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Une excuse commode
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Le Premier ministre a joué dans le registre de l?humour noir, hier au Parlement, pour répondre aux critiques de l?opposition à propos des événements de mercredi dernier. «Comment décide-t-on de fermer les écoles ? On ouvre la fenêtre et si on voit qu?il pleut on décide de fermer les écoles ?» a-t-il lancé pour justifier la lenteur des réactions officielles après le passage de la perturbation ex-Lola. Celle-ci a provoqué, rappelons-le, la mort de quatre personnes, dont une jeune fille de 13 ans.
Le Premier ministre n?avait qu?à consulter la station de Vacoas s?il voulait des renseignements pouvant l?aider à prendre une décision informée. Les prévisionnistes lui auraient dit que la situation allait se dégrader même si, techniquement, ils ne pouvaient pas émettre, durant la matinée, un avis de pluies torrentielles. Comme rien n?oblige le gouvernement à attendre l?alerte de la météo pour décréter la fermeture des écoles, ce dernier aurait alors agi en vertu du principe de précaution. Les fonctionnaires sont tenus d?appliquer machinalement des protocoles, les dirigeants, eux, doivent anticiper les risques et agir en conséquence.
Ensuite, il y a cette fâcheuse tendance à attribuer au réchauffement climatique des phénomènes qui n?ont rien à voir avec ce facteur. Hier encore, le Premier ministre est revenu sur le fait que le changement climatique provoque des situations imprévisibles et extrêmes en cherchant à le lier aux événements de mercredi.
Il a bon dos le changement climatique ! Ce n?est pas, toutefois, une excuse propre aux dirigeants mauriciens. Il y a eu des inondations désastreuses en Grande-Bretagne l?année dernière et ses dirigeants avaient invoqué le changement climatique pour expliquer les conséquences dramatiques des pluies diluviennes qui s'étaient abattues sur leur pays. Or, une étude scientifique, publiée le mois dernier vient affirmer que le réchauffement climatique n?est pas en cause. «The UK's summer floods of 2007 were a freak event unrelated to global climate change, according to a report from the Centre for Ecology and Hydrology (CEH)?The lack of adequate warnings and the importance of moving building programmes away from floodplains in the future were highlighted?» peut-on lire dans un article intitulé «2007 floods- no link to climate» et consultable sur le site de la BBC.
Certes le réchauffement climatique est en train de changer l'environnement planétaire ? de manière plus marquée aux latitudes polaires qu'aux tropiques ? mais il ne saurait être une excuse pour justifier des faiblesses en termes de planification et de prévision.
Si nous n?avons pas un plan de gestion pour les zones exposées à un risque d'inondation, si les zones humides naturelles sont envahies par le béton, si le système d?évacuation d?eau de certains réservoirs fonctionne mal, si les drains sont bouchés par la faute de citoyens inconscients, il ne faut pas chercher loin pour trouver les causes de nos déboires. En fait le dérèglement n?est pas climatique. Il est ailleurs.
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