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«U.S.-Africa Business Summit»

Cap sur plus de 4,2 milliards de dollars d’accords commerciaux

7 octobre 2026, 21:00

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Cap sur plus de 4,2 milliards de dollars d’accords commerciaux

■ (De g. à dr.) Craig Halbmaier, Ritish Ramful, Florizelle Liser, et Aadil Ameer Meea, présents lors du cocktail du lundi 5 octobre.

Plus que deux mois pour achever les préparatifs et les travaux nécessaires à l’accueil de l’U.S.-Africa Business Summit. Le compte à rebours est lancé et, du côté du Corporate Council on Africa (CCA) comme des partenaires américains, les attentes sont élevées. Car l’enjeu sera surtout économique: le CCA espère dépasser les 4,2 milliards de dollars d’accords commerciaux contractés lors du précédent sommet en Angola.

«Ne venez pas les mains vides»

Face à cette perspective, le ministre de l’Industrie, des PME et des coopératives, Aadil Ameer Meea, adresse un message sans détour aux entreprises mauriciennes : «Ne venez pas les mains vides», mais avec des projets concrets à proposer aux investisseurs.

À deux mois du rendez-vous, prévu du 6 au 9 décembre au Swami Vivekananda International Conference Centre (SVICC), les préparatifs entrent ainsi dans leur phase décisive. Une délégation du CCA, accompagnée de représentants mauriciens et américains, a effectué lundi 5 octobre une visite technique du SVICC afin de constater l’avancement des préparatifs. Le ministre des Affaires étrangères, Ritish Ramful, s’est montré confiant : les travaux progressent et les délais devraient être respectés.

Le même jour, une U.S.-Mauritius Business Engagement Reception s’est tenue au Mont Choisy Le Golf Clubhouse. La rencontre a réuni responsables gouvernementaux, dirigeants d’entreprises, représentants du CCA et partenaires américains. Florizelle Liser, présidente et CEO du CCA, Craig Halbmaier, chargé d’affaires des États-Unis à Maurice, ainsi que les ministres Ritish Ramful et Aadil Ameer Meea y ont notamment pris la parole.

Pour Maurice, les chiffres donnent la mesure de l’événement. Plus de 3 000 participants sont attendus, dont des chefs d’État et de gouvernement, des ministres, des dirigeants d’entreprises américaines et africaines, des investisseurs et des responsables d’institutions de financement du développement. Il s’agira du 18e sommet organisé par le CCA. Fondé en 1993, le conseil se présente comme la principale association américaine consacrée au développement du commerce, des investissements et des partenariats commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique. Depuis 1997, ces sommets ont réuni des milliers de participants et plus de 50 chefs d’État africains.

L’ambition affichée pour décembre est désormais de faire mieux que l’Angola en2025. Soit 4,2 milliards de dollars d’accords commerciaux conclus, 12 chefs d’État et de gouvernement africains et 41 ministres présents et plus de 2 800 participants. «Davantage peut et doit être fait», a déclaré Florizelle Liser. Pour la présidente du CCA, Maurice possède plusieurs atouts à mettre en avant : services financiers, innovation numérique, tourisme, logistique, développement durable, immobilier et économie bleue.

Mais accueillir plusieurs milliers de décideurs ne suffira pas. Aadil Ameer Meea veut que les entreprises locales profitent concrètement de leur présence. Son appel au secteur privé est sans ambages : les entrepreneurs doivent arriver au sommet avec des projets suffisamment précis pour être discutés avec des investisseurs, des banques ou des partenaires technologiques. Besoin d’investissement ? Il faudra définir le projet et le montant recherché.

Besoin d’une technologie ? Il faudra l’identifier. Recherche d’un partenaire ? Les entreprises devront être capables de préciser son profil. Le ministre insiste également sur la nécessité d’associer les PME aux discussions et de ne pas les laisser au rang de simples spectatrices.

