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Une odeur de campagne flotte dans l?air
Des affiches sont collées à travers le pays pour annoncer un meeting travailliste tenu vendredi à Quatre Bornes. L?ambiance, agrémentée de jhals et dholoks, est des plus survoltées. Le même jour, quelques kilomètres plus loin à Vacoas, une salle est placardée d?oriflammes. Le son de la ravanne accueille le leader du MSM. Des décors qui en disent long sur le mood actuel de deux des trois principaux partis politiques, à plus d?un an de l?échéance électorale.
Il n?y a pas à dire, la fin de semaine a été particulièrement fébrile sur le plan politique. Le Parti travailliste et le Mouvement socialiste militant sont en ordre de bataille. Le Mouvement militant mauricien entre en scène fin septembre.
Des banderoles installées vendredi à Quatre-Bornes invitent le gouvernement à céder la place :« Gouvernema ine fané, li bizoin allé. » Au micro, Arvin Boolell le clame : « Nous avons dépassé la logique électorale, nous sommes déjà en campagne électorale. Nous sommes en état de guerre. »
Du côté du MSM, c?est sensiblement le même état d?esprit. Le parti termine, le jeudi 26, une première série de 20 congrès et en prépare d?autres. Même si Pravind Jugnauth prend soin de préciser que le gouvernement a encore plus d?un an avant de rappeler l?électorat aux urnes, Nandho Bodha, avoue que le MSM est « dans une logique de campagne électorale à long terme qui va durer un an ».
Les thèmes sont tout trouvés : industrie sucrière, emploi, pension de vieillesse, unité nationale. Mais c?est la sauce qui diffère.
Alors que Navin Ramgoolam reproche au gouvernement de n?avoir pas vu venir la chute du prix du sucre sur le marché européen, Pravind Jugnauth se congratule d?avoir introduit le Voluntary Retirement Scheme qui permet à l?industrie sucrière d?amortir le choc.
On ergote aussi sur l?approche des uns et des autres sur le terrain ethnique. Ainsi aux yeux d?Arvin Boolell, la majorité est en train de balkaniser la communauté mauricienne. Ce à quoi Pravind Jugnauth réplique que Navin Ramgoolam tient différents langages en fonction du lieu où il se trouve. Le vice-Premier ministre s?en prend à l?opposition pour son « manque de solidarité par rapport à la démarche mauricienne concernant la revendication de la souveraineté sur l?archipel des Chagos » et sur « son double langage » par rapport à Israël.
La pension de vieillesse est l?autre sujet qui accroche chez l?opposition en cette période d?échauffement électoral. La plupart de ceux qui ont pris la parole vendredi à Quatre-Bornes y voient un début du démantèlement de l?Etat providence. La majorité, le ministre des Finances en particulier, sait qu?un tel thème est susceptible de faire du mal. Pravind Jugnauth et ses principaux lieutenants s?évertuent donc à dissiper toute crainte chez ceux qui sont au bas de l?échelle sociale.
A Quatre Bornes et à Vacoas, il était aussi question du textile et de l?emploi. L?opposition blâme le gouvernement pour n?avoir pas su demander à temps une dérogation au Third Country Fabric dans le cadre de l?Agoa, tandis que le gouvernement lui reproche de n?avoir pas donné à l?industrie textile les moyens d?affronter le démantèlement de l?accord multifibre.
Alors que le MSM et le Parti travailliste en sont déjà au stade du warming up, le Mouvement militant mauricien se prépare à entrer en scène fin septembre. Un comité présidé par Jayen Cuttaree planche depuis quelques semaines sur la célébration du 35e anniversaire du parti.
A observer l?agitation qui gagne les états-majors politiques, on sait que les man?uvres préélectorales ont déjà commencé?
« Nous avons dépassé la logique électorale. Nous sommes déjà en campagne. Nous sommes en état de guerre. »
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