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Vivre à cent à l?heure

28 janvier 2006, 20:00

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Elles sont peu nombreuses les athlètes féminins qui ont réussi à conjuguer sport et vie familiale. Rabia Patel en fait partie. Sportive de haut niveau, mère de deux enfants, Leïla, cinq ans, et Henna, un an et demi, cette pongiste prépare en parallèle un Bsc en sciences sociales à l?université de Maurice.

Autant de responsabilités qu?elle a su gérer jusqu?ici grâce au soutien de son époux Laval et de ses parents. « Si je pratique toujours le sport c?est grâce à mon époux qui est aussi pongiste. Il m?a toujours encouragée à aller aux entraînements et à participer aux compétitions. D?ailleurs, après la naissance de Henna, j?avais décidé de changer de discipline et de me lancer dans le tir à l?arc mais il a réussi une fois encore à me faire changer d?avis. Il pense que je peux encore aller jusqu?aux Jeux des îles de 2007 », confie Rabia Patel.

Et de poursuivre : « Mes parents s?occupent de mes enfants quand je suis en cours et à l?entraînement. Je tiens à remercier mon père pour sa générosité et ma mère pour sa gentillesse. »

En sus du soutien familial, le style de vie qu?a choisi Rabia exige énormément de sacrifices. « Je me réveille à 6 h 30. Je m?occupe des enfants avant d?aller aux cours puis aux entraînements. Quand je rentre le soir c?est la course, il y a les enfants, les tâches ménagères et il faut surtout préparer le repas pour le lendemain. »

<B>« Il faudra changer la mentalité des gens »

Mais si elle a toujours su se défendre de main de maître, le plus dur reste à venir. Sélectionnée pour les Jeux du Commonwealth qui auront lieu du 15 au 26 mars à Melbourne, elle devra se séparer de ses enfants pendant deux semaines. « Émotionnellement, ce sera très difficile. Déjà je me sens coupable car je ne pourrais pas m?occuper d?eux comme il se doit. Mais de l?autre côté c?est quand même une bonne expérience de pouvoir participer aux Jeux du Commonwealth », lâche-t-elle.

Détentrice du Brevet d?État de Cadre Sportif (BECS) de niveau I, Rabia regrette, cependant, que la sélection féminine ne se résume qu?à quelques joueuses seulement. Selon elle, il y a un gros travail à faire pour attirer plus de filles vers cette discipline. Cependant, dit-elle : « Il faudra avant tout changer la mentalité des gens. Nous vivons dans une société patriarcale où les filles ne sont pas autorisées à sortir seules. »

« L?autre réalité est que le sport ne nourrit pas son homme. Même si des jeunes arrivent à émerger, elles finissent par abandonner le sport soit pour aller travailler soit pour des études à l?étranger », constate-t-elle. L?idéal serait, selon-t-elle, de pouvoir bénéficier d?une structure type l?INSEP à Maurice. « Cela permettra également d?offrir une préparation de qualité aux athlètes avec un suivi médical et un appui phsychologique entre autres. Ce n?est qu?à partir de là qu?on pourrait espérer l?émergence des sportifs mauriciens sur l?échiquier mondial », fait-elle remarquer.

Pour la petite histoire, c?est à l?âge de 20 ans que Rabia a débuté sa carrière d?athlète et elle n?a nullement l?intention de s?arrêter en si bon chemin.

Ce, bien qu?elle ait déjà atteint la trentaine. La médaillée d?or des derniers Jeux des îles invite les athlètes à en faire autant.

Toutefois, pour ceux qui n?ont pas le choix, elle leur conseille « de toujours pratiquer un sport de loisir ou même de sauter à la corde », car dit-elle, « la pratique d?une activité physique est bénéfique pour le bien-être mental ».

Pour ce qui est de l?avenir du tennis de table à Maurice, Rabia se dit rassurée de voir le travail abattu par la nouvelle équipe dirigeante. « Il y a beaucoup plus de transparence, la communication passe mieux entre les joueurs et les dirigeants et désormais la méritocratie prime », conclut-elle.

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