Publicité
Vérités cachées
L?ouverture au savoir-faire étranger est indiscutable dans son principe. Ainsi, le partenariat entre Mauritius Telecom et le groupe français Orange est, en théorie, rempli de promesses. Mais entre la théorie et la pratique, il y a parfois des écarts. Déjà, dans ce cas précis, une odeur de roussi s?échappe tandis que l?on espérait un parfum fruité.
Les abonnés ont eu le temps de se pencher sur les avantages qu?ils peuvent tirer du passage sous la bannière Orange des offres de MT pour la téléphonie mobile et l?Internet. Ils savent maintenant qu?ils vont seulement bénéficier d?une réduction d?une dizaine de sous sur les appels vers deux numéros préférés. De plus, les appels vers La Réunion, Mayotte et Madagascar seront facturés moins cher. Dans ces circonstances, il est exagéré de parler d?une révolution orange! Pourtant ce changement de marque va coûter cher à l?opérateur mauricien.
Justement, combien coûtera le changement de marque à MT ? Personne ne le saura. Cette compagnie, dont l?actionnaire principal est l?Etat mauricien, a décidé que le montant des royalties qu?elle versera à France Telecom pour l?utilisation de la marque Orange ne sera pas rendu public. MT a décidé de pratiquer l?opacité totale sur cette opération importante et qui concerne un bien public.
MT peut légitimement cacher des informations sur sa stratégie de marketing ou sur d?autres sujets susceptibles de donner un avantage à ses concurrents mais il n?existe aucune raison pour ne pas informer les citoyens sur le coût du «rebranding». Toutes les interprétations sont possibles quand un exercice impliquant des fonds publics n?est pas transparent et lisible. Surtout quand la divulgation du renseignement demandé ne peut porter un préjudice commercial à l?entreprise.
En outre, ce n?est que maintenant que le voile est levé sur une clause de l?accord signé en novembre 2000 quand l?Etat avait cédé 40 % du capital de MT à France Telecom. On vient d?apprendre de la bouche de l?ancien Premier ministre, Paul Bérenger, que la clause controversée donnant un droit de veto aux directeurs français de MT avait été acceptée par la partie mauricienne. Cette disposition, prévue dans une ébauche de l?accord rédigé en 1999, avait été vivement contestée par le précédent gouvernement travailliste. Elle était jugée contraire aux intérêts mauriciens. Ce droit de veto a-t-il été utilisé pour empêcher MT de s?implanter au Mozambique et au Kenya ?
La seule information que les dirigeants d?Orange ont bien voulu donner au sujet du «deal» actuel concerne de possibles retombées en termes d?emplois. La contrepartie de l?opération serait, en effet, une décision d?Orange Business Services de sous-traiter son service clientèle à Maurice. Celle-ci compte recruter 180 personnes. Si c?est le cas, alors le «deal» est en soi défavorable à MT même s?il aura des effets positifs pour le pays. Ce n?est pas sûr que les abonnés à Internet et au mobile apprécieront.
Publicité
Publicité
Les plus récents