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Vaste opération irakienne à Madaen
Epaulés par des militaires américains, des centaines d?hommes de diverses unités irakiennes armés jusqu?aux dents cernaient et ratissaient hier la ville de Madaen, au sud de Bagdad. Objectif : tenter de retrouver des dizaines de chiites censés être otages de la guérilla sunnite. Mais des habitants de la ville doutent de la réalité de cette prise d?otages. Dans un communiqué diffusé sur Internet, la branche irakienne d?Al Qaïda dirigée par le Jordanien Abou Moussab Zarkaoui, affirme que cette affaire a été ?montée de toutes pièces? pour justifier une prise de contrôle de la ville par les forces americano-irakiennes.
Selon un notable chiite à Bagdad, jusqu?à 150 habitants de cette ville à population mixte du ?triangle de la mort?, dont des femmes et des enfants, seraient retenus depuis vendredi par des activistes sunnites armés de lance-roquettes RPG et de kalachnikovs, qui exigeraient l?exode de toute la communauté chiite locale. Selon la chaîne de télévision Al Irakia, les preneurs d?otages auraient menacé de tuer ceux-ci dans les 24 heures si tous les chiites ne quittaient pas la ville, agitant le spectre d?un affrontement entre communautés religieuses, soigneusement évité depuis deux ans.
Les forces irakiennes ont vainement fouillé hier plusieurs quartiers où les otages, qui ne seraient qu?une poignée, selon un policier local, auraient pu se trouver mais elles poursuivaient leurs opérations de ratissage. ?Trois quartiers où nous soupçonnions que se trouvaient les terroristes ont été fouillés de fond en comble mais nous n?avons trouvé personne. Nous nous attaquerons bientôt à d?autres zones?, a déclaré Kassim Daouod, ministre d?Etat chargé de la Sécurité nationale devant le nouveau Parlement transitoire réuni à Bagdad.
Les forces américaines contrôlent deux ponts stratégiques donnant accès à la ville, 40 km au sud-est de la capitale, tandis que les forces irakiennes armées de mitraillettes et de fusils d?assaut allaient et venaient autour de l?agglomération.
Certains habitants de Madaen, où les commerces ont fermé en prévision des combats, déplorent d?avoir à ?payer le prix des fausses informations des médias? sur cette affaire. Selon le notable chiite de Bagdad qui donne des précisions sur la situation à Madaen, les otages auraient été transférés dans deux écoles et une mosquée du quartier religieusement mixte de l?agglomération proche de Salman Pak. Un responsable politique chiite, Djaouad Maaliki, a de son côté fait état de mines posées par les habitants de Madaen pour dissuader les forces régulières d?attaquer la ville.
Maaliki, un des dirigeants du parti Douad du Premier ministre islamiste chiite modéré Ibrahim Djaafari, a exprimé le souhait que le gouvernement soit formé au plus tôt afin d?être en mesure de ?mettre fin à ce type d?incident?. Onze semaines après les élections, le gouvernement que Djaafari est chargé de former reste introuvable en raison de querelles sur l?attribution des portefeuilles et le dosage des diverses forces en présence.
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