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Fête nationale de la Chine

De 1949 à 2026, 77 ans de transformations

3 octobre 2026, 17:00

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De 1949 à 2026, 77 ans de transformations

La République populaire de Chine a été fondée le 1ᵉʳ octobre 1949 lors d’une cérémonie organisée sur la place Tian’anmen, à Beijing. (Photos : Olivia Edouard)

Après la fête de la Mi-automne, célébrée le vendredi 25 septembre avec ses traditionnels gâteaux de lune, la Chine a marqué, le jeudi 1ᵉʳ octobre, sa fête nationale. Cette année marque le 77ᵉ anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. Des premières années de la République populaire sous Mao Zedong aux réformes économiques engagées à partir de la fin des années 1970, puis à l’ouverture internationale et au fonctionnement actuel des institutions, retour sur les principales étapes qui permettent de comprendre la Chine d’aujourd’hui.

Plus qu’une journée de célébration, cette date intervient dans un contexte particulier pour le pays. L’année 2026 marque l’entrée dans une nouvelle période de développement avec la mise en œuvre du 15ᵉ Plan quinquennal (2026-2030), qui fixe les grandes orientations économiques et sociales des prochaines années. Alors que le pays poursuit sa transformation industrielle et technologique, il doit également répondre à de nouveaux défis, notamment le vieillissement démographique, les ajustements économiques et les évolutions de son environnement international.

La fête nationale chinoise ne se limite pas aux cérémonies officielles. Le 1ᵉʳ octobre, les couleurs nationales s’affichent dans les rues, sur les places et dans les lieux publics. À Beijing, la place Tian’anmen accueille notamment la cérémonie de lever du drapeau national, tandis que les décorations et illuminations se multiplient dans les villes. Cette date marque également le début d’une période de congés durant laquelle des millions de personnes voyagent à travers le pays. Derrière cette journée de célébration se trouve une histoire de 77 ans, marquée par des transformations économiques et sociales majeures, mais aussi par des périodes de profondes tensions politiques. Au Musée du Parti communiste chinois (PCC), à Beijing, l’exposition consacrée à l’histoire du parti revient notamment sur la fondation de la République populaire de Chine en 1949 et les grandes étapes de son évolution.

Naissance de la République populaire de Chine

Le 1ᵉʳ octobre 1949 marque la naissance de la République populaire de Chine. Ce jour-là, Mao Zedong, alors dirigeant du PCC, proclame l’établissement de la République populaire lors d’une cérémonie organisée sur la place Tian’anmen, à Beijing. Deux mois plus tard, le 2 décembre 1949, le gouvernement adopte une résolution faisant officiellement du 1ᵉʳ octobre la fête nationale. Cette proclamation arrive après plusieurs années de guerre civile opposant le PCC au Kuomintang, le Parti nationaliste chinois. Après la victoire communiste sur le continent, les forces nationalistes se replient à Taïwan tandis que le PCC prend le pouvoir en Chine continentale. Le nouveau gouvernement hérite alors d’un pays profondément fragilisé par plusieurs décennies de conflits. La reconstruction devient une priorité, tout comme la transformation de l’économie. Dans les premières années de la République populaire, la Chine adopte un modèle d’économie planifiée largement inspiré du système soviétique.

Le premier Plan quinquennal, lancé pour la période 1953-1957, donne la priorité à l’industrialisation. L’État renforce son contrôle sur les principaux secteurs industriels tandis que l’agriculture évolue progressivement vers la collectivisation. Cette période est toutefois suivie par des campagnes politiques qui provoquent de profondes perturbations. En 1958, Mao Zedong lance le «Grand Bond en avant», une politique visant à accélérer simultanément le développement industriel et la production agricole. Les mesures adoptées entraînent d’importants déséquilibres dans l’organisation économique et contribuent à une famine majeure. Les estimations historiques concernant le nombre de victimes varient selon les sources et les méthodes d’évaluation.

À partir de 1966, la Révolution culturelle ouvre une nouvelle période de bouleversements politiques et sociaux. Les institutions, le système éducatif et une partie de la vie culturelle sont profondément affectés. De nombreux intellectuels, cadres et citoyens sont victimes de persécutions. Après la mort de Mao Zedong en 1976, cette période prend progressivement fin. En 1981, le PCC adopte une résolution officielle qualifiant la Révolution culturelle de «grave erreur», marquant une réévaluation de cette période dans l’histoire politique du pays.

