Publicité

Violée il y a un mois, elle est menacée de mort

18 juin 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Elle dit qu?elle a été violée par trois individus le samedi 21 mai. Depuis, raconte-t-elle, elle vit un véritable cauchemar. Chaque jour, elle reçoit des menaces, par personnes interposées, pour la forcer à enlever sa plainte à la police. Et depuis hier, elle craint pour sa sécurité : les trois présumés violeurs ont été libérés sous caution. On peut aisément imaginer le tourment de la jeune femme de 21 ans.

Antonio Berty Dimba, alias Tonio, Axel Yvan Matturin Lisette, alias Lapin, deux habitants de Palmar, et Jagadessen Ramsamy, alias Medi habitant Lallmatie, ont été arrêtés mercredi et jeudi respectivement. Ces trois suspects accusés provisoirement de viol, nient en bloc. Selon leurs versions consignées par les hommes de l?inspecteur Pierre Louis de la Criminal Investigation Division de Bel-Air, il s?agirait d?un coup monté de la victime. Présentés devant le magistrat Dattatreya Panday du tribunal de Flacq, ils bénéficient depuis hier d?une liberté conditionnelle.

Tous trois se défendent : le suspect Lisette prétend, dans sa déposition, qu?il est le petit ami de la victime, ce que nie celle-ci. Elle n?aurait aucune liaison avec cet homme, ayant seulement fait sa connaissance en 2001, quand il travaillait dans une discothèque de Grand-Baie.

Un autre suspect, Dimba, qui nie avoir violé la victime, a mis ses deux camarades hors de cause dans cette affaire. Selon sa version, au cours de cette soirée, il aurait eu des relations sexuelles avec la victime à l?arrière d?une de ces deux discothèques où ils se sont rendus. Ils auraient été surpris par le troisième suspect, Ramsamy. Apprenant la chose, Lisette aurait été furieux et décidé de ramener la jeune femme à son domicile.

<B>Une soirée qui commence bien</B>

La jeune femme a maintenant un regard hagard. Vêtue d?un short à rayures blanches et bleues et d?un t-shirt marron, elle est debout sous une varangue. Elle veut garder l?anonymat. Elle semble perdue dans ses pensées. «Mo senti moi malad. Mo pa kapav konsentre», dit-elle. Elle présente des signes d?un traumatisme profond. Elle arrive difficilement à se nourrir.

«Tir sa kes la, sinon mo touy toi ek to papa.» Ce sont les termes d?une des menaces qu?aurait proféré un proche d?un des suspects. Encore sous l?effet du choc, la jeune femme a la voix nouée lorsqu?elle fait le récit des moments tragiques qu?elle vit. Elle réclame justice : «Zot bizin paye pou seki zot finn fer ar moi». Elle est «révoltée» du fait que ces hommes, qu?elle a identifiés mercredi après-midi au cours d?une parade d?identification, que ces présumés violeurs donc, se soient moqués d?elle. «Zot dir mo pe fer komik», ajoute-t-elle. En fin d?après-midi de mercredi, la jeune femme a été conduite au domicile du suspect Lisette, à Palmar, pour une reconstitution des faits. C?est là qu?elle aurait été abusée sexuellement. Depuis cet événement, la jeune femme est recroquevillée sur elle-même, elle ne sort plus, pour éviter les commentaires désobligeants des voisins.

Et pourtant, cette soirée du vendredi 20 mai semblait bien démarrer. Avec l?autorisation de sa mère, elle prend place dans la voiture du suspect Lisette pour une soirée en boîte. Elle est loin de penser, en prenant place à bord de la voiture de Lisette, que l?homme à qui elle faisait confiance allait abuser d?elle. De plus, ce jour-là était sa première sortie en boîte après un an et demi.

Ils vont à Grand-Baie, à la discothèque Zanzibar. Là, ils rencontrent des amis. Selon elle, ils se sont amusés «comme des fous». Rien ne laissait présager que cette soirée allait tourner mal. Aux petites heures du matin, ils décident d?aller dans une autre boîte de nuit pour continuer la fête.

<B>Les clés de voiture</B>

C?est vers 5 heures du matin, le 21 mai, que le suspect Lisette décide de la ramener chez elle. Ils sont accompagnés du suspect Ramsamy. Mais en cours de route au lieu de se diriger vers Mare-La-Chaux, la voiture prend la direction de Palmar. Au domicile de Lisette, celui-ci lui fait comprendre qu?il est dans un état d?ébriété, qu?il ne pourra pas conduire et qu?elle doit rester sur place. Elle dit avoir alors demandé à Ramsamy «rod lakle to kit moi». La réponse a été : «Al rode to mem». Alors qu?elle cherchait les clés du véhicule, Ramsamy, dit-elle, aurait verrouillé les portes, tandis que Lisette aurait commencé à lui infliger des coups en demandant à Ramsamy «dezabiy li».

Peu après, elle a été violée à tour de rôle par ces deux hommes qui l?ont aussi fait subir d?autres sévices. Le suspect Dimba, qui serait arrivé par la suite, lui aurait fait subir le même sort. Elle dit avoir profité d?un moment d?absence de Lisette, parti chercher de l?eau, pour prendre la fuite à travers une fenêtre.

Depuis, elle n?a plus aucun répit. Son cauchemar est de tous les instants, tant par le souvenir du véritable supplice qu?elle a subi que par les menaces quotidiennes dont elle fait l?objet.

Publicité