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Une mauvaise étude de marché, principale raison de l?échec des nouvelles sociétés
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Une mauvaise étude de marché, principale raison de l?échec des nouvelles sociétés
L?augmentation du taux de mortalité des entreprises devient un sujet de plus en plus préoccupant. Pour diverses raisons, bon nombre d?entreprises mauriciennes mettent la clé sous le paillasson, particulièrement durant leur période de grande «vulnérabilité». Les experts en entrepreneuriat estiment que, bien qu?une entreprise demeure plus ou moins vulnérable durant toute son existence, les cinq premières années sont, pour le jeune entrepreneur, les plus éprouvantes.
Lors du séminaire sur l?innovation qui s?est tenu hier à l?université de Maurice, Arjoon Suddhoo, directeur exécutif du Mauritius Research Council, n?a pas occulté ce problème, même s?il est tout à fait normal de s?y attendre: «Nous devons nous attendre à quelques cas d?échecs», a-t-il précisé.
En règle générale, même dans les pays développés, plus de la moitié des entreprises nouvellement créées n?arrivent pas à franchir le cap des cinq ans. En France, en 2005, le ministère des Petites et moyennes entreprises (PME) a évalué à 52 %, le taux d?échec économique de ces entreprises durant 2004. Malheureusement, ici, les chiffres du Bureau central des statistiques ne nous donnent pas assez d?indications sur l?âge des entreprises mauriciennes qui déposent leur bilan.
Cependant, l?année 2006 a été particulièrement désastreuse pour certaines entreprises dans le secteur de la zone franche. Précisément, 81 entreprises ont périclité, pour des raisons diverses, sur un total de 506, soit un taux d?échec pour la zone franche de 16 % en une seule année?
Heureusement, presque autant d?entreprises naissent chaque année, ce qui atténue l?ampleur de la situation. Mais dans la réalité, plusieurs jeunes entrepreneurs mauriciens ont été obligés d?admettre, à un certain moment, que les affaires vont vraiment mal et qu?il faut se résoudre à baisser le rideau afin d?arrêter l?hémorragie.
Bon nombre d?entre eux n?ont pas souhaité parler de leur malheureuse expérience, surtout pour des raisons émotionnelles. Mais il ressort des témoignages que nous avons quand même pu recueillir qu?une mauvaise étude de marché, dans la plupart des cas, est la principale raison à ces échecs.
F.L., qui a créé une entreprise de location de matériel de sonorisation, se dit déçu : «Je me suis accroché à cette entreprise pendant dix ans, me disant chaque fois que l?année suivante sera la bonne. C?était toute ma vie. Je me suis rendu compte que le marché était trop restreint pour un nombre important de compétiteurs. Les concurrents ont très tôt laissé tomber les principes de loyauté. Certains ont décidé d?opérer à perte en cassant les prix à tel point que je me demande encore comment ils s?arrangent pour couvrir leurs charges», explique, avec beaucoup d?amertume, ce jeune entrepreneur. «Je crois que dans un autre secteur, j?aurais pu réussir, compte tenu de ma combativité. J?ai commis l?erreur d?avoir surévalué le marché.»
«Plus de parents que de compétences»</B>
Pour Hans Bacorisen, de l?entreprise Shui Ltée, le manque de soutien financier a été à la base de sa faillite. Spécialisée dans la restauration, son entreprise a connu des jours difficiles. «L?entreprise dont je suis devenu le propriétaire, suite à une reprise, a été créée trois ans auparavant. Cela semblait pourtant bien marcher, quand je l?ai prise en main en juin dernier. Après quelques semaines, je me suis rendu à l?évidence : le fonds de roulement manquait.»
Face à cette situation, le jeune entrepreneur s?était tourné vers les institutions financières pour un emprunt bancaire. «La lenteur des banques à réagir à mes sollicitations financières n?a pas arrangé les choses. La situation s?était déjà beaucoup dégradée. J?avais une vingtaine d?employés à payer, tandis que les clients devenaient rares, compte tenu de la dépréciation du pouvoir d?achat. En décembre dernier, j?ai dû me résoudre à fermer, après six mois d?activité, ne pouvant plus tenir. La situation financière des Mauriciens s?est dépréciée. Maintenant, je me suis orienté vers le service traiteur, en attendant de trouver un meilleur emplacement pour mon restaurant. Je ne vais pas baisser les bras», explique, résolu, Hans Bacorisen.
Les problèmes de gestion des ressources humaines expliquent certains déboires, comme le confie, O.V., qui avait créé une entreprise de confection de vêtements pour l?exportation. Selon cet entrepreneur, l?absentéisme, les vols et une productivité faible ont empêché son entreprise d?honorer ses engagements vis-à-vis de la clientèle, dans un environnement concurrentiel exacerbé. «En créant mon entreprise, j?ai commis l?erreur de recruter plus de parents que de personnes vraiment compétentes. Je l?ai compris trop tard à mes dépens», regrette O.V.
Heureusement, de très nombreux cas de réussites entrepreneuriales peuvent aussi être cités. Le conseil d?experts pour la réalisation d?un bon plan d?affaires limite le nombre de cas d?échecs.
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