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Une famille perd son terrain après 20 ans de procès
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Une famille perd son terrain après 20 ans de procès
Il aura fallu plus de 20 ans à Dewah Hurkoo pour en finir avec les poursuites judiciaires intentées contre lui. Mais le dénouement est à son désavantage. Agé de 55 ans, cet habitant de Pailles doit désormais se plier au jugement final rendu par la Cour suprême le 19 octobre. Sa famille et lui, qui résident sur un terrain d?un arpent à Velvindron Road, Pailles, devront quitter leurs demeures et le site dans les délais qui leur sont impartis. Récit d?un calvaire judiciaire et familial?
Le terrain tant convoité, explique Dewah, appartenait initialement à Elvina Akonene Ohis. Elle en avait fait don à son époux, Armand Ohis et à leurs huit enfants. En 1962, le père de Dewah, Sahadev Hurkoo, achète une portion de terre à Armandine Ohis, pour la somme symbolique de Rs 500. Un document manuscrit, affirme Dewah, en atteste. Ce que conteste Velvindron. «Mes parents avaient dû défricher tout le terrain afin de pouvoir en connaître la taille précise», explique Dewah. Les relevés indiquent qu?ils ont fait l?acquisition d?un arpent de terrain.
Anallon Velvindron, qui a acheté la majorité des «undivided rights» des héritiers Ohis, intente, en 1973, un procès contre Sahadev Hurkoo pour demander l?annulation du contrat. Cette requête sera toutefois rejetée un an plus tard par la cour intermédiaire. «Le terrain acheté par mon père se trouve en plein milieu du sien. C?est pour cette raison qu?il a tenté, à plusieurs reprises, de le récupérer», relate Dewah.
Cette première victoire est cependant loin d?annoncer la fin du calvaire. Fort de cette décision de la cour, Dewah Hurkoo, père de trois enfants, utilise la grande superficie de sa propriété pour y planter des légumes et des fruits. «Cette activité m?a permis de gagner suffisamment ma vie pendant un moment et de faire des économies», explique t-il.
Neuf ans plus tard, Dewah Hurkoo décide de faire construire une maison en béton à quelques mètres de son actuel domicile en tôle. «Outre cette activité, j?ai dû multiplier les petits boulots afin de pouvoir nous offrir, à ma femme et à moi, une nouvelle maison», explique-t-il d?un ton grave.
Les travaux débutent mais doivent être arrêtés peu après. Ce, à cause d?une nouvelle procédure judiciaire entamée en 1993 pour tenter, une fois de plus, de le déloger, ainsi que toute sa famille. «Cette épreuve nous a été très pénible. J?avais entrepris toutes les démarches nécessaires auprès du district council et auprès des autorités concernées avant de commencer les travaux de construction. J?ai été obligé de tout arrêter.» Quelques briques, des barres de métal ainsi qu?une grande quantité de gravier jonchent encore le sol dans un coin de la cour. Cette nouvelle procédure judiciaire sera renvoyée à de multiples reprises avant d?être prise sur le fond. Le jugement, rendu en 2003 donne, après de nombreuses années de procédures judiciaires, finalement raison à Velvindron au grand dam de la famille Hurkoo. Selon les dires de Dewah, il aurait perdu son procès à cause du départ inopiné de son homme de loi pour l?étranger au moment où l?affaire a été prise sur le fond. «Il est parti sans prévenir. Je ne comprends toujours pas comment il a pu me faire ça.» Il fait immédiatement appel mais est une fois de plus débouté en Cour suprême.
Difficultés financières
Outre les difficultés financières rencontrées par la famille Hurkoo, cette longue bataille juridique, estime Dewah, a également eu des conséquences sur la santé des membres de sa famille. Assise dans un coin de la pièce où son mari Dewah a reçu l?express, Newenty, explique qu?une de ses belles-s?urs a eu un malaise cardiaque en apprenant qu?elle devrait finalement quitter sa maison. «Cela fait maintenant 31 ans que je vis ici avec mon époux. Il nous sera impossible de nous acheter une nouvelle maison à notre âge», fait-t-elle ressortir, d?une voix fébrile. Elle et son époux multiplient depuis, les démarches pour obtenir des emprunts, en vain. L?un de ses deux fils, qui vit sur ce terrain, se trouve également dans l?impossibilité de trouver un autre logement pour sa petite famille. «Nous ne savons plus quoi faire. Cela fait de nombreuses années maintenant que nous souffrons de cette situation», déplore-t-elle
Dewah Hurkoo peine quant à lui à dissimuler son désarroi. «Je ne comprends toujours pas ce qui a bien pu se produire. Ma famille a acquis ce terrain en toute légalité et on veut nous en expulser.» En attendant de trouver une autre maison où s?installer, Dewah Hurkoo cumule les petits boulots pour tenter de se sortir de cette situation précaire. Gardien la nuit et marchand ambulant le jour, il espère encore pouvoir permettre à sa famille de continuer à vivre en toute dignité.
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