Le tournant des réformes

Après la mort de Mao Zedong, la Chine entre progressivement dans une nouvelle phase de son histoire. Deng Xiaoping revient alors au premier plan de la vie politique et défend une réorientation du modèle économique chinois. En décembre 1978, le troisième plénum du XIᵉ Comité central du PCC marque une étape décisive. La «réforme et l’ouverture» deviennent les nouvelles orientations du développement économique du pays. Les premières transformations commencent dans les campagnes avec l’introduction du système de responsabilité familiale. Ce mécanisme accorde davantage d’autonomie aux agriculteurs dans la gestion de leur production et contribue à une hausse de la productivité agricole.

Les réformes s’étendent ensuite progressivement aux villes. Des mécanismes de marché sont introduits dans certains secteurs tandis que l’État conserve un rôle central dans l’organisation économique. La méthode adoptée est progressive : certaines mesures sont d’abord expérimentées localement avant d’être appliquées à plus grande échelle. Parallèlement, la Chine cherche à attirer les investissements étrangers, les technologies et les savoir-faire internationaux. Cette stratégie conduit notamment à la création, en 1980, de quatre zones économiques spéciales à Shenzhen, Zhuhai, Shantou et Xiamen. Ces zones deviennent des espaces d’expérimentation pour tester de nouveaux modèles économiques et favoriser l’ouverture commerciale.

Cette nouvelle orientation s’accompagne également d’un rapprochement avec l’extérieur. Après les premiers contacts diplomatiques engagés avec Washington au début des années 1970, la Chine et les États-Unis établissent officiellement leurs relations diplomatiques le 1ᵉʳ janvier 1979. Quelques semaines plus tard, Deng Xiaoping effectue une visite officielle aux États-Unis, du 29 janvier au 5 février 1979. Les deux pays signent notamment un accord de coopération scientifique et technologique ainsi que des accords dans les domaines culturel et consulaire.

Une économie transformée

Les réformes engagées à partir de la fin des années 1970 modifient la structure économique chinoise. L’agriculture, l’industrie manufacturière et les exportations connaissent une expansion rapide, tandis que des centaines de millions de personnes quittent progressivement les zones rurales pour rejoindre les villes. Selon la Banque mondiale, les réformes et l’ouverture engagées depuis 1978 ont entraîné une transformation structurelle de l’économie chinoise, marquée notamment par l’industrialisation, l’urbanisation et une intégration croissante aux marchés mondiaux. Le 11 décembre 2001 constitue une autre étape majeure : la Chine rejoint officiellement l’Organisation mondiale du commerce. Cette adhésion renforce son insertion dans le système commercial international et accompagne l’essor de ses échanges avec le reste du monde. La croissance économique chinoise entraîne également une réduction massive de la pauvreté. Selon la Banque mondiale, depuis le début des réformes, près de 800 millions de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté en Chine.

Aujourd’hui, l’économie chinoise repose sur un modèle combinant entreprises publiques et secteur privé. Les mécanismes de marché occupent une place importante, mais l’État conserve un rôle majeur dans plusieurs domaines considérés comme stratégiques. Ce modèle fait toutefois face à de nouveaux défis. Dans ses analyses récentes, le Fonds monétaire international souligne notamment les effets du vieillissement démographique, les difficultés persistantes du secteur immobilier, la faiblesse de la demande intérieure et les incertitudes liées aux tensions commerciales internationales. Face à ces évolutions, les autorités chinoises cherchent à renforcer de nouveaux moteurs de croissance, notamment dans les domaines de l’innovation technologique, de la modernisation industrielle et de la consommation intérieure. Ces orientations figurent parmi les priorités du 15e Plan quinquennal couvrant la période 2026-2030.

Une ouverture qui dépasse les économies occidentales

L’ouverture engagée à partir de la fin des années 1970 ne se limite pas aux relations économiques avec les pays occidentaux. Elle s’inscrit également dans une histoire plus ancienne des relations entre la Chine et les pays en développement, notamment en Afrique. Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, la Chine établit en 1956 des relations diplomatiques avec l’Égypte, premier pays africain à le faire. Dans les décennies suivantes, Beijing développe progressivement ses relations avec plusieurs pays du continent africain, notamment autour de projets d’infrastructures.

Le Tanzania-Zambia Railway, reliant la Tanzanie à la Zambie, constitue l’un des projets emblématiques de cette période. Selon l’Autorité ferroviaire Tanzanie-Zambie, la construction de cette ligne débute en 1970 et son inauguration officielle intervient en 1976. Le projet bénéficie d’un financement chinois sous forme de prêt sans intérêt ainsi que de l’envoi de travailleurs et de techniciens chinois pour participer au chantier. Maurice établit pour sa part ses relations diplomatiques avec Beijing en 1972.

