Publicité
Une enquête judiciaire s?ouvre sur l?affaire Bassin-Blanc
Par
Partager cet article
Une enquête judiciaire s?ouvre sur l?affaire Bassin-Blanc
Se sont-ils suicidé ou ont-ils été assassinés ? Tagoresing Sandoram et Anshi Ittoo, les deux amants dont les cadavres ont été repêchés en 2002 au fond de Bassin-Blanc, livreront peut-être leur secret.
L?ouverture prochaine d?une enquête judiciaire au tribunal de Souillac permettra de voir plus clair dans cette affaire. Cette enquête a été réclamée par le Directeur des poursuites publiques (DPP). En effet, lorsque le DPP trouve que la police n?a pas récolté assez de preuves dans une affaire, qu?il n?y a pas de suspect, il peut la confier à la cour. Celle-ci dispose de davantage de moyens pour recueillir les éléments. Le dossier qui était aux Casernes centrales a ainsi été envoyé à la cour de Souillac. Il incombera au magistrat de cette instance judiciaire d?ouvrir l?enquête, d?entendre et d?interroger des témoins dont la liste lui sera soumise par la police.
Après avoir bouclé son enquête judiciaire, le magistrat donnera ses conclusions au DPP, qui ne seront pas rendues publiques, à la différence d?une enquête préliminaire. Le dossier complet sera également expédié au DPP. Ce dernier jugera s?il y a matière à ce que la police poursuive son enquête, notamment en procédant à des arrestations ou des interrogatoires.
Le ruling du magistrat peut conclure qu?il y a bel et bien eu suicide. Mais il peut également, à la lumière des éléments nouveaux et de faits qui n?ont pas été pris en considération lors de l?enquête, statuer qu?il y a eu assassinat.
Lors de la campagne électorale, cette affaire avait pris une tournure politique. Navin Ramgoolam, aujourd?hui Premier ministre, avait promis de faire toute la lumière dessus à cause de données déroutantes. Aucun nom de suspect n?avait été mentionné sur les estrades publiques. Mais, de sources policières, on laisse entendre que l?entourage d?une famille de politiciens très connus pourrait être convoqué et interrogé lors de l?enquête judiciaire.
Le 5 août, la police a émis un communiqué dans lequel elle promet une récompense de Rs 300 000 à toute personne qui aidera les enquêteurs à faire la lumière sur ce drame. La police compte ainsi obtenir des informations discrètes de première main pour orienter son enquête vers la bonne direction.
Un homme d?une trentaine d?années, en instance de divorce, a mis les enquêteurs sur une mauvaise piste en début de semaine. Il a tout simplement déclaré que son épouse dispose d?informations troublantes sur cette affaire. Après vérification, les policiers ont constaté que c?était un canular. L?homme a été arrêté pour avoir induit la police en erreur et détourné le cours d?une enquête. Il a été relâché sous caution hier.
Éléments troublants
L?affaire Bassin-Blanc demeure un mystère. Les cadavres des deux victimes avaient été découverts le 11 novembre 2002 au fond du cratère après plusieurs jours de recherches. Les enquêteurs avaient conclu à un double suicide.
Mais les proches des défunts ont rejeté cette conclusion en raison de plusieurs éléments troublants. Ils se sont appuyés sur le rapport du médecin légiste Satish Boolell. Dans son rapport, il a précisé que la cause du décès est attribuée à une hémorragie cérébrale. Il a également décelé d?importants hématomes au niveau du scalp et sur les corps. Les familles, ainsi qu?un médecin proche des Sandoram qui avait assisté à cette autopsie, estiment qu?il y a bel et bien eu crime.
Par ailleurs, d?autres éléments déroutants se sont ajoutés au dossier. Le gardien d?une chasse avait indiqué, à travers la presse, que ce jour-là, il avait vu plusieurs hommes en cagoule et armés poursuivre un véhicule. A bord, se trouvait un couple qui semblait en détresse.
La voiture où étaient les deux victimes, une Toyota Land Cruiser, appartenait quelques semaines auparavant à Kishan Hazareesingh, un proche de Tagoresing Sandoram. Kishan Hazareesingh est inculpé dans l?agression à l?acide du Dr Krishan Malhotra, ex-directeur de la clinique Med Point. Il est également le gendre de Sir Anerood et Lady Sarojini Jugnauth.
Les enquêteurs avancent l?hypothèse qu?en voulant s?attaquer à Kishan Hazareesingh, les agresseurs se seraient trompés de personne, dans la mesure où la Toyota Land Cruiser était conduite par Tagoresing Sandoram.
Publicité
Publicité
Les plus récents