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Une rentrée chaotique

8 janvier 2006, 00:00

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La politique et le calme ont, semble-t-il, du mal à faire bon ménage. En effet, alors que tout le monde pensait que la classe politique allait pouvoir se payer un peu de repos, une fois les différents scrutins bouclés, voilà que les nuages continuent de s?amonceler. Chez la majorité, de même que chez l?opposition. L?inconfort a également gagné la boulange qui juge insuffisante l?augmentation du prix du pain. Si ce n?est pas encore le chaos, cela lui ressemble.

Le Parti travailliste (PTr), quelque peu perturbé par le différend entre Yatin Varma-Vasant Bunwaree, choisit de laisser le temps au temps. Tandis que le Mouvement socialiste militant (MSM) a enregistré une nouvelle démission.

A son premier point de presse de l?année, tenu plus tôt que prévu, le leader de l?opposition a exprimé son inquiétude concernant une éventuelle révision des procédures d?admission au cycle secondaire. Il renvoie le gouvernement à ses promesses électorales en matière de contrôle de prix et à ses commentaires défavorables contre l?Integrated Resorts Scheme, le parc informatique, entre autres.

Il s?est également fait fort de commenter les récentes augmentations de prix et a souligné le fait que le gouvernement ait modifié le mécanisme de révision de prix de vente des produits pétroliers.

Le MSM qui avait connu une fin d?année mouvementée avec l?expulsion de Vijaya Sumputh suivie de celle d?Anil Gayan, commence 2006 avec la défection de Rajesh Bhowon.

L?ancien député de Vieux-Grand Port-Rose-Belle, qui a rencontré la presse vendredi, n?a pas digéré le fait d?avoir été laissé sur la touche aux dernières élections.

Pour lui donner la réplique, des sympathisants de Pravind Jugnauth sont montés au créneau, moins de 24 heures plus tard. Ils ont dit pis que pendre du démissionnaire.

Même si Rajesh Bhowon nie avec véhémence être frustré pour n?avoir pas obtenu d?investiture en juillet 2005, on sent cependant qu?il en a gros sur le c?ur.

« Etonnant qu?il démissionne maintenant »

«Je n?ai eu aucun clash avec Pravind Jugnauth, mais c?est vrai que j?ai ressenti une certaine amertume, j?ai été taken aback quant à la veille du Nomination Day, et sans la moindre explication, il m?a annoncé que je n?aurais pas de ticket. »

Au Sun Trust Building, on minimise la portée de cette nouvelle démission. « Cela fait plusieurs mois depuis que Bhowon n?assiste plus aux activités du parti et je m?étonne que c?est maintenant qu?il décide de présenter sa démission», commente le président du MSM, Joe Lesjongard.

Le MSM n?est cependant pas le seul actuellement dans la tourmente. Chez les rouges, les choses n?ont guère évolué en ce qui concerne le désaccord entre Vasant Bunwaree et Yatin Varma. On sait que ce dernier avait, lors d?une intervention sur Radio Plus, le 23 décembre, réclamé la démission de son colistier comme ministre du Travail et de l?Emploi en attendant que toute la lumière soit faite sur les ramifications du scandale MCB-NPF. Le nom de Vasant Bunwaree a été cité comme étant un des bénéficiaires des fonds détournés des placements du Fonds national de pension. Le ministre rétorque qu?il n?a rien touché, mais son colistier en fait une question de principe.

Le jour où Yatin Varma avait fait cette déclaration, le Premier ministre et leader du Parti travailliste n?était pas au pays. Il a regagné le pays à la fin de la semaine dernière. En son absence, le député avait été invité à s?expliquer devant le leader adjoint Rashid Beebeejaun.

Rentré cette semaine de vacances en Inde, Yatin Varma attend d?être convoqué par le leader. Entre-temps, personne n?ose en parler. Deux questions adressées au leader du Parti travailliste par l?entremise de son service de relations publiques sont restées sans réponse.

C?est dire que le ciel politique est loin se s?éclaircir.

Le n° 11 à la rescousse de Pravind Jugnauth

C?était tellement prévisible. Pendant un quart d?heure, hier matin, l?exécutif de la Régionale Rose-Belle-Vieux-Grand-Port du Mouvement socialiste militant (MSM) a rencontré la presse au siège du parti, au Sun Trust Building, pour descendre le démissionnaire Rajesh Bhowon, en réaction à ses propos contre son ancien leader. Visiblement, Vinod Rugoonundun, le principal animateur, n?a pas eu le temps d?apprendre sa leçon. Les yeux collés à des pages dactylographiées, il a fait un discours partant dans deux extrêmes. D?un coté l?ancien député du No. 11 et « Private Parliamentary Secretary (PPS) » entre 2000 et 2005 a eu droit à tous les mauvais qualificatifs tandis que, de l?autre, le leader Pravind Jugnauth est encensé.

Du coq à l?âne

Une gorgée d?eau et deux coups d??il rapides à sa montre. L?homme paraît tendu. Est-ce parce que la décision de démissionner a été difficile à prendre où est-ce parce qu?il ne s?est pas encore fixé sur son avenir ? Toujours est-il que l?ancien député Rajesh Bhowon semble être mal dans sa peau lorsqu?il a animé, vendredi matin, son point de presse.

En voulant tout commenter, il saute souvent du coq à l?âne. Il parle à la fois de sa carrière professionnelle, de ses projets dans le domaine éducatif, des travaux d?infrastructures réalisés durant son mandat parlementaire dans la circonscription de Vieux-Grand-Port - Rose-Belle. Il en profite pour remercier la presse d?avoir souligné ses talents « de chanteur, de spirituel et de philosophe ».

Il évoque également sa dernière rencontre avec Pravind Jugnauth, alors que le leader du MSM poussait son chariot à l?aéroport de Heathrow ; du ticket que Sir Anerood Jugnauth lui avait offert en septembre 2000 «sans réclamer un sou». L?ancien député insistera à plusieurs reprises qu?il ne compte nullement se joindre à un autre parti, mais précise qu?il continuera à s?intéresser à la chose politique. Il est d?avis que le gouvernement « pou fer enn travay formidab » et lui souhaite bonne chance. Pour ce qui est du projet de réforme de l?éducation que le nouveau ministre entend retoucher, il soufflera à la fois le chaud et le froid. Il condamne le « rat race du CPE » mais considère que le ministre n?a pas tout à fait tort.

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