À partir des années 2000, la coopération sino-africaine prend une dimension économique plus importante. Le Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), créé en 2000, devient l’un des principaux cadres de dialogue entre la Chine et les pays africains. Lors du sommet du FOCAC organisé à Beijing en 2024, Xi Jinping annonce que les relations entre la Chine et les pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle sont élevées au niveau de «relations stratégiques». Le sommet adopte également un programme de coopération portant notamment sur le commerce, l’industrie, les infrastructures, la santé, l’agriculture, le développement vert et les échanges entre populations.

En 2026, Beijing poursuit également sa politique d’ouverture commerciale envers le continent africain. La Chine a annoncé l’application d’un traitement tarifaire nul pour certains produits provenant des pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle, une mesure présentée par les autorités chinoises comme un moyen de renforcer les échanges économiques.

Le système politique chinois

Le PCC demeure au centre du système politique. Selon la Constitution de la République populaire de Chine, le pays est un État socialiste et le rôle dirigeant du PCC constitue une caractéristique fondamentale du système politique. Le pays compte également huit partis politiques officiellement reconnus. Dans le cadre du système chinois de coopération multipartite et de consultation politique, ces partis participent à des mécanismes de consultation sous la direction du PCC. Trois institutions occupent une place centrale dans le fonctionnement de l’État : l’Assemblée populaire nationale (APN), la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) et le Conseil des affaires d’État.

L’Assemblée populaire nationale est présentée par la Constitution comme le plus haut organe du pouvoir d’État. Elle exerce notamment des fonctions législatives, examine les plans nationaux de développement économique et social ainsi que le budget de l’État, et procède à la nomination de plusieurs responsables conformément aux procédures prévues par la Constitution. La Conférence consultative politique du peuple chinois joue un rôle différent. Elle n’est pas un organe législatif, mais une institution de consultation politique réunissant notamment des représentants du PCC, des autres partis reconnus, des personnalités indépendantes et différents secteurs de la société. Le Conseil des affaires d’État constitue le gouvernement central. Il est chargé de l’administration de l’État et de la mise en œuvre des politiques publiques.

Chaque année, l’APN et la CCPPC tiennent leurs sessions à Beijing. Ces réunions, connues sous le nom de «Deux Sessions», constituent l’un des principaux rendez-vous du calendrier politique chinois. En 2026, Xi Jinping occupe les fonctions de secrétaire général du Comité central du PCC, de président de la République populaire de Chine et de président de la Commission militaire centrale.

Du «cycle historique» à l’«auto-révolution»

Les transformations connues par la Chine depuis 1949 ne concernent pas uniquement l’économie et la société. Dans le discours politique contemporain du Parti communiste chinois, une autre question occupe une place importante : comment maintenir la capacité d’un parti au pouvoir à gouverner sur le long terme ? Cette réflexion est notamment associée au concept d’«auto-révolution» du Parti, une expression régulièrement utilisée dans les discours politiques chinois récents.

Dans le cadre du programme du China International Press Communication Center, une présentation consacrée à cette notion est revenue sur l’idée de «cycle historique». Cette expression renvoie à la réflexion selon laquelle certains régimes politiques peuvent connaître des périodes d’ascension puis de déclin. Cette analyse fait notamment référence à une rencontre datant de 1945 entre Mao Zedong et Huang Yanpei, intellectuel et homme politique chinois. Lors de cette rencontre à Yan’an, Huang Yanpei aurait interrogé Mao Zedong sur la manière d’éviter qu’un pouvoir connaisse à son tour un cycle de montée puis de déclin.

Dans l’interprétation présentée dans le cadre du programme, une première réponse repose sur la supervision du gouvernement par le peuple. L’«auto-révolution» constitue une autre réponse mise en avant dans le discours actuel du PCC. Selon cette conception, elle désigne des mécanismes internes destinés à renforcer la discipline du Parti, notamment à travers le contrôle interne, la lutte contre la corruption et l’application des règles encadrant l’exercice du pouvoir. Cette notion appartient au vocabulaire politique contemporain du PCC et permet de comprendre la manière dont le Parti décrit lui-même les mécanismes qu’il considère nécessaires pour préserver sa continuité.

Une nouvelle étape pour la Chine

En 77 ans, la Chine a connu des transformations profondes. L’année 2026 ouvre une nouvelle période avec la mise en œuvre du 15ᵉ Plan quinquennal (2026-2030). Ce document fixe les orientations du développement chinois pour les cinq prochaines années, avec des priorités portant notamment sur l’innovation, la transition verte, la modernisation industrielle et la sécurité économique. Depuis le premier Plan quinquennal lancé en 1953, la planification demeure un outil central de l’organisation du développement chinois.

Le 1ᵉʳ octobre 2026 a ainsi marqué le 77ᵉ anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. Une date qui intervient alors que le pays poursuit sa transformation, entre ambitions technologiques, ajustements économiques et nouveaux défis sur la scène internationale.

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