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Une chirurgie à ne pas prendre à la légère
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Une chirurgie à ne pas prendre à la légère
par Premila DOSORUTH
Ayesha Budia Molika a voulu affiner sa silhouette. Pour se sentir mieux dans sa peau ou pour être conforme au diktat de la mode. Elle a, alors, recours à une liposuccion. Toujours est-il qu?elle est morte peu de temps après cette intervention. Ses parents imputent le décès à la liposuccion alors que cette thèse est rejetée par les autorités médicales concernées.
Nombreuses sont les femmes comme Ayesha qui aspirent à perdre quelques centimètres de tour de cuisse ou pour faire disparaître cette culotte de cheval si tenace. Et lorgnent ainsi vers la chirurgie esthétique après moult régimes infructueux ou tout simplement par facilité. Comment ne pas être tenté d?être débarrassé de trois litres de graisse à coups de quelques mouvements de canule ? Si la liposuccion est apparue dans les années 70 et est devenue aujourd?hui l?intervention la plus pratiquée en France, elle est entrée, aujourd?hui, dans les m?urs mauriciennes et devient, aux dires des médecins, un phénomène de mode. «Avoir recours à la liposuccion devient de plus en plus courant, voire une mode. Je le déplore en ce sens qu?on oublie avant tout qu?elle reste un acte chirurgical. Les patients doivent garder cela en tête», rappelle le Dr Rajenprasad Gunessee, spécialiste en chirurgie esthétique et plastique.
Pour la petite histoire, la chirurgie esthétique a pour vocation l?amélioration du physique. Contrairement à la chirurgie plastique qui est destinée à corriger les conséquences d?une maladie, d?un traumatisme ou d?une malformation congénitale. Mais dans les deux cas, il importe que toutes les précautions soient prises avant, pendant et après l?intervention. Tout comme le choix du spécialiste et d?un établissement agréé et aux normes.
Bilan préopératoire essentiel
Il est, donc, primordial qu?un bilan préopératoire soit effectué. «Des tests sanguins pour détecter d?éventuelles maladies tel le diabète. évaluer son taux de cholestérol. Faire une radio pulmonaire, un électrocardiogramme, etc. Savoir si le patient peut encourir une anesthésie», souligne Dr. Mukhesh Sooknundun, responsable de la Clinique du Nord où la liposuccion est pratiquée comme dans plusieurs cliniques d?ailleurs. En cas de doute sur un mauvais état des veines, il est même conseillé d?effectuer un doppler veineux. «L?acte en lui-même ne comporte pas de risque parce qu?on ne touche pas aux organes vitaux. On reste au niveau de la paroi corporelle pour extraire l?excès de lipose. Il demeure que le patient doit être d?un excellent état de santé général pour qu?une liposuccion soit possible. Souvent on constate que le patient privilégie l?aspect extérieur de sa personne et ignore qu?intérieurement il souffre de maladie grave», constate Dr Sooknundun. Les médecins interrogés déplorent le cas de certains patients qui arrivent en clinique pour une consultation en chirurgie esthétique alors qu?ils n?ont jamais mis le pied chez un généraliste. Lors des premiers tests obligatoires, ils découvrent alors qu?ils sont atteints de certaines maladies.
Il faut aussi savoir que la liposuccion ne traite pas l?infiltration graisseuse de la peau (la fameuse peau d?orange). Toute irrégularité superficielle présente avant l?intervention sera également présente après la liposuccion. Tout comme il ne faut en aucun cas espérer perdre une dizaine de kilos. Comme l?a cru Jeanine qui a eu recours à une telle intervention. «J?avais une couche de graisse sur le ventre. Je voulais aussi me débarrasser de ma culotte de cheval et mes énormes cuisses. Finalement, un mois après l?intervention, je n?avais perdu que cinq kilos. En parallèle, j?ai aussi effectué un régime. Personnellement, j?ai réalisé que la liposuccion n?est pas une solution en elle-même.» à la fin de l?opération le port d?un lipopanty jour et nuit est obligatoire et ce pendant un mois. Il est nécessaire puisqu?il tient le rôle de pansements compressifs afin de diminuer les ?dèmes postopératoires qui ne disparaissent qu?au bout de deux à trois mois, période nécessaire pour avoir le résultat définitif. «Il faut aussi s?attendre à des ecchymoses qui ne se résorberont qu?au bout de deux à trois semaines. Le patient subira certaines douleurs temporaires comme dans n?importe quelle intervention chirurgicale.»
La liposuccion n?aspire pas uniquement votre graisse mais aussi le contenu de votre porte-monnaie. Les prix varient selon la clinique que vous choisissez et des endroits du corps que vous souhaitez remodeler. La clientèle à Maurice est surtout féminine et elle demande souvent une liposuccion du ventre, de la culotte de cheval et des cuisses où on retrouve généralement les excès localisés de graisse. Les éléments importants à prendre en compte pour apprécier le résultat d?une liposuccion sont l?aspect localisé de la surcharge graisseuse et l?élasticité de la peau qui doit être suffisante pour se réadapter sur le nouveau volume. Des paramètres à prendre en considération pour celles qui veulent se remodeler le corps.
Le décès de Budia pas lié à la luposuccion
Le dossier médical de Ayesha Bibi Budia Molika indique que son décès ? due à une infection bactérienne ? n?est pas lié à la luposcusion qu?elle avait subie quelques temps auparavant.«Une infection généralisée, c?est-à-dire une septicémie se développe tout de suite après l?intervention et tue le malade dans les 24 à 36 heures. Or, dans le cas de Budia, l?infection s?est développée beaucoup de temps après l?intervention. Elle a été admise aux soins intensifs avec une température normale. C?est après cinq jours d?hospitalisation et alors qu?on s?apprêtait à lui permettre à rentrer chez elle qu?elle a développé une infection», nous confie un médecin qui s?est occupé du patient pendant son hospitalisation. En fait, explique-t-on dans les milieux médicaux, la liposcussion est la chirurgie la plus pratiquée en ce moment aux états-Unis et il n?y a aucune indication d?un effet secondaire quelconque pouvant mener à un décès après une telle intervention qui se fait sous anesthésie générale.La liposucssion se fait depuis une dizaine d?années à Maurice dans plusieurs cliniques. Plusieurs centaines de Mauriciens, mais également des étrangers, ont connu cette aspiration des surcharges adipeuses dans l?abdomen, les jambes, et les bras principalement. Aucune complication post-opératoire n?a été notée jusqu?ici.
Raj JUGERNAUTH
Se refaire le visage, les seins, les jambes
Il y a en ce moment un engouement des Mauriciens pour ces types d?interventions. L?intervention la plus demandée reste pour le moment le ?nettoyage du visage? au laser. Cette intervention qui peut coûter entre Rs 15 000 et Rs 25 000 permet de nettoyer le visage de toutes les taches, des traces de l?acné aux cernes des yeux en passant par les petites excroissances. «Le résultat ne se voit pas tout de suite, mais deux jours après l?intervention. Vous avez à ce moment un visage propre», nous explique un préposé d?une clinique qui s?est lancé dans les opérations esthétiques depuis des années.
Le nettoyage au laser n?élimine pas les rides. Les ridés ont alors recours à une autre intervention au coût d?environ Rs 10 000 pour l?élimination de ces rides par injection d?un produit sous la peau ridée. Les Mauriciens ont également recours au lifting, à la liposuccion. Mais cette technique, comme l?épilation du visage, des jambes, des aisselles ou alors de tout le corps au laser, est considérée comme une intervention légère. Des interventions lourdes sont pratiquées dans plusieurs cliniques du pays depuis des années déjà. Elles vont de la reconstitution des seins enlevés à la suite des cancers à la reconstruction totale d?un visage défiguré dans un accident. En fait,la reconstruction du visage d?un accidenté se fait gratuitement à l?hôpital Candos. Mais pas la reconstruction d?un sein enlevé. «C?est une opération lourde qui prend énormément de temps avec l?utilisation de beaucoup de greffes de la peau. S?il y a eu ablation d?un seul sein, on reconstruit le sein enlevé à l?identique. Aucune différence n?est visible. Le seul hic, c?est que la femme n?éprouvera aucune sensation avec ce sein reconstruit. Mais elle se sent psychologiquement mieux», nous confie un chirurgien esthétique qui a déjà pratiqué une telle opération. Cette intervention