«Un sommet bien organisé est le minimum», a-t-il fait comprendre. L’enjeu sera ce que Maurice réussira à en retirer en matière d’investissements, d’exportations et d’emplois. Des institutions financières et des bailleurs de fonds seront présents, offrant aux entrepreneurs mauriciens une occasion de présenter directement leurs projets.

Aadil Ameer Meea veut également positionner Maurice comme une plateforme permettant aux capitaux américains d’accéder au continent africain. Il souligne que les investissements américains à travers le monde se chiffrent en milliers de milliards de dollars, alors que l’Afrique n’en capte encore qu’une faible partie.

«Passerelle financière vers l’Afrique»

C’est précisément ce positionnement qui a pesé dans le choix de Maurice, selon Florizelle Liser. Le conseil d’administration du CCA avait envisagé plusieurs pays avant de retenir l’île, notamment pour son histoire, sa stabilité et sa tradition démocratique.

«Maurice est une véritable passerelle financière vers l’Afrique», a-t-elle déclaré. Plusieurs entreprises américaines utilisent déjà les services financiers mauriciens pour structurer leurs investissements en Afrique, mais aussi en Inde. Le sommet doit permettre au pays de mieux exposer cette expertise devant les décideurs américains et africains.

Le gouvernement veut pousser cette logique plus loin. Maurice ambitionne de devenir un partenaire privilégié des entreprises américaines souhaitant investir sur le continent, en mettant en avant son système juridique, ses services financiers, ses accords d’investissement et fiscaux ainsi que son appartenance aux ensembles économiques régionaux.

Le programme reflète cette ambition. Les discussions porteront sur le commerce, l’investissement, l’énergie, les technologies, les chaînes de valeur, le marché numérique africain, les minerais critiques, l’économie bleue et l’agroalimentaire.

Le 8 décembre, l’intelligence artificielle, les infrastructures, l’aviation et les investissements dans la santé seront notamment abordés. Les paiements transfrontaliers, l’énergie nucléaire, la place des femmes dans le commerce ainsi que le potentiel économique du sport, des médias et du divertissement seront également au menu.

Plusieurs pays africains, dont la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Tanzanie, l’Éthiopie et le Mozambique, disposeront de séances consacrées à leurs possibilités d’investissement. La dernière journée abordera notamment le tourisme, le développement des compétences et un corridor d’investissement reliant les ÉtatsUnis, l’Afrique et le Proche-Orient.

Pour Craig Halbmaier, le sommet doit précisément servir à faire aboutir des transactions. Une importante délégation américaine est attendue, avec notamment des représentants des agences de financement et de commerce. Leur présence doit permettre d’aider à structurer des projets susceptibles d’être financés.

Le chargé d’affaires américain a également mis en avant les développements récents dans les relations économiques entre Maurice et les États-Unis, notamment dans l’intelligence artificielle et le cloud computing, ainsi que les projets de connectivité numérique. Ritish Ramful voit dans le sommet une occasion de transformer le potentiel africain en investissements concrets. Avec la Zone de libre-échange continentale africaine, le continent représente un marché d’environ 1,4milliard de consommateurs, avec un PIB combiné dépassant 3 400 milliards de dollars.

Maurice entend se servir de ses compétences dans les services financiers, le numérique, les infrastructures, la logistique et la gestion de projets pour accompagner les entreprises américaines intéressées par ce marché.

Sur le plan sanitaire, Ritish Ramful se veut rassurant face à l’évolution de l’épidémie d’Ebola, qui avait entraîné le report du sommet initialement prévu en juillet. «Nous prenons les mesures de sécurité nécessaires», affirme-t-il. Un comité local se réunit régulièrement et suit les dernières informations de l’Organisation mondiale de la Santé afin d’adapter, si nécessaire, le dispositif sanitaire. Quant à l’acheminement des milliers de délégués attendus en décembre, le ministre assure que l’accessibilité aérienne ne devrait pas poser de problème. Emirates Airlines devrait transporter une grande partie des participants, tandis qu’Ethiopian Airlines bénéficie notamment d’un accès provisoire pour la durée du sommet.

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