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Une erreur de 40 ans

20 mars 2008, 20:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

C?est le plus grand paradoxe de l?histoire politique. Tous les partis se disent en faveur d?une réforme électorale mais ils se contentent de discours incantatoires. Ils n?osent pas passer aux actes. Chacune des principales formations politiques du pays a eu l?occasion de changer le mode de scrutin mais nos élus sont toujours désignés selon un mode conçu il y a 40 ans.

Navin Ramgoolam ayant réitéré son engagement d?introduire la représentation proportionnelle, on peut prévoir que la question occupera, de nouveau, le devant de la scène politique. Avec la rentrée parlementaire de mardi prochain, les uns et les autres seront amenés à préciser leurs positions. Peut-on espérer aboutir, cette fois, à un résultat concret ?

En fait, cela fait longtemps que le débat sur le système électoral a démarré. Les premières propositions en faveur de la représentation proportionnelle remontent à 1956. Contrairement à une idée assez répandue, le rapport Banwell de 1966, lui, ne proposait pas la proportionnelle.

Dans son exposé sur «Les communautés depuis Labourdonnais et le système électoral» Paul Bérenger raconte la première tentative d?introduire la proportionnelle à Maurice : «En 1956, en même temps qu?était accordé le suffrage universel, Londres tenta d?imposer un système électoral à la proportionnelle très compliqué dans le but, dirent les autorités britanniques, de permettre à toutes les communautés d?être représentées au Parlement.» Le Parti mauricien de Jules Koenig accepte la proposition mais pas le PTr de Seewoosagur Ramgoolam. Le projet est abandonné.

L?année suivante, le gouvernement colonial réunit les principaux dirigeants politiques et parvient à faire signer un «London Agreement» qui jette les bases du nouveau système électoral. Il échut à sir Malcolm Trustam Eve d?en établir les modalités. Son rapport est approuvé par le conseil exécutif en 1958. Il recommande un système électoral de 40 circonscriptions élisant chacune un député et donne le pouvoir au gouverneur de nommer jusqu?à 12 députés représentant «those who had no chance of obtaining representation through election». Les élections de 1959 et de 1963 sont organisées suivant ce système.

Le débat est rouvert en septembre 1965 à la conférence constitutionnelle qui se tient à Lancaster House. Le Secrétaire aux Colonies, Anthony Greenwood, qui préside la conférence, finit par annoncer qu?aucun accord n?a pu être dégagé concernant le système électoral. Il nomme alors sir Harold Banwell pour poursuivre les discussions. Celui-ci propose 20 circonscriptions de trois députés chacune et la nomination de quelques députés «correctifs». Son rapport est vivement contesté par le PTr.

C?est Stonehouse qui recommande, en 1967, la formule qui est retenue jusqu?à nos jours. 62 députés sont élus selon le «First Past The Post» et des «best losers» sont désignés pour rétablir l?équilibre communal. Comme on le voit, la genèse de ce modèle a été douloureuse. Il est forcément imparfait. Aujourd?hui, ses faiblesses sont connues mais il perdure néanmoins.

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