Publicité
Vivre à l?extrême
La notoriété de Xavier Lachkar est issue d?un épisode rocambolesque. Un pied plâtré après un coup donné dans l?asphalte à la suite d?un acte de frustration ! En 2006, en pleine montée de la première spéciale de Le Val, le capot de sa Rav4 Turbo 2.0 s?ouvre subitement.
Le pare-brise vole en morceaux. Son co-pilote, Yorick Motet, descend de la voiture et referme le capot. Ce faisant, il perce le radiateur et la Rav4 fume. « Belle métaphore car c?était mon rêve qui partait en fumée, souligne le Français de 24 ans, établi à Maurice. J?avais préparé la voiture jour et nuit jusqu?à fort tard et j?avais fondé beaucoup d?espoir. »
L?anecdote prête à rire. Elle l?est beaucoup moins quand on découvre que ce pied droit cassé ? « le pied d?accélérateur », rigole-t-il ? n?est pas tout à fait guéri. Deux mois passés à la Réunion et une greffe osseuse n?y ont rien fait.
« Je n?abandonne pas », insiste l?homme dont la taille est inversement proportionnelle à son talent.
Là ou le bât blesse davantage c?est que sa passion indéfectible pour le kite surf est mise au placard. Xavier Lachkar, en dehors de son activité dans la vente de bois de construction avec papa, est adepte des sports extrêmes. On devine pourquoi après son aveu sur le cadeau de sa première moto reçue à cinq ans ! Snowboard ? quand il est en France ? quad, body board et descente en VTT, que des disciplines à sensations fortes. Au même titre que le rallye qui lui permet de se défouler. Voire les runs.
Sa première course de rallye remonte à août 2005 dans une course-poursuite organisée par le Club Automobile de Rallye. Sa réputation l?avait précédé justement à cause des runs. « Avec de l?imagination, n?importe qui peut faire des courses, raconte-t-il à propos de la Rav 4 survitaminée qu?il a héritée de sa mère. J?y avais mis un gros moteur et avec l?augmentation successive de l?essence, j?avais le choix de la vendre à un quart du prix réel ou de la mettre en course. C?était un challenge. Elle avait acquis une bonne notoriété. »
<B>Trois podiums en trois sorties
L?habitant de Rivière-Noire précise qu?il a tourné la page des runs. « Il faut comprendre ceux qui font ces courses. Ils sont passionnés de tuning. Ils dépensent beaucoup d?argent et n?ont pas d?autres moyens de tester les voitures, argue-t-il. D?ailleurs, je félicite ceux derrière l?organisation de ce sprint qui leur permet d?avoir un cadre légal. » (Ndlr : Sprint sur 400m organisé par Concept Car le 26 octobre prochain).
La notoriété de Xavier Lachkar atteint dorénavant une dimension supplémentaire. L?acquisition de sa Toyota Celica Turbo GT4 CS y est pour beaucoup. Sa régularité dans le championnat national organisé par le club AutoSport fait de lui le dauphin du leader Rayhan Alladeen au scratch. Il occupe accessoirement la tête du Groupe F devant un certain Malik Unia, grâce à trois podiums en autant de sorties. Dimanche dernier, au slalom de Belle-Vue, la Celica avait des soucis de direction assistée.
Les vingt-quatre points de retard au scratch paraissent à sa portée. Sauf qu?Alladeen n?est pas né de la dernière pluie et ne s?avouera pas vaincu à deux épreuves de la fin. « Le rallye est imprévisible. On va attaquer, mais ce sera difficile », laisse-t-il planer.
Il tient à remercier son entourage. Des gens comme Patrick Anseline et Jacky Delaître qui lui refilent un coup de main pour la mécanique. D?autres comme Christopher Bouic, Thierry Collard et Yorick Motet, à l?origine de son entrée dans le rallye ou le soutien de Toyota et Concept Car.
Ainsi, depuis son enfance et son adolescence à Cannes en France, ses études au Tampon à la Réunion, c?est finalement à Maurice que Xavier Lachkar semble avoir trouvé son bonheur. Rien à voir avec le rallye. Tout simplement l?amour de sa vie?
Publicité
Publicité
Les plus récents