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Y a pas le feu !
Les travailleurs sociaux crient-ils au loup ? On pourrait le penser si l?on en croit les conclusions du chercheur et directeur du Centre for Applied Social Research, Nigel Richards, qui a mené une enquête sur la drogue chez les jeunes. Elle n?a pas l?ampleur qu?on pouvait le penser, constate-t-il. Avec 7 % des collégiens ayant touché au gandia, nous sommes loin de la crise. Il ne faut pour autant relâcher la garde, insiste le chercheur.
Ce sont des allégations de circulation de drogue dans les collèges qui ont mené à cette étude sur le comportement des jeunes face à la cigarette, l?alcool et la drogue. Menée de manière scientifique, elle a touché plus de 800 collégiens de la Form III à la Forme VI, venant de 20 différents établissements. Si les données ne sont pas alarmantes, elles mettent en évidence deux aspects inquiétants : l?accessibilité de la drogue et les risques de glissement d?un fléau à l?autre.
S?il le voulait, un jeune sur six pourrait se procurer du gandia en une journée, révèle le rapport. Un jeune sur quatre s?en est déjà vu proposer. Près de la moitié pense qu?il y en circule au collège. Inquiétant en apparence. « Qu?ils savent où trouver de la drogue ne signifie pas qu?ils sont des consommateurs », relativise le chercheur. Sont-ils donc efficacement conscientisés ? Sans doute : 62 % disent avoir suivi des séminaires d?information au collège dans les 12 mois précédant l?enquête. Mais la dissémination de l?information est inégale d?un collège à l?autre.
Ce qui est inquiétant en réalité est qu?on vienne à la drogue en passant par la cigarette et l?alcool. En effet, une grande majorité des collégiens ayant consommé de la drogue (85 %) ont connu leur première cigarette à 14 ans. La moitié boivent depuis qu?ils ont 15 ans. Il faut donc craindre que le nombre de consommateurs de drogue aille croissant, bien que la cigarette et l?alcool ne semblent pas avoir non plus atteint un taux alarmant chez les jeunes.
12 % seulement avouent fumer. Un chiffre à prendre avec des pincettes. « Il faut envisager ici qu?il y ait eu underreporting car 77 % affirment que leurs camarades de classe fument », explique le chercheur. De même pour l?alcool. 29 % disent boire couramment ? d?une fois par mois à une fois par jour - mais cela pourrait être davantage car 57 % des personnes interrogées disent que leurs amis en consomment. Nigel Richards n?estime pas non plus ces chiffres graves. « There is very little evidence of widespread abuse among respondents ».
Avant que des mesures soient prises à la suite de ce rapport, deux changements pourraient être envisagés dans le court terme. Deux facteurs semblent influencer les jeunes. Trois fumeurs sur quatre affirment que leurs enseignants fument. Faut-il comprendre que ces derniers fument devant leurs élèves, voire avec eux ? L?autre curiosité est l?influence des filles sur les garçons.
La consommation d?alcool chez les garçons des collèges mixtes est beaucoup plus importante que chez les garçons des collèges unisexes. 49 % contre 30 %. Ce qui revient à conclure que les jeunes boivent pour impressionner les filles !
Mais ces données pourraient être déjà obsolètes. Le chercheur lui-même recommande qu?un tel exercice soit effectué tous les trois ans. Or, ce rapport rendu public cette semaine date de 2003...
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