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Vallée de Ferney : Ramgoolam veut trouver une alternative
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Vallée de Ferney : Ramgoolam veut trouver une alternative
De plus en plus la vallée de Ferney prend des airs de rescapée. ?Le Premier ministre est très sensible au problème écologique de la vallée. Il souhaite absolument trouver une alternative, qui passe en dehors de ce site?, a expliqué le secrétaire de Nature Watch, John Lam. C?était après sa rencontre avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, hier.
Selon John Lam et le président de Nature Watch, Alvin Brigemohun, le Premier ministre souhaite reformer l?Environmental Monitoring Committee (EMC) dont la tâche sera de proposer un tracé qui évite la vallée. Ce qui exclut les deux tracés de la Road Development Authority (RDA).
L?EMC avait initialement été institué par Paul Bérenger, leader de l?opposition, en août 2004. Sa mission était d??évaluer les impacts du projet sur la forêt et proposer les recommandations appropriées?. Présidé par le secrétaire permanent du ministère de l?Environnement, Sateeaved Seebaluck, ce comité a soumis son rapport en décembre dernier. Il recommandait de trouver un tracé qui évite la forêt et de convertir celle-ci en une zone protégée (Conservation Management Area). Cela malgré les ?implications financières considérables?.
Navin Ramgoolam a d?ailleurs invité John Lam et Alvin Brigemohun à faire partie de l?EMC, où siègent, entre autres, le ministère de l?Environnement, le National Parks and Conservation Service, la Mauritius Wildlife Foundation et l?Université de Maurice. ?Ce n?est que le début. On a un gros travail devant nous?, a souligné Alvin Brigemohun.
Si John Lam avoue que ?rien n?est finalisé?, il indique que la route côtière semble être ?l?option privilégiée?. ?Navin Ramgoolam connaît bien le dossier et ses implications. On est tous d?accord qu?il faut épargner la forêt?, a ajouté Alvin Brigemohun. Il a toutefois précisé que Nature Watch ne va pas encore abandonner sa demande d?injonction qui sera entendue aujourd?hui. Nature Watch devra aussi consulter ses autres partenaires du Front commun (Eco-Sud et Mahebourg Citizens Welfare Organisation) qui n?ont pas été conviés à la rencontre avec le Premier ministre.
Quelles seront donc les implications financières si la forme actuelle du projet, c?est-à-dire le tracé originel de la RDA, était abandonnée ? Pour rappel, ce tracé part de Plaine-Magnien et se termine, 25 kilomètres plus loin, à Bel-Air. En tranchant, au passage, dans la forêt endémique de Ferney?
Compensation à payer
Le paragraphe 44 de l?affidavit du ministère des Infrastructures publiques en donne le montant : Rs 325 millions qui devront être versées à la firme de construction chinoise, la Beijing Chang Cheng Construction Corporation (BCCCC). Cet affidavit fait partie de la documentation dans le cadre de la demande d?injonction de Nature Watch. On peut y lire : ?Les implications d?un nouveau projet seront : i) la résiliation du contrat actuel et le paiement de compensations de pas moins de Rs 325 millions à l?entrepreneur, (dépense) qui sera encourue par le gouvernement et non par le bailleur de fonds (NdlR : la Banque africaine de développement (BAD)). ii) Tous les travaux effectués jusqu?à maintenant devront être abandonnés. iii) L?image internationale du gouvernement vis-à-vis du bailleur de fonds sera ternie.?
Lors de sa réunion avec les représentants de Nature Watch, Navin Ramgoolam aurait dit vouloir ?négocier? avec la BCCCC. Si la compensation à payer paraît astronomique au premier abord, elle l?est bien moins quand on la situe en contexte. Le contrat alloué à la BCCCC en janvier 2004 s?élève à Rs 650 millions. Les mesures d?atténuation d?effets proposées par les experts du New World Forestry Consultancy Service coûteront au gouvernement entre Rs 182 millions et Rs 485 millions sur une période de 20 ans, dont Rs 8,6 millions immédiatement.
L?abandon des travaux
Nature Watch questionne la logique du ministère, dans l?affidavit qu?il a présenté, à propos des compensations payables par le gouvernement et non par le bailleur de fonds. ?On devra bien rembourser le bailleur de fonds un jour ou l?autre?, explique Alvin Brigemohun. Il n?est pas d?accord non plus avec l?affirmation du ministère quant à l?abandon des travaux. ?S?ils décident de réhabiliter la route côtière comme on l?a demandé, ils pourront construire la route telle qu?elle est prévue dans le tracé d?origine, jusqu?à juste avant Ferney. De là, ils devront emprunter la route côtière ?, dit-il.
Pour ce qui est du dernier point soulevé par le ministère au paragraphe 44 de son affidavit, la BAD elle-même a fourni la réponse lors de la visite de ses représentants en février. La politique de cette banque est de ne pas financer des projets qui auront un impact défavorable sur l?environnement. La BAD ne peut non plus contraindre un pays à agir contre son gré.
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