapter les politiques publiques à la nouvelle réalité des personnes âgées»

16 juin 2026, 18:00

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Ashok Subron : «Il est urgent d’adapter les politiques publiques à la nouvelle réalité des personnes âgées»

Ashok Subron, ministre de l’Intégration sociale, de la sécurité sociale et de la solidarité nationale.

Quel regard portez-vous sur la situation actuelle des personnes âgées à Maurice ?

La société mauricienne doit une reconnaissance profonde à ses aînés, qui ont contribué de manière déterminante au développement économique et social du pays, tout en jouant un rôle essentiel au sein des familles. Aujourd’hui, nous faisons face à une mutation sociale majeure : vieillissement de la population, évolution des structures familiales vers des modèles nucléaires, départ des jeunes à l’étranger et affaiblissement des réseaux traditionnels de solidarité. Cette transformation fragilise la prise en charge des personnes âgées et accroît les risques de maltraitance, de négligence et d’abus financiers. Il est donc urgent d’adapter nos politiques publiques à cette nouvelle réalité.

Vous évoquez souvent un retard du cadre légal par rapport aux réalités sociales. Quelles sont les principales réformes en préparation ?

Nous sommes engagés dans une réforme structurelle importante. Premièrement, nous finalisons une nouvelle réglementation sous la Protection of Elderly Persons Act 2005, afin de mieux protéger les personnes âgées contre toutes les formes de violence, qu’elles soient physiques, psychologiques, émotionnelles ou financières. Cette avancée est majeure, car l’article 9 de la loi, qui permettait déjà l’adoption de telles mesures, n’avait jamais été activé auparavant. Désormais, les personnes âgées pourront bénéficier de Protection Orders, qu’elles vivent à domicile ou en institution. Parallèlement, nous travaillons à des amendements fondamentaux, notamment une nouvelle définition élargie de la maltraitance, désormais considérée comme un abus incluant la négligence et l’abandon, ainsi que l’introduction d’un devoir citoyen de signalement en cas de suspicion d’abus.

Nous préparons actuellement l’Ombudsperson for the Elderly Bill, qui constituera un pilier supplémentaire dans la protection des personnes âgées. Cette nouvelle instance permettra un meilleur suivi des plaintes et une réponse plus rapide aux situations d’abus. En parallèle, nous procédons à une révision des Residential Care Homes Regulations 2005 afin de renforcer le contrôle, la supervision et la qualité des soins dans les établissements résidentiels. Ces réformes font suite à plusieurs cas préoccupants signalés et visent à instaurer un cadre beaucoup plus strict et protecteur.

Quelles mesures concrètes seront-elles intégrées dans le prochain Budget pour accompagner ces réformes ?

Nous avons proposé plusieurs mesures fortes. Il s’agit notamment de la création d’un fonds de démarrage pour la formation des carers à domicile comme en institutions afin de professionnaliser davantage ce secteur. Nous proposons également d’étendre les visites médicales à domicile aux personnes âgées de plus de 85 ans contre 90 ans actuellement. Enfin, une revalorisation de la Carer’s Allowance est à l’étude. Il faut surtout une transformation plus profonde : une prise de conscience collective. La manière dont une société traite ses personnes âgées reflète ses valeurs fondamentales. Protéger nos aînés est un impératif de droits humains et de dignité.

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