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Webb veut tisser sa toile

3 juillet 2005, 00:00

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Juste après avoir réussi la meilleure performance mondiale en plein air avec 4,83 m, dans le stade Vitkovice à Ostrava en juin 2004, la perchiste Stacy Dragila s?interrompit brusquement en pleine interview pour suivre, incrédule, l?arrivée du 1 500m hommes.

Ebahie de ce qu?elle venait de voir à quelques mètres seulement de l?endroit où elle se tenait, elle demanda : « Est-ce vraiment Alan qui vient de gagner ? »

Elle parlait de l?Américain Alan Webb, spécialiste du Mile, qui venait de battre des coureurs aussi prestigieux que Bernard Lagat, le champion olympique en titre Noah Ngeny, et l?Ukrainien Ivan Heshko, réputé pour ses fins de course tonitruantes.

Lorsqu?il franchit victorieux la ligne d?arrivée avec un record personnel et un meilleur temps mondial de 3:32.73, Webb brandit le poing, et on vit son visage se fendre d?un sourire immense.

« Je me sens vraiment au sommet ! », déclarait-il après la course, son trophée de vainqueur à la main. « Je me suis simplment lancé, en me disant que j?allais soit gagner, soit rester sur le carreau. »

<B>Webb bat un record vieux de 36 ans</B>

C?était là le triomphe international qu?on attendait de lui depuis si longtemp, depuis que Webb, qui n?avait alors que 21 ans, s?était illustré à l?occasion du Prefontaine Classic à Eugène en 2001, en battant le record NCAA du Mile, détenu depuis 36 ans par Jim Ryun. De plus, son temps ce jour-là ? 3:53.43 ? était le Mile le plus rapide couru par un Américain depuis 1998, et avait fait de lui le « nouveau grand espoir américain ». Son exploit l?avait bombardé à la une des journaux nationaux américains et le public était captivé par l?irruption sur la scène sportive de ce jeune homme qui semblait sur le point de conquérir le monde de l?athlétisme et faisait chavirer tous les coeurs.

Depuis ce record voilà maintenant quatre ans, chacune de ses sorties est annoncée dans tous les médias, tandis que toutes ses performances sont analysées et décortiquées, tant par la presse que par les fans. Alors même que sa carrière a connu tant de hauts et de bas, Webb affirme qu?être systématiquement le centre d?attention et de sentir que chacun de ses faits et gestes sont soumis à une telle pression ne l?a jamais véritablement dérangé.

« Non, je ne pense pas qu?on attendait trop de ce que j?étais en mesure d?accomplir », dit Webb lorsqqu?il parle de l?intérêt national qu?il a généré alors qu?il était encore si jeune. « Il est certain qu?un temps de 3:53 était vraiment remarquable en ce temps-là, et pas seulement parce qu?un lycéen l?avait réussi , mais de façon générale. »

Sa place dans la légende de l?histoire de l?athlétisme américain bien établie, il termina sa saison 2001 avec une participation aux Championnats nationaux, où il se présenta sans grande pression. Bien qu?il y manqua la qualification pour les Championnats du monde d?Edmonton, son avenir semblait assuré.

Pourtant, la route qui l?amena à sa victoire d?Ostrava, et puis au stade Olympique d?Athènes l?an dernier avant, peut-être, de continuer vers Helsinki cet été, fut semée d?embûches. Mais pour Webb, toujours aimable et poli, les difficultés font partie de la vie. Après tout, déclare-t-il volontiers : « Si ce n?était pas dur, où serait le plaisir ? »

Après un début de saison 2004 fulgurant où il a accroché un nombre conséquent de succès et de chronos explosifs, Webb allait être déçu à Athènes.

Au terme d?une course qu?il courut d?une manière que lui-même décrivit ensuite comme stupide, Webb se retrouva neuvième d?un des trois premiers tours à Athènes, en un temps de 3:41.25, manquant sa qualification de seulement onze centièmes de seconde.

<B>« Déchirement émotionnel »</B>

« Ce fut vraiment difficile à accepter », dit Webb. « Finir de cette manière fut un véritable déchirement émotionnel. »

Totalement enfermé dans un peloton très compact, Webb était pour la première fois de sa jeune carrière confronté à l?aspect extrêmement physique de la compétition internationale. « J?avais l?impression d?être au milieu d?un match de football américain », dit-il.

Une fois de plus son image s?étala à la une des médias du monde entier mais cette fois c?était le visage défait, abattu par la déception. Lorsqu?il pense à Helsinki, Webb se réfère beaucoup à son expérience d?Athènes.

« Pour commencer, il me faudra passer le premier tour. Je dois vraiment donner l?impresion que je veux gagner cette course. »

Plus sérieusement, Webb ajoute que tout son entraînement actuel est focalisé sur ses trois courses d?Helsinki.

« Je me sens en pleine forme, tout est sous contrôle », dit Webb, en parlant de son régime d?entraînement et de son planning. Je n?ai fait aucune compétition au cours de l?automne et j?ai pris mon temps avant de revenir. J?étais satisfait de ce que j?accomplissais à l?entraînement et je suis vraiment content de ma forme physique actuelle. Ce qui s?est passé l?été dernier m?a vraiment ouvert les yeux. Maintenant je sais à quoi m?attendre dans ces courses, et je sais ce qu?elles impliquent. « Webb aurait-il pris rendez-vous avec un sacre mondial cet été ? » Réponse dans un peu plus d?un mois à Helsinki.?

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