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Affaire Li Hai

Pékin sollicite officiellement Maurice

17 septembre 2026, 16:00

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Pékin sollicite officiellement Maurice

Photo d'archive.

L’affaire Li Hai franchit un nouveau cap, cette fois sur le terrain de la coopération judiciaire entre Maurice et la Chine. Une demande officielle d’entraide judiciaire formulée par les autorités chinoises est désormais mise en œuvre à Maurice, dans le cadre des procédures engagées contre le ressortissant chinois.

Au cœur de cette démarche : l’exécution d’une décision de justice chinoise devenue définitive et les accusations formulées par les auto- rités de Pékin à l’encontre de Li Hai. Selon les documents judiciaires transmis aux autorités mauriciennes, celui-ci aurait délibérément refusé de se conformer à une décision de justice alors qu’il disposait, selon la partie chinoise, des moyens financiers nécessaires pour satisfaire aux obligations qui lui avaient été imposées.

Les documents font également état d’allégations beaucoup plus lourdes. Li Hai aurait, selon les autorités chinoises, transféré et dissimulé des avoirs au moyen de structures offshore, compliquant ainsi les tentatives d’exécution de la décision judiciaire. Plusieurs recours auraient été introduits devant les juridictions chinoises pour contester les mesures prises à son encontre. Ils auraient tous été rejetés.

C’est désormais à Maurice que certaines conséquences de cette procédure se jouent. Les autorités mauriciennes ont formellement accepté de donner suite à la demande chinoise et appliquent les mécanismes prévus par les accords bilatéraux d’entraide judiciaire et d’extradition entre les deux pays.

Concrètement, les mesures de conservation des avoirs concernés se poursuivent. Des restrictions empêchent également Li Hai de quitter le territoire mauricien pendant que les procédures suivent leur cours.

L’enjeu est considérable pour la coopération judiciaire entre Port-Louis et Pékin. Il ne s’agit plus seulement d’une décision rendue en Chine ou d’un contentieux opposant un particulier à des créanciers. Les autorités d’un État demandent désormais à un autre État de contribuer, sur son propre territoire, à l’efficacité de procédures judiciaires engagées dans le premier.

Cette coopération intervient alors que Li Hai fait également l’objet, à Maurice, d’une enquête de la Financial Crimes Commission. Les deux volets ne doivent toutefois pas être confondus : la procédure chinoise relève de la coopération judiciaire internationale, tandis que l’enquête mauricienne suit son propre chemin.

Une audience consacrée au maintien du gel des avoirs était fixée au 11 septembre. Elle constitue une étape importante pour déterminer si les mesures de conservation doivent rester en vigueur pendant la poursuite de la coopération entre les deux juridictions.

Pour les autorités impliquées, le principe est clair : les frontières ne doivent pas devenir un écran entre une décision de justice et son exécution. Mais cette coopération doit également composer avec une autre exigence, tout aussi fondamentale : le respect des droits de la défense et de la présomption d’innocence de Li Hai, qui conteste les accusations portées contre lui.

À travers ce dossier, c’est donc un test concret de la coopération judiciaire sino-mauricienne qui se dessine.

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