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Une collégienne à la conquête des States

18 février 2008, 00:00

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Elle a l?air fragile comme ça. Mais dès qu?elle parle, vous n?en croirez pas vos oreilles. A 16 ans, la jeune demoiselle s?exprime avec une déconcertante aisance. Et pas sur n?importe quel sujet : sur l?économie et la finance internationale.

C?est, entre autres, pour cela qu?elle a été choisie par son collège - Le collège Lorette de Rose-Hill- pour représenter Maurice à la Global Young Leaders Conference (GYLC) qui commence en juin. Le GYLC est un programme de développement qui rassemble les meilleurs étudiants venant du monde entier et âgés de 16 à 18 ans. Le but étant de développer chez eux des capacités de leader. Les élèves ont l?opportunité d?échanger leurs idées avec les plus grands hommes d?affaires, lobbyistes, journalistes, diplomates et intellectuels du monde. Elle se tient en Europe et aux Etats-Unis. Zahrah, elle, a choisi de s?envoler vers les Etats-Unis.

Les participants sont choisis selon deux critères : leur performance scolaire et leur capacité de leadership. Ce n?est effectivement pas ce qui fait défaut à Zahrah. Elle arrive première dans quasiment toutes les matières, et ce, année après année.

Concernant ses qualités de leader, outre d?être innées, elle les développe en ayant de multiples activités? Zahrah sait relever la tête de ses bouquins quand il le faut. Pour participer à des pièces de théâtre, faire du lancer de disque, du badminton, de la natation, du volontariat ? elle participe à l?organisation des sorties scolaires pour un orphelinat à Port-Louis. «Je me sens mieux dans ma peau quand je passe du temps avec ces enfants. Ils n?ont pas les mêmes privilèges que moi. Je ne veux pas être centrée sur moi-même. Ce n?est pas comme cela que je perçois un leader.»

«Dix-huit années de travail, ce n?est pas beaucoup. Le temps passe vite et on ne peut revenir en arrière. Travailler va nous épargner bien des regrets.»</I>

Comment elle y arrive ? Aucun secret : «Le travail constant, énormément de recherche. Il ne faut pas s?attendre à être nourrie à la cuillère. Il faut beaucoup de travail personnel.» S?agissant de son aptitude à débattre de sujets pour le moins compliqués, Zahrah bouquine énormément : romans, mais surtout des maga- zines, tels que The Economist, Newsweek, ou Time. Ayant une faim insatiable pour ce qui est connaissance générale. De plus, elle se sent «naturellement plus attirée par l?argumentatif que par le narratif. J?aime discuter, arriver à des conclusions basées sur des faits, analyser les deux côtés de la médaille».

Apprendre, c?est sa passion. Réussir, c?est son but. De sorte qu?elle puisse subvenir aux besoins de ses parents plus tard. Et oui, pas ingrate pour un sou, elle remercie son père Faisal Ismaël et sa maman, Sarah Foondun. Cette enfant unique est heureuse de ne pas les avoir déçus. Grâce à ses six unités pour ses examens au School Certificate. «Quand j?ai vu la joie dans leurs yeux, j?ai pleuré,» raconte-t-elle, émue. Et de poursuivre. «C?est grâce à leur amour et à leur soutien de tous les jours que je suis devenue ce que je suis.»

«Grâce à eux, et grâce à Dieu.» Zahrah se dit pratiquante et profondément croyante. Si elle est une bosseuse invétérée, elle est convaincue qu?elle n?aurait pas pu réussir sans l?aide de Dieu. Voilà pourquoi elle prie tous les jours pour que ses efforts soient récompensés. L?objet de ses prières dernièrement : «être lauréate dans deux ans.»

Pour en revenir au GYLC, Zahrah a choisi de partir aux Etats-Unis plutôt qu?en Europe. Là-bas, elle aura l?occasion de partir pour Washington. Pour y rencontrer les membres du gouvernement de George Bush. Elle ira aussi à New York City, où elle pourra en savoir plus sur la finance et le commerce international. Elle s?en émerveille à l?avance. Elle participera également à la simulation d?un sommet des Nations unies. De plus, elle pourra rencontrer les meilleurs élèves venant de plus de cent pays. A la fin de la conférence, un prix lui sera décerné. Celui du GYLC Youth Leadership Award.

Un conseil à ceux qui sont de son âge : «Travailler dur. Dix-huit années de travail, ce n?est pas beaucoup. Nous récoltons ce que nous semons. Le temps passe vite et on ne peut revenir en arrière. Travailler va nous épargner bien des regrets.»

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