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Zimbabwe : la commission refuse de publier les résultats
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Zimbabwe : la commission refuse de publier les résultats
Un avocat de la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) a déclaré hier qu?il serait «dangereux» que la Haute cour ordonne la publication des résultats de l?élection présidentielle du 29 mars.
George Chikumbirike a refusé d?indiquer au juge Tendai Uchena à quel stade en étaient le dépouillement et les perspectives de publication des résultats, faisant valoir que cela relevait des prérogatives de la Zec et que celle-ci les rendrait publics lorsqu?ils seraient prêts. «Il serait dangereux à mon sens de donner un ordre parce qu?il se pourrait qu?il ne soit pas respecté (...) en raison de contingences extérieures que la partie (ZEC) ne sera pas en mesure de contrôler», a dit Chikumbirike sans autres précisions.
La Zambie a par ailleurs réclamé hier une réunion d?urgence des 14 pays de la Communauté de développement de l?Afrique australe (SADC) pour examiner la situation au Zimbabwe, où le résultat de l?élection présidentielle n?est toujours pas connu onze jours après le scrutin.
Cette demande a été déposée par le président zambien Levy Manawasa, qui préside actuellement l?organisation de coopération régionale.
Qui plus est l?opposition avait affirmé plus tôt que les pays africains doivent intervenir au Zimbabwe pour prévenir une effusion de sang. L?oppossition accuse aussi le parti au pouvoir, la Zanu-PF, de vouloir provoquer des violences afin de proclamer l?état d?urgence.
D?après plusieurs projections, le candidat du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), MorganTsvangirai, serait arrivé en tête du premier tour de l?élection présidentielle du 29 mars, devant le président sortant, Robert Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans et qui brigue un sixième mandat.
Tsvangirai a estimé qu?il devrait être proclamé président immédiatement. «Je dis à mes frères et à mes soeurs à travers le continent : n?attendez pas qu?il y ait des morts dans les rues de Harare. Il y a actuellement une crise constitutionnelle et juridique au Zimbabwe», a déclaré lors d?une conférence de presse le secrétaire général du MDC, Tendai Biti.
«Il y a eu des violences massives dans notre pays depuis le 29 mars 2008 (...) Des gens du MDC ont été frappés (...), des fermes où il restait des Blancs sont envahies. Des fermes où se trouvent des partisans connus du MDC sont envahies», a-t-il ajouté. «Les milices se réarment, les partisans de la Zanu-PF sont réarmés», a-t-il poursuivi, concluant que, depuis les scrutins du 29 mars, la société zimbabwéenne avait été «complètement militarisée».
La Zanu-PF a réclamé un délai avant de publier les résultats de la présidentielle afin de procéder à un nouveau décompte, et elle a accusé les autorités électorales d?irrégularités aux élections législatives, remportées par le MDC.
Un syndicat agricole a fait savoir que des anciens combattants de la guerre d?indépendance, souvent utilisés comme troupes de choc par Mugabe, avaient expulsé de leurs terres une soixantaine de fermiers, blancs pour la plupart. «La situation est très grave. Les évictions se poursuivent dans tout le pays. Ce matin, plus de 60 fermiers ont été chassés de chez eux. Toutes les deux minutes, mon téléphone sonne pour signaler une nouvelle éviction», a déclaré Trevor Gifford, président du syndicat des fermiers.
Les anciens combattants ont contraint les fermiers à partir avec pour tout bien les vêtements qu?ils portaient. Parmi ces fermiers, il y avait au moins un Noir, a dit Gifford. La police a dit n?être au courant d?aucune invasion de ferme.
Le MDC affirme que Mugabe retarde la publication des résultats de la présidentielle afin de disposer de davantage de temps pour préparer un second tour contre Tsvangirai. Le parti d?opposition avait demandé à la Haute Cour d?ordonner la publication des résultats, chose qu?elle n?a pas encore faite.
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