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?XXX 2 : the next level?

19 août 2005, 00:00

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??Fini les motards, surfeurs, snow-boarders et autres, cette fois il nous faut quelqu?un de réellement méchant?, dit Samuel Jackson, alias l?agent Augustus Gibbons de la NSA, après la destruction de son QG par des putschistes, menés par Willem Dafoe, qui veulent renverser le gouvernement des USA. Son choix se porte donc sur Ice Cube alias Darius Stone des Forces Spéciales qui croupit en prison.

Pour décrire l?essentiel de l?attaque des commandos, au début du film : une douzaine de types équipés à la manière des soldats de l?Empire avec des supers gadgets, attaque les locaux de la plus puissante des agences américaines de contre-espionnage. Sous prétexte de défendre leur lieu de travail, les employés prennent chacun une arme de poing, puis viennent bienveillamment se jeter devant les balles des attaquants. On a cette même impression de n?importe quoi en voyant l?évasion spectaculaire de Ice Cube. C?est fou ce que les gardiens de prison peuvent se montrer co-opératifs dans certains films. Ce n?est pas tout : à un certain moment, nous avons droit à un combat de chars dans la soute d?un porte-avions ; le Capitole à Washington est pris d?assaut sans que les journaux télévisés n?en fassent mention. Et, à la fin du film Ice Cube poursuit un train à grande vitesse en voiture à plus de 240 km/h, saute de sa voiture dans le train et sauve le président des Etats-Unis (Peter Srauss).

XXX 2, film de Lee Tamahori, nous présente un président américain qui parle de justice sociale et de paix avec les pays hostiles. En supposant qu?une notion a fait du chemin, à partir du moment où elle est parvenue jusqu?aux esprits les moins éclairés, on peut se réjouir du fait que les scénaristes de XXX 2 parlent d?une Amérique fraternelle et juste en s?adressant au public ciblé par le film. D?autant plus qu?ils semblent estimer ce même public susceptible d?être séduit par une ?hénaurme? 4x4 au moteur modifié pour faire un maximum de bruit, avec une stéréo vomissant du rap ?à fond la caisse?, l?idée de se battre pour la liberté de voler des voitures, la félicité que pourrait apporter la possession d?une arme automatique de gros calibre, la réussite sociale à laquelle mènerait le trafic d?armes automatiques, et la notion de la blonde sexy en tant que symbole de statut.

XXX 2 va très loin dans ce que les scénaristes ont dû méprendre pour de la licence poétique. Tant dans le scénario que dans les moments de bravoure, le film chevauche allègrement les sommets de l?absurde, en plus des dialogues archi nuls. Vu que ces moments s?enchaînent durant les 101 minutes du film, on pourra essayer de les décortiquer afin de déterminer la part d?images vraies avec effets de montage de celle des images numériques, finir par s?ennuyer et maudire la complaisance de certains journaux faisant de la réclame sous couvert d?information. On pourra aussi trouver un deuxième degré bien involontaire à tout ceci et s?en divertir. XXX 2 est un film beaucoup plus bête que méchant ; mais alors, très bête.

Marcel Camus

? Marcel Camus a l?allure des coupeurs de bois de ses forêts ardennaises. Il possède aussi la solidité, la sagesse sereine des grands arbres de son pays natal. Et comme chez tous les hommes où la force est un bien acquis par le lent cheminement de la réflexion et de la méditation, il y a dans son regard et dans sa voix toute la tendresse du monde?? écrit un critique après la (Monsieur Cinéma) Palme d?Or d??Orfeu Negro?, au Festival de Cannes 1959. Marcel Camus a fait de la mise en scène de théâtre alors qu?il était prisonnier de guerre des Allemands. Il débute au cinéma comme assistant réalisateur travaillant, entre autres, auprès de Marc Allégret, Luis Buñuel et surtout de Jacques Becker qu?il considère comme son maître. Après quelques succès dont ?Orfeu Negro?, Camus ne rencontre que des échecs et se tourne vers la télévision dans les années 70.

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