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Vêtements griffés :Le hors taxe hors de prix
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Vêtements griffés :Le hors taxe hors de prix
Arrêtons de rêver ! L?abolition des droits de douane sur les vêtements de luxe ne les met pas d?office à notre portée. Petite consolation : le public bénéficiera quand même de la dégringolade du prêt-à-porter et autres accessoires non griffés, notamment de l?Inde, de la Chine, de la Thaïlande et de la Malaisie.
Les explications viennent des importateurs eux-mêmes. Les grandes griffes ? de Christian Dior à Yves St Laurent en passant par Ralph Lauren, Vuiton ou encore Giorgio Armani ? imposent à tous leurs détenteurs de franchise un prix de vente. Et ce dernier doit être le même à Paris, New York, Tokyo et? Maurice !
Aujourd?hui, ils sont rares les ex-revendeurs des vêtements et accessoires Ralph Lauren qui cherchent à obtenir l?exclusivité de la vente des marques bien cotées. «Pourquoi est-ce que les touristes viendraient acheter à Maurice au même prix qu?en Europe ou aux Etats-Unis ?» C?est la question d?un ex-revendeur des produits Ralph Lauren contrefaits.
Mais si ce ne sont pas les touristes, cela pourrait être des Mauriciens. Et voilà les importateurs, clients potentiels, et anciens revendeurs des vêtements et accessoires de la marque Ralph Lauren qui se mettent à faire et à refaire les comptes. Histoire de jauger notre pouvoir d?achat?
<B>BONNES AFFAIRES EN FIN DE SAISON</B>
Il s?avère, hélas, que ce dernier n?est pas si attrayant. «Avec l?abolition de cette taxe, une chemise de grande griffe coûtera, au minimum, Rs 4 000, précise un ex-revendeur de Ralph Lauren, recyclé dans deux grandes griffes internationales, et d?après mon expérience, ce n?est pas tous les jours que des acheteurs mauriciens, qui viennent dans mes magasins disséminés à travers l?île, sont disposés à y mettre le prix.»
Il ajoute qu?il faut faire une croix sur les produits Ralph Lauren vendus entre Rs 700 et Rs 2 000, il n?y a pas longtemps, dans nos quelque 200 boutiques de luxe. «C?était des contrefaçons, fabriqués ici et vendus à plus de 50 % moins cher que les prix imposés par Ralph Lauren à travers le monde. A cette époque une chemise Ralph Lauren originale coûtait entre Rs 3 500 et Rs 4 000 à l?étranger.»
Néanmoins les Mauriciens pourront encore faire de bonnes affaires lors des liquidations des anciennes collections à chaque fin de saison. «Les prix accusent vraiment une baisse à ce moment à travers le monde, et les produits s?arrachent.» Mais pour en arriver là, il faut que ces revendeurs acceptent d?investir pour obtenir la franchise de ces marques malgré le prix exorbitant.
«Pour la représentation de la moins prestigieuse marque, il faut un investissement d?au moins Rs 6 millions, confie cet ex-revendeur qui a retrouvé pignon sur rue. Ne croyez pas qu?il suffit seulement de payer la franchise annuelle. Chaque marque exige que le magasin distributeur soit identique à ceux de la maison mère, que ce soit dans les couleurs, les meubles, les rideaux, les vitrines, la moquette, etc. Il faut donc rénover tous les magasins en croisant les doigts et en espérant que les touristes viennent acheter.» Si l?aventure le tente, dit-il, il est encore tenaillé par l?hésitation.
Autre son de cloche de Beeshan Juddoo. Lui qui a, pendant longtemps commercialisé des contrefaçons Ralph Lauren qui ont étonné le représentant de la marque par leur qualité, remue ciel et terre pour que Maurice puisse produire ces grandes griffes. «Il n?en tient qu?à notre représentant commercial à New York. Toutes les grandes griffes ont un bureau à New York et il faut les convaincre que Maurice est un pays qui a une législation sévère contre la contrefaçon, que leurs vêtements seront produits sans risque de piratage et que la qualité sera comparable. Il faut aussi commencer à vendre Maurice comme une île hors taxe.»
Selon Beeshan Juddoo la production de ces grandes marques nous permettra de vendre à moins cher. «Si ces marques acceptent que leurs vêtements soient produits à Maurice, ils exigent que les accessoires ? chaussures, ceintures, cravates, et autres chaussettes soient importées. Mais on peut négocier et obtenir des prix de vente légèrement moins chers que sur le marché international.»
Il semble que c?est cette formule qui permet que les chemises de la marque Arrow soient accessibles à Rs 2 000 dans une quinzaine de points de vente à Maurice. Quoi qu?il en soit, c?est actuellement l?ébullition dans le monde des anciens revendeurs des contrefaçons Ralph Lauren. Après avoir vu leurs chiffres d?affaires baisser de plus de 75 % après l?interdiction de la commercialisation de Ralph Lauren contrefaits, ils n?ont, à présent que des éloges plein la bouche concernant certaines mesures budgétaires ?
<B>LA FIÈVRE DU GRAND PUBLIC</B>
Rakesh Gooljar, qui a l?exclusivité pour les griffes Gant, Timberland, Serge Blanco, Guess, Tringle, Nine West et Cerutti 1881, a déjà baissé ses prix dans ses cinq magasins à travers le pays. Il est aujourd?hui à la recherche d?autres franchises pour son marché touristique.
Pour le grand public, c?est la fièvre aussi. Le prêt-à-porter indien s?en trouve fort réduit avec les prix qui dégringolent sur les churidars, kurtas, et sherwanis dans de nombreux magasins. Des churidars, autrefois à Rs 700, sont maintenant offerts à Rs 450 et des kurtas passent de Rs 450 à quelque Rs 300. Cette réduction est notamment visible à l?Indian Trade Fair.
Cependant, plusieurs magasins jouent encore aux récalcitrants envers les réductions. Pour sa part, India Handloom, implanté depuis 1970 et à la clientèle tant mauricienne que touristique, assure en être aux comptes afin d?afficher ses baisses de prix au plus vite. Il se dit confiant que cette abolition des taxes va relancer la vente. Il envisage déjà d?ouvrir d?autres points de vente à travers le pays afin de toucher davantage de touristes.
De son côté, Rez Fulah, qui importe pour alimenter les marchands ambulants en vêtements de Chine, affirme : «La concurrence va jouer, c?est sûr mais la baisse sera substantielle pour le public. Attendez voir ! D?ailleurs, à la foire qui se tiendra du 27 mai au 5 juin à Mer-Rouge, nous allons montrer ce que veut dire le prix duty.
<B>De Dior à Diesel</B>
La liste des grandes marques est longue. Mais il n?y a qu?une dizaine qui sont représentées à Maurice. Fait étrange : à part les parfums et quelques accessoires pour femmes, les grandes griffes sont, pour la plupart, destinées à la gent masculine. Parmi les plus prisées, on retrouve Calvin Klein, Guess, Channel, Dior, Cacharel, Kenzo, Paco Rabane, Yves St Laurent, Von Dutch, Diesel, Armani, Ralph Lauren, Louis Vuitton. Entre autres et ce n?est pas peu dire?
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