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Une planète potentiellement habitable détectée pour la première fois
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Une planète potentiellement habitable détectée pour la première fois
La dernière découverte majeure des chasseurs de planètes situées hors de notre système solaire, annoncée avant-hier, ne ressemble pas encore à la Terre comme deux gouttes d’eau. Mais, pour la première fois, la présence de ce liquide, crucial pour l’apparition de la vie, est rendue plausible par les caractéristiques de ce nouveau monde, qui se rapprochent du nôtre.
Des astronomes suisses, français et portugais ont détecté cet astre à 20,5 années-lumière de la Terre, soit dans le voisinage immédiat de notre système solaire. Leurs mesures, réalisées avec un télescope de l’Observatoire austral européen (ESO) de La Silla, au Chili, ont permis d’estimer la masse minimale de l’exoplanète, équivalente à 5 fois celle de la Terre, et son diamètre, supérieur de 50 % au nôtre.
Ces dimensions laissent penser que l’objet céleste est de type rocheux, couvert d’une surface solide ou liquide, et non gazeux. Ces traits suffiraient déjà à imposer la découverte comme une étape marquante dans la quête d’une planète semblable à la nôtre. Sur les 220 astres détectés en douze ans, dans leur grande majorité des géantes gazeuses comparables à Jupiter ou à Neptune, elle se classe à ce jour comme la plus légère. Mais ce n’est pas tout. Les chercheurs estiment que cette “super-Terre” a des chances de jouir d’une température située entre 0 °C et 40 °C, selon sa capacité, encore inconnue, à refléter la lumière et la vigueur de l’effet de serre qui pourrait y régner. Elle serait ainsi la première exoplanète à se trouver, comme la Terre, dans la “zone d’habitabilité” où des températures clémentes permettent à l’eau de demeurer à l’état liquide.
Cette situation privilégiée ne suffit évidemment pas à garantir l’émergence de la vie sur une planète rocheuse. Mars, par exemple, se situe aux franges de la “zone d’habitabilité” de notre système solaire, mais n’est guère hospitalière. Pour la nouvelle exoplanète, la situation pourrait être encore plus complexe. Elle est 14 fois plus proche de son étoile, Gliese 581, que la Terre l’est du Soleil. S’il était placé à une distance équivalente, notre monde, calciné, n’aurait plus rien d’accueillant.
L’exoplanète est, elle, préservée de ce sort parce que Gliese 581 n’est pas comparable à notre étoile. C’est une naine rouge, beaucoup plus petite, moins chaude et 50 fois moins brillante. Autour de ce type d’étoiles, la “zone d’habitabilité” est donc bien plus proche. Le confort pourrait toutefois y être menacé par la violence des éruptions des naines rouges, réputées colériques. “Mais depuis que nous l’observons, Gliese 581 nous est apparue aussi calme que le Soleil”, dit Xavier Delfosse, cosignataire de l’étude à paraître dans Astronomy and Astrophysics.
L’équipe, menée par le Suisse Michel Mayor, codécouvreur de la première planète extrasolaire, surveille en effet cette étoile depuis qu’elle a repéré à proximité, il y a deux ans, une première exoplanète, de masse proche de celle de Neptune.
La méthode employée par les astronomes ne leur permet pas de voir les planètes mais seulement d’en déduire la présence, en analysant les variations infimes que leur gravité impose au mouvement de leur étoile, et donc à la lumière qu’elle émet.
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