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Weeds

17 septembre 2006, 00:00

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Voici l?autre coup d?éclat de la chaîne américaine Showtime, réputée politiquement incorrecte, après le succès retentissant de The L Word. Weeds, la nouvelle série « made in USA », plus provocante que Desperate Housewives, raconte l?histoire d?une veuve «dealeuse» de cannabis.

Nous sommes cette fois dans la banlieue chic d?Agrestic à Los Angeles. Nancy Botwin (Mary-Louise Parker), jolie quadragénaire, cultive son image de maman modèle. Elle milite pour l?interdiction des boissons sucrées, dans les distributeurs automotiques de l?école ou ses deux fils, Shane et Silas, sont scolarisés. Rien de très excitant. Sauf que l?on sait, depuis Desperate Housewives, qu?il faut soulever le voile pour savoir les vraies valeurs des femmes au foyer américaines.

Dans la cave de Nancy, il n?y a guère de cadavre. Elle rêve d?une vie tranquille, surtout depuis la mort subite de son mari. Un peu plus loin, dans le centre-ville d?Agrestic, une mama black est à la tête d?un business fructueux et très particulier. C?est ici, que Nancy devient une autre. C?est là qu?elle se transforme en vendeuse de cannabis.

A Agrestic, le voisinage ne cultive donc pas que les palabres. Il cultive de l?herbe, en quantité et sous toutes ses formes. Des parents au bord de la crise de nerfs aux lycéens, tout le monde, ou presque, oublie le poids de son existence à coup de fumée. L?entreprise Botwin est des plus fructueuse.

Weeds, la plus surprenante des séries du moment, fustige l?Amérique avec un cynisme bien senti et une cruauté rarement mise en image. Les déceptions, les vices, les frustrations de ces bourgeois englués dans l?apparence, donnent le piquant à cette série audacieusement attachante, imaginée par Jenji Kohan. Celle-ci ne veut rien entendre des comparaisons avec Desperate Housewives, puisqu?elle affirme, avec raison, que le scénario de Weeds date d?avant celui des femmes au foyer de Marc Cherry.

Weeds a emballé la critique avec ses dialogues rodés et ficelés comme du papier à musique. De nombreuses récompenses, dont un Golden Globe pour Mary-Louise Parker, ont donné raison à Jenji Kohan, scénariste de Will & Grace, Dingue de toi ou encore du Prince de Bel-Air. « Je voulais m?attaquer à un tabou culturel, un sujet qui me permettrait d?explorer la « zone grise » entre le noir et le blanc, entre le bien et le mal. Quelque chose d?impossible à traiter dans une comédie pour un network. Le cannabis semblait parfait : la drogue touche tous les champs de la société, la politique, la religion et toutes les classes sociales. » Une étude récente révèle que 69 millions d?Américains auraient fumé un joint au moins une fois dans leur vie.

Dans Weeds, la satire tourne vite au jeu du massacre, grâce à une galerie de personnages infréquentables, voire complètement dépravés. Celia (Elizabeth Perkins), garce notoire et amie de Nancy, persécute sa ronde de fille à coups de laxatifs. Doug (Kevin Nealon), son comptable et meilleur client, est un adolescent attardé. Quant à Andy (Justin Kirk), le beau-frère de Nancy, c?est un obsédé sexuel qui trouve naturel de pratiquer du « cyber sex » avec une adolescente muette.

La série qui joue avec la drogue, les clichés et qui se moque allègrement de George W. Bush, ne laisse aucun doute sur les positions de sa créatrice. Un épisode brocarde la loi californienne et permet à un médecin de prescrire du cannabis à ses patients. Loin de s?être attiré les foudres de la société bien pensante,

hormis quelques fanatiques, Weeds est suivie par des millions de fans transis. « Quand vous pensez à une femme qui vend de la drogue, vous imaginez un certain profil. Si elle me ressemble et qu?elle porte des jeans de créateur, c?est totalement déconcertant. S?il s?agissait d?une femme noire de Harlem, les gens la détesteraient, » explique Mary-Louise Parker avec raison. Le trouble est d?autant plus grand que Nancy ne trafique pas pour survivre, mais pour porter des vêtements de marque afin de ne pas laisser ses deux fils dans le besoin.

La veuve d?Agrestic tourne ainsi le dos aux valeurs de la société. Elle a ses propres codes de conduite, au même titre que les plus grands parrains de la mafia.

Les personnages sont complexes et capables du pire comme du meilleur. Mais c?est dans le pire qu?ils se révèlent souvent humains. A l?âge de la série télé perverse et décalée, à l?âge où la femme n?est plus que l?image d?une jolie fille, Weeds qui a le goût de l?amer et de la désillusion, fait voler en éclat le fameux rêve américain. A voir absolument !

WHO?S WHO ?

Nancy Botwin (Mary-Louise Parker)

Forte de son Emmy Award pour Angels in America, et de son interpretation dans A la Maison-Blanche, cette actrice incarne cette femme au foyer capable de vendre de la drogue pour ne pas priver ses fils de baskets et de jeans de marque.

Andy Botwin (Justin Kirk)

Rescapé des series télé Les experts et Angels in America, Justin Kirk incarne l?infâme beau-frère de Nancy, un sadique et un pervers.

Celia Hodes (Elizabeth Perkins)

C?est elle l?ex-fiancée de Tom Hanks dans Big. A l?affiche de The Ring 2, Elizabeth Perkins qui prête également sa voix à Nora, dans la version originale du Monde de Nemo, est la reine de la manipulation dans Weeds. Capable d?être à la fois aimable et redoutable, elle est la meilleur amie de Nancy.

Doug Wilson (Kevin Nealon)

Doug est le conseiller en affaires de Nancy, mais également un de ses meilleurs clients. Plein de bonnes intentions, ses conseils ne sont pas très clairs et efficaces.

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