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Visiteurs sans contrôle

1 novembre 2003, 20:00

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Hôpital Jeetoo, Port-Louis, 16 h 05. La porte de la salle 9 s?ouvre. Les visiteurs, qui attendent dehors, hésitent à entrer. Ne voyant personne, ils se dirigent tranquillement vers les lits des malades. Pas de contrôle en vue.

L?absence de surveillance à l?entrée des salles donne le coup d?envoi d?une série d?actions syndicales des infirmiers. Le but : obliger le ministère de la Santé à prendre en compte leur liste de revendications dont la révision des salaires par le Pay Research Bureau (PRB). Au cas où aucune solution n?est envisagée d?ici le mois de février, le front syndical de la Santé publique menace de déclencher une grève.

Ce mouvement de protestation, suivi un peu partout dans l?île, fait la joie de certains visiteurs. Par exemple, A. R., de Goodlands, qui est venu voir à sa femme au Sir Seewoosagur Ramgoolam Nor-thern Hospital (SSRN) jeudi après-midi. « Le contrôle à l?entrée des salles peut mettre à l?épreuve le sang-froid des visiteurs qui n?ont qu?un désir : voir leur proche malade. Il faut exercer ce contrôle avec beaucoup de tact et de diplomatie. Je suis sûr que le public finira par comprendre. »

Au SSRN jeudi, tout se passe sans aucune anicroche. Le flot des visiteurs s?écoule, sans la traditionnelle bousculade des premières minutes. « Nos membres indiquent que tout s?est bien déroulé. Ce contrôle mettait jusqu?ici en danger la sécurité des infirmiers. Certains ont même été agressés physiquement et verbalement », explique Francis Supparayen, président du front syndical et de la Nursing Association. « Il faut faire l?éducation des visiteurs, leur expliquer la nécessité de respecter la sérénité du malade. Le ministère a pris une initiative timide en ce sens, mais ce n?est pas suffisant. Nous sommes présents à l?entrée, ajoute un infirmier, mais nous n?intervenons qu?à l?intérieur des salles. Quand nous estimons qu?il y a trop de monde, nous invitons les visiteurs à ne pas tous entrer. Il n?y a eu aucun problème. »

Du côté du ministère, on s?est contenté de rappeler au public que le nombre de visiteurs autorisé est de deux par malade. « Une salle bondée pendant les heures de visite n?est pas compatible avec l?environnement reposant recommandé pour une guérison rapide du patient. »


Un Ordre des infirmiers bientôt relooké

Les infirmiers auront bientôt leur ordre, comme c?est le cas pour les médecins. La mise en place de cet organisme n?attend que la signature du président de la République, Sir Anerood Jugnauth. Le texte de loi a en effet été adopté mardi à l?Assemblée nationale. En fait, il ne s?agit pas d?une nouvelle loi, mais de la révision de celle qui existe depuis 1992. Elle crée un cadre pour réglementer les infirmiers. Elle préconise, entre autres, la création d?un tribunal disciplinaire, d?un registre des infirmiers et la rédaction d?un code de conduite. Il faut savoir que le secteur de la Santé publique emploie 2 580 infirmiers qualifiés.

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