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Vicky Virahsawmy : ?Enn lespri finn pran moi?

20 novembre 2006, 00:00

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Désespoir, ivresse ou ?enn lespri? ? Les explications qu?aurait données Jaganaden Virahsawmy, aussi connu sous le nom de Vicky, à la police semblent pour le moins déroutantes. Interrogé pendant toute la journée de samedi par la Major Crimes Investigation Team (MCIT), le père des enfants morts durant l?incendie de vendredi a avoué. Et il aurait donné sa première déposition sans faire valoir son droit d?être assisté par un avocat. Du coup, une accusation provisoire d?incendie criminelle ayant causé la mort (arson causing death) est retenue contre lui.

Me Siddhartha Hawoldar, approché par la famille Virahsawmy pour représenter le suspect, va présenter une motion de remise en liberté sous caution ce matin devant le magistrat du tribunal de Flacq. Me Hawoldar, qui est assisté de Me Devina Deonaran, compte s?entretenir aujourd?hui avec son client et rencontrer le surintendant Prem Raddhoa, chef de la MCIT. Cela, dans le but de savoir si les aveux de Jaganaden Virahsawmy ont été volontaires. L?avocat devait confier à l?express, hier, que les parents de Vicky estiment, eux, que les confessions ont été obtenues ?sous la contrainte?.

À 9 heures, samedi, les hommes de la MCIT et de la Criminal Investigation Division (CID) Eastern Division arrivent à l?ancienne cité de la SILWF, à Circonstance, St.-Pierre, à l?endroit où s?est produit le drame ayant touché la famille Virahsawmy. Ils demandent à voir les parents des cinq enfants, Soushila Mungrah et Jaganaden Virahsawmy. Ce dernier refusant de sortir, les policiers entrent dans la maison et l?entraînent à l?extérieur. Dans le voisinage, l?on ne comprend pas l?arrestation de Vicky. Mais il semblerait que les policiers sont parvenus à réunir un certain nombre d?éléments troublants ne plaidant nullement en sa faveur. La présence de pétrole sur le corps des deux victimes (Nandini, quatre ans, et Jayan, 14 mois) sera notamment notée lors de l?autopsie pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin.

Soushila Mungrah et son compagnon ont été interrogés séparément. Conduite au quartier général de la MCIT, aux casernes centrales à Port-Louis, Soushila devait, après avoir répondu aux questions des enquêteurs, être mise hors de cause. Mais les choses se passent différemment dans les bureaux de la police criminelle où Vicky a été emmené.

Ce n?est que vers 16 h 30 que Vicky Virahsawmy décide de faire des aveux complets. Dans un premier temps, il donne une version des faits tendant à le disculper : il aimait ses enfants, s?occupait d?eux et n?aurait jamais pu leur faire de mal. Plus tard, il aurait cependant donné une tout autre version, expliquant qu?il en avait marre de cette vie de misère et que ?enn lespri finn pran moi?. Toutefois, la police tend à penser que Vicky a agi sous l?effet de la boisson.

L?homme aurait, en effet, admis avoir consommé de l?alcool en compagnie de son père au rez-de-chaussée du bâtiment où vit la famille. Il serait ensuite monté à l?étage pour aller voir ses enfants. Ceux-ci auraient demandé à voir leur mère et il leur aurait répondu qu?il irait la chercher. Mais il serait reparti boire avant de monter les voir une nouvelle fois. Là, sa cadette, Denila, huit ans, lui aurait demandé s?il n?avait pas encore été trouver leur mère pour la ramener à la maison. De nouveau, il a affirmé qu?il allait le faire.

Il aurait ensuite attendu un moment, changé la position dans laquelle était le bébé, Jayan, son fils unique, sur le lit, et se serait dirigé vers la cuisine. Là, il aurait pris le réchaud à pétrole pour ensuite verser le contenu sur le lit et sur ceux qui y dormaient. Puis, il aurait enveloppé une bougie dans du papier journal de manière à ce qu?en se consumant, elle atteigne le papier qui, à son tour mettrait le feu au matelas aspergé de pétrole. Il serait parti en laissant la bougie allumée, ?comme une bombe à retardement?.

Après avoir quitté la pièce, au lieu d?aller voir sa concubine qui travaille dans un snack à St.-Pierre comme il avait l?habitude de le faire, il se serait rendu chez un cousin qui habite à côté. Là, il aurait attendu la suite des événements en grillant une cigarette et bavardant avec lui.

Lorsque les appels au secours se sont fait entendre, il aurait simulé la surprise, se serait précipité à l?étage et aurait trébuché dans l?escalier. Il y apercevra sa s?ur, son beau-frère et ses trois enfants dans le couloir déjà envahi de fumée. Une reconstitution des faits a été organisée samedi après-midi, en présence de nombreux badauds tenus à distance et des membres de la famille Virahsawmy.

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