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Jour J pour le Budget 2026-2027
Navin Ramgoolam à «l’express» : «Je ne suis pas à la recherche d’une popularité immédiate ou électorale (…) je prépare l’avenir»
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Jour J pour le Budget 2026-2027
Navin Ramgoolam à «l’express» : «Je ne suis pas à la recherche d’une popularité immédiate ou électorale (…) je prépare l’avenir»
Depuis lundi, on travaille jusqu’à l’aube au bâtiment du Trésor. Le Premier ministre et son équipe sont au bureau jusqu’à cinq heures du matin depuis quatre jours. Resserrement des dépenses, suppression du superflu, révision de certains aspects du système de pensions (y compris celui des politiciens), devenu financièrement insoutenable, soutien aux plus vulnérables sans sacrifier les classes moyennes, accélération de la transition écologique, stimulation de la croissance et de la production locale, mais surtout réduction du déficit budgétaire afin de le ramener à des niveaux acceptables tout comme d’autres indicateurs macroéconomiques : tels sont les principaux exercices de fine tuning auxquels se livrent Navin Ramgoolam et ses principaux conseillers.
«L’éditorial de l’express de ce matin (NdlR, hier) a vu juste. Je ne prépare pas un budget populaire. Je l’ai dit à certains ministres, qui ne sont d’ailleurs pas satisfaits de mon approche», nous a déclaré hier après-midi Navin Ramgoolam alors qu’il mettait la dernière main à son discours du Budget 2026-2027, un discours qu’il souhaiterait moins long, idéalement inférieur à 90 minutes.
Le Premier ministre a particulièrement apprécié ce passage de l’éditorial sur La véritable mesure du courage, nous a-t-il confié : «Le courage politique consiste finalement à préférer l’intérêt du pays à l’horizon de la prochaine élection. À gouverner pour les générations futures plutôt que pour les sondages du lendemain. C’est à cette aune que sera jugé ce Budget. Non sur l’ampleur des cadeaux annoncés, mais sur sa capacité à remettre Maurice sur une trajectoire soutenable, juste et créatrice de richesse. La véritable mesure du courage politique n’est pas de promettre davantage. C’est d’oser préparer l’avenir lorsque le présent réclame toujours plus.»
Le Premier ministre a ajouté : «C’est dans cet état d’esprit que je finalise le Budget 2026-2027. Certains ne seront pas contents, mais je ne veux pas hypothéquer l’avenir des générations futures. C’est pour cela que j’ai conservé le portefeuille des Finances afin de prendre et d’assumer les décisions difficiles.»
Sans entrer dans les détails, Navin Ramgoolam a laissé entendre que le déficit budgétaire devait être réduit. «Lorsque j’ai quitté le pouvoir en 2000, la dette publique se situait sous la barre des 60 % du PIB, conformément aux critères européens. D’ailleurs, sir Alan Walters, économiste monétariste britannique influent et ancien conseiller économique personnel de Margaret Thatcher, me disait qu’on ne pourrait jamais m’accuser d’avoir mal géré l’économie. Je lui répondais malheureusement qu’à Maurice, tout le monde ne raisonne pas selon les mêmes critères économiques.»
Au bureau du Premier ministre, le rapport des experts sur la question des pensions a été épluché afin d’apporter certaines nuances au changement drastique annoncé l’an dernier. Le gouvernement ne compte pas revoir entièrement sa copie, mais entend apporter des amendements en fonction des recommandations formulées par les experts et des retours obtenus lors des consultations.
La question de l’exemplarité des élus a également fait l’objet d’âpres débats, et le cri de la rue n’a pas été ignoré. Selon l’un des conseillers du Premier ministre, «les finances publiques révisées mettent en lumière un déséquilibre de fond : la redistribution a progressé plus vite que la création de valeur. À terme, ce décalage se traduit par davantage de dette et moins de marges de manœuvre budgétaires».
Il sera également question de justice fiscale et de tendre vers une société où la fiscalité repose moins sur la consommation. Une attention particulière sera accordée aux revendications de la classe moyenne – ou des classes moyennes – même s’il est évident que tout ne pourra pas être financé, d’où le recours à un certain ciblage.
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