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Une demi-mesure

28 avril 2006, 00:00

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Le transport gratuit ne le sera plus tout à fait. C?est un commencement de retour au bon sens. Mais gardons-nous d?applaudir trop vite ce désir du Parti travailliste de se reprendre après les extravagances populistes de son début de mandat. Si elle sera moins onéreuse pour les finances de l?Etat, la nouvelle version du transport gratuit obligera néanmoins à mettre en place un mécanisme très lourd pour son application.

Des modalités plus contrariantes sont élaborées pour l?aide au transport. De nouveaux contrôles seront exercés. Le tout pourrait très bien résulter en une nouvelle cacophonie conduisant le gouvernement à revoir une fois de plus sa formule. On peut déjà prévoir le cafouillage administratif qu?entraînera la vérification par la NTA de la présence quotidienne de chaque élève à l?école.

Dès le départ, la gratuité du transport pour diverses catégories de passagers a été, tant pour des raisons administratives qu?économiques, un contresens. Elle est impraticable. C?est une mesure qui a permis au PTr de réaliser des scores électoraux remarquables et contribué à l?écroulement, puis à l?éclatement, de l?alliance MMM-MSM mais elle aura des effets collatéraux importants sur les finances publiques. Le financement de cette mesure aberrante coûte tout de même Rs 650 millions aux contribuables.

Une politique généreuse de l?Etat n?est durable que si les conditions d?une économie prospère existent. Ce n?est certainement pas le cas en ce moment avec les gros nuages à l?horizon. Plutôt que de revêtir les habits de Père Noël, le gouvernement devrait plutôt penser à des actions favorisant l?investissement productif, créateur de richesses et d?emplois.

Tous les experts le disent. Le professeur Nicolas Barr de la London School of Economics, lui-même spécialiste du Welfare State affirmait lors de sa récente visite à Maurice que ?dans son intervention en faveur des pauvres, l?État doit adopter une démarche rationnelle basée sur les principes d?efficience économique?. De même, le secrétaire général de la Chambre de commerce et d?industrie, Mahmood Cheeroo, juge que la politique ?qui consiste à étendre l?État providence indépendamment de notre capacité à le financer doit être revue?. Il rejoint l?économiste Percy Mistry qui faisait ressortir que ?le pays se paye son système social non pas à travers les revenus mais à travers les emprunts.?

Après la remise en question du transport gratuit, il va falloir tôt ou tard revoir l?autre décision maladroite prise au début de l?alternance. La réintroduction de la pension universelle a été une erreur. Le Plan national de pension va à la faillite. Pour le sauver l?ancien gouvernement avait opté pour le ciblage de cette aide sociale. Le nouveau pouvoir a annulé cette mesure qui constituait la première étape d?une réforme en profondeur. Pour garantir le paiement de la pension de vieillesse aux personnes démunies, il n?y a pas d?autre choix que d?en limiter le nombre de bénéficiaires. Or, c?est justement le contraire qu?a fait le PTr en octroyant la pension à tous, aux pauvres comme aux très riches.

Une gestion prudente des finances publiques est plus que jamais nécessaire. La dette colossale du pays et le niveau effarant des déficits publics s?ajoutent au triple choc extérieur qui s?abat sur nous. S?il y a des choix douloureux à faire, allons-y à fond plutôt que de recourir à des demi-mesures. Sinon le train du progrès nous laissera sur le quai. Comme les autobus ?gratuits? qui laissent les passagers aux ?bus stop?.

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