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Vincent Montocchio & Mikaël Le Luron Hommes-orchestre
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Vincent Montocchio & Mikaël Le Luron Hommes-orchestre
La musique aurait-elle une mission ? Celle que nous avons découverte depuis samedi dernier, résonne depuis dans nos oreilles et continue à séduire nos c?urs. Remis du concert de Tété, qui s?en est allé chanter la faveur de son automne sur d?autres scènes, il nous reste Vincent Montocchio et Mikaël Le Luron.
Eux, sont bien de chez nous, même si Mikaël, né à Toulouse, en France, est un Mauricien de c?ur. Reste, Texto. Le nom choisi par ce duo de c?ur, est une autre de ces belles histoires, que seule la musique sait porter. Leur musique ne se laisse pas étourdir par les sons. Elle privilégie les textes, que ces trentenaires au look d?éternels étudiants, travaillent jusqu?à la perfection. « J?aime les choses qui ont du sens. Vincent a la sensibilité de mettre les choses en valeur, » explique Mikaël Le Luron.
Montocchio-Le Luron, c?est une belle équipe, un attelage magique. «Samedi dernier, nous avons choisi quatre de nos compositions qui nous semblaient les plus évidentes, celles sur lesquelles nos amis ont tout de suite accroché.» Et ça a marché. Les deux cents privilégiés qui se trouvaient au Conservatoire de musique, ont été conquis. « C?était magique ! La scène était parfaite, la lumière excellente. Un moment unique!» Vincent et Mikaël n?en reviennent toujours pas.
Leur démarche artistique est en rupture avec l?univers musical d?aujourd?hui, obnubilé par l?air du temps et «la commercialité.» Ce néologisme né de leurs esprits créatifs et bouillants, témoigne de la capacité de ces musiciens autodidactes, de se démarquer de leurs pairs. A l?image de leurs chansons fluides, aux sonorités principalement acoustiques et à la sensualité à fleur de peau, le but de leur man?uvre c?est d?arracher un sourire, sinon un éclat de rire. Il marque du moins, une musique «utilitaire», comme celle que fait Jean-Jacques Goldman et qui, sans prétention, trace des tranches de vies, un peu à la manière de Bénabar ou de Vincent Delerm.
Quand le fond de l?air est triste, ils s?amusent à dérider l?atmosphère en ouvrant des vannes, en échangeant leurs propos. Leur musique devient alors dialogue. Leur chant zigzague entre rire et fous rires, qui font briller leurs regards. Leurs compositions qui prennent vie sur les cordes de leurs guitares, sont un moteur, une énergie, un enthousiasme.
Vincent Montocchio et Mikaël Le Luron écrivent beaucoup et racontent un univers particulier qu?ils commentent, textes à l?appui. A la façon de romanciers inspirés ou d?humoristes qui n?ont pas froid aux yeux, ils construisent un monde bien à eux. Leurs chansons faussement naïves, sont en fait, une sorte de ferveur, de magie que l?on a envie de croquer sans cesse. Leur histoire, c?est celle d?un coup de foudre artistique, qu?une rencontre un soir, par groupe d?amis interposés, a rendu possible. Idem pour cette première partie de Tété, qui s?est cristallisée, après que leur première maquette, épaulée par le Centre Culturel Charles Baudelaire, ait plu au manager de Tété. Leur justesse de ton et leur sensibilité, n?ont rien à voir avec le talent. C?est un don.
Pendant que Vincent, venant d?une famille de musiciens, sillonnait dès l?âge de dix ans, les restaurants du pays, s?époumonant à coups de refrains de Jean-Jacques Goldman, Mikaël découvre Pink Floyd et le Unplugged de Nirvana. Il s?achète une guitare et joue tout l?album quatre mois plus tard. Phénoménal.
Vincent termine ses études secondaires et s?envole pour la ville lumière en France. Paris lui tend les bras et nostalgique de son île natale, il compose un CD de trois titres que la Fnac, le supermarché du disque et des vidéos en France, se charge de distribuer.
Travaillant tous deux dans les métiers de la communication, ils pensent, l?un comme l?autre, que leurs rêves de faire de la musique ne se concrétisera jamais. Mais au fond d?eux, leur rêve n?est jamais mort. «Nos rêves existent que s?ils ont envie de nous plaire,» claironne le refrain de La Commercialité.
Seuls avec leurs guitares, ils ont donné vie à ce rêve et trouvé déjà, le soutien d?un public de connaisseurs, celui de Tété, avec en bonus, le soutien de l?artiste lui-même. «Cette première partie est arrivée à point nommé. C?est une chance énorme et ça nous donne envie de continuer et très envie de recommencer ! » explique Mikaël Le Luron. Cet air vrai de bons copains, cette faculté de prendre l?un de l?autre et de s?appuyer l?un sur l?autre, transcende dans leurs mélodies. Ses frères de scène qui continuent à peaufiner ce premier bébé qui naîtra dans quelques mois, collent tout. Tous les petits éléments qui plaisent à l?un et qui séduisent l?autre.
«Quand on compose, c?est un coup de foudre avec nous-mêmes. Quand on arrange, pour mettre sur un disque, il faut garder en mémoire ce petit quelque chose du début qui nous a tellement plu. Trouver un juste milieu entre l?arrangement et cette envie de faire simple, sans fioritures, n?est pas du tout facile. Il faut savoir mettre en valeur et ajouter des rondeurs, sans pervertir l?idée et les sonorités de départ.»
Mais pour leur musique, soutenus par Christophe Rey, l?ami intime, gageons que Vincent Montocchio et Mikaël Le Luron savent aller très loin. A la rigueur de la composition et de l?arrangement du disque, ils y ajouteront le brin de fantaisie qui deviendra très bientôt leur marque de fabrique.
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