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Vente à la barre : Boodhoo veut une commission «plus forte»
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Vente à la barre : Boodhoo veut une commission «plus forte»
La commission d?enquête sur les ventes à la barre devrait démarrer ses travaux dans une semaine. Le Conseil des ministres a examiné hier ses attributions. La proposition de Harish Boodhoo de suspendre ces ventes, le temps de l?enquête, ne semble pas avoir été discutée. Cette proposition faite en début de semaine dans une lettre ouverte, a été réitérée hier, au cours d?une conférence de presse.
La commission d?enquête devra déterminer si le système actuel de vente à la barre donne lieu à des fautes professionnelles (malpractices) et s?il cause préjudice aux débiteurs. Elle se penchera également sur les amendements à apporter à la législation pour mieux sauvegarder les intérêts du public et des débiteurs en particulier.
Le président, Sir Victor Glover, et ses deux assesseurs, Denis Vellien, ancien magistrat et président de l?Information and Communication Technology Appeal Tribunal et Yuvraj Thacoor, expert-comptable, devraient prêter serment lundi ou mardi. Les séances ne seront pas à huis clos.
Harish Boodhoo, dont l?intense campagne a mené à la mise en place de cette commission, n?est pas satisfait de ces attributions. «Elles me semblent très vagues. Il y a quelque temps, le Premier ministre avait parlé de pouvoirs accrus pour la commission d?enquête. Tout dépendra de l?interprétation que les commissaires donneront à ces attributions. Nous voulons une commission d?enquête forte», réagit Harish Boodhoo.
Il estime que ces attributions ne correspondent pas aux attentes du public et des victimes. «Je vais déposer, mais je compte écrire aux commisssaires pour leur demander leur interprétation de ces attributions», dit-il.
Poursuivant sa campagne de dénonciation contre un système qui dépouille les malheureux, il pointe un doigt accusateur contre certains hommes de loi et casseurs véreux. Il cite de nombreux cas de personnes victimes de casseurs qui «frisent l?indignation et l?horreur».
Jeudi, ajoute Harish Boodhoo, plusieurs propriétés ont été vendues «à des prix ridicules». Par exemple, une maison dont la valeur réelle est de Rs 1,5 million a été mise à prix à Rs 50 000.
Cette commission d?enquête devrait, estime-t-il, être dotée de pleins pouvoirs pour enquêter sur les biens mal acquis des casseurs, leurs sources de revenus, ressources financières, comptes bancaires et Income Tax Returns.
Elle devrait être en mesure d?examiner tous les documents liés aux ventes à la barre ces 20 dernières années. Elle devra référer toutes les violations de la loi à la police.
Harish Boodhoo estime également que la commission devrait pouvoir convoquer les anciens Masters and Registrar pour faire la lumière sur toute cette affaire.
«Il faut sauver des milliers de familles des griffes de la mafia. Pour cela, la commission d?enquête ne doit pas être un bouledogue sans dent. Sans les pleins pouvoirs, la commission ne sera qu?un trompe-l??il et un gaspillage de fonds publics. Il faut que l?on arrive à mettre un terme à cette mafia afin d?éviter un ouragan social», dit-il.
Mieux Combattre Ce Fléau
Pour atteindre cet objectif, un certain nombre d?officiers venant du State Law Office, de la police, du bureau de l?Income Tax, du Management Audit Bureau, de la Banque de Maurice, du Registrar General?s Office et du Valuation Office doivent être rattachés à la commission d?enquête, plaide Harish Boodhoo.
Il a adressé des critiques à l?opposition pour n?avoir pas posé des questions parlementaires sur le problème de sale by levy. Mais il pense aussi que de nombreuses législations devraient être amendées pour mieux combattre ce fléau.
«Malgré les divergences que j?ai pu avoir dans le passé avec Sir Victor Glover, je suis disposé à collaborer avec lui pour que cette commission d?enquête puisse donner des résultats. L?affaire Deelchand n?est qu?une fourmi devant cet éléphant car les ramifications sont étendues», déclare Harish Boodhoo.
Il affirme avoir donné des «pistes» à l?Independent Commission against Corruption (Icac) pour enquêter sur la question de vente à la barre. C?est le seul radeau de sauvetage pour l?instant, dit-il.
Il plaide en faveur d?une plus grande indépendance d?action de la commission anti-corruption. Elle doit, par exemple, être dotée du pouvoir d?arrestation et d?accès aux comptes bancaires de certains suspects. Harish Boodhoo estime que l?Icac doit pouvoir enquêter sur des délits antérieurs à avril 2002.
Une réunion entre Harish Boodhoo et les victimes des casseurs est prévue le 21 juillet au centre social Marie Reine de la Paix, à Port-Louis.
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