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Drogue et blanchiment d’argent
«Muzz» à la clinique, «Ti Kavi» devant la justice : l'affaire de Grand-Gaube se dédouble
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Drogue et blanchiment d’argent
«Muzz» à la clinique, «Ti Kavi» devant la justice : l'affaire de Grand-Gaube se dédouble
L'affaire née de la descente de l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) à Grand-Gaube prend une tournure particulière. Alors que Maheesh Sujore, alias Ti Kavi, sera présenté devant la cour de Pamplemousses demain, lundi 24 août, Mohammad Muzaffar Ali Lallmamode, alias Muzz, reste pour sa part admis en clinique. Son interrogatoire et sa comparution demeurent suspendus à sa décharge de l'établissement.
Muzz avait été arrêté vendredi 21 août, vers 12 h 10, devant un bungalow à Grand-Gaube. Les policiers affirment avoir saisi Rs 45 000, 3,42 grammes de cannabis et 69 graines de cannabis en lien avec son interpellation. Quatre véhicules retrouvés sur les lieux ont également été saisis et remis à la Financial Crimes Commission (FCC), tandis que deux téléphones portables ont été placés sous scellés.
Mais depuis son arrestation, le dossier s'est compliqué d'un volet particulièrement sensible.
Deux fractures alléguées
L'homme de loi de Lallmamode, Me Neil Pillay, affirme que son client aurait été malmené par des éléments du Special Response Group (SRG) lors de l'intervention. Selon l'avocat, des membres de cette unité seraient intervenus aux côtés de l'ADSU et de la FCC au moment de l'arrestation.
Me Pillay soutient que son client aurait été battu et aurait subi des blessures suffisamment sérieuses pour nécessiter son admission en clinique.
Il évoque une fracture à la main et une autre au tibia.
Ces affirmations n'ont, à ce stade, pas été établies indépendamment. La police a été sollicitée pour donner sa version des faits, mais aucune réaction officielle n'avait encore été obtenue dimanche.
L'avocat affirme également que Lallmamode aurait soutenu que les stupéfiants retrouvés lors de l'opération auraient été placés sur lui. Là encore, il s'agit de la version rapportée par la défense, qui devra être confrontée aux éléments de l'enquête.
«Muzz» avait vu la FCC la veille
Un autre élément avancé par Me Pillay concerne la chronologie des événements. Selon lui, Lallmamode s'était présenté jeudi 20 août devant les enquêteurs de la FCC, alors que des perquisitions étaient menées dans des propriétés liées à lui à Vallée-des-Prêtres et Coromandel.
Le lendemain, il était arrêté à Grand-Gaube.
L'opération ne concernait pas uniquement Lallmamode. Maheesh Sujore, 26 ans, avait également été interpellé dans le bungalow. Les policiers y auraient découvert 2,6 grammes de cocaïne et 1,48 gramme de méthamphétamine, ainsi que Rs 11 700 et une chaîne de couleur jaune portant un médaillon.
Sujore fait face à une accusation provisoire de Drug Dealing – Possession of Cocaine for the Purpose of Distribution, ainsi qu'à un volet de blanchiment d'argent.
La police s'étant opposée à sa remise en liberté, il a été reconduit en cellule après sa comparution devant le Week-End Court samedi.
Il devra retourner devant la cour de Pamplemousses demain, ce lundi 24 août.
Le volet financier s'élargit
Parallèlement au dossier de drogue, deux enquêtes pour blanchiment d'argent ont été ouvertes en lien avec l'opération. Les quatre véhicules saisis — un Toyota C-HR, une BMW, une Toyota Corolla et une Mazda — ont été remis à la FCC.
L'objectif sera notamment de déterminer leur provenance, leur propriétaire réel et les circonstances de leur acquisition. Les enquêteurs disposent également de deux téléphones Samsung dont le contenu pourrait apporter des éléments sur les relations et transactions examinées.
Lallmamode, de son côté, n'a pas encore livré sa version. Son état de santé empêche pour l'instant son interrogatoire. Aucune date de comparution ne peut donc être arrêtée tant qu'il n'aura pas obtenu sa décharge.
Un ancien dossier revient dans le décor
Par ailleurs, Lallmamode serait dans le viseur des enquêteurs dans un dossier distinct lié à la saisie d’environ Rs 30 millions à Vallée-des-Prêtres en mars 2024.
La FCC chercherait également à établir l’existence d’un lien entre Muzz et Neetish Seebaruth, ancien responsable de BA Exchange, dans le cadre de ses investigations sur un réseau présumé de blanchiment d’argent.
Ces éléments doivent toutefois être maniés avec prudence et ne constituent pas, en eux-mêmes, une preuve d'une quelconque infraction commise par Lallmamode.
Pour l'heure, le dossier avance donc à deux vitesses. Demain, Ti Kavi retrouvera le chemin de la cour de Pamplemousses.
Lallmamode, lui, reste à la clinique, entre les mains des médecins, tandis que son avocat soulève de graves questions sur les conditions de son arrestation.
Les allégations de violences et de manipulation présumée des saisies devront désormais être confrontées à la version des policiers et aux éléments matériels disponibles. La police, sollicitée à ce sujet, n'avait toujours pas fait connaître sa position hier.
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