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Vitrine peu attirante
de Nazim ESOOF
La présentation de la liste des candidats de l?Alliance sociale, après celle du MSM-MMM, clôt le chapitre de grandes man?uvres entre les partis de l?opposition. Elle devrait contribuer à insuffler un nouveau rythme à la campagne. Présentée comme ?l?équipe du changement? par Navin Ramgoolam, cette liste comprend six femmes et 14 nouveaux candidats qui briguent les suffrages. Elle fait place également au retour de quelques anciens qui, tel Mathieu Laclé, représentent le symbole de cet esprit militant que revendique désormais le PTr.
Reste qu?il y a des réalités électorales à prendre en compte. Et les leaders, de quels bords soient-ils, n?ont pas su se libérer de ces archaïsmes qui freinent la modernisation de la société politique, au point d?avoir à déterrer quelques fossilisés de la scène politique. A la décharge du PTr, il importe de convenir, comme le MMM l?a fait en d?autres temps, qu?il lui fallait faire cohabiter les sensibilités conservatrices et celles beaucoup plus innovatrices pour s?approcher un peu plus de son objectif de victoire électorale. Cette realpolitik correspond peu aux grandes doctrines socialistes et discours ouvriéristes qu?énonce le PTr. Mais cette inadéquation surprend peu, d?autant plus qu?il devait être difficile pour le leader rouge de maîtriser les tentatives de marchandage.
Dans cette recherche d?un dosage équilibré entre les partis et son besoin de répondre aux nombreuses attentes suscitées, Navin Ramgoolam et ses alliés auront finalement accouché d?une liste bien fade. Subitement, le rouge vif annoncé semble souffrir d?une certaine pâleur. Le bon Docteur Ramgoolam n?aurait finalement pas eu les coudées franches pour une intervention musclée sur sa liste. A la place, on a plutôt eu droit à une thérapie souple. Le magasin de grande surface offre en fin de compte une vitrine peu attirante, sauf dans le cas de certaines indéniables compétences.
Hormis ceux-là, certains choix de candidats peuvent difficilement être défendus. Il ne sert à rien d?instruire un procès contre Navin Ramgoolam et son incapacité à rendre une copie mieux soignée. De toute manière, les électeurs qui ont fait leur choix ne prennent pas réellement en compte la qualité du produit qui leur est proposé avant de se prononcer. C?est davantage du côté de ce nouvel électeur, qui a émergé depuis quelques années et qui n?a pas l?allégeance facile, que la difficulté surgira. Parce qu?il n?est pas sensible aux coups de bluff.
Et des coups de bluff, la classe politique n?arrête de nous en servir depuis le début de la campagne. On nous promettait une campagne intelligente. Jusqu?ici, on a eu droit à du réchauffé. Pas étonnant, dans ce contexte, que l?exercice auquel s?est livrée l?Alliance sociale soit un autre ratage sur une longue liste de rendez-vous manqués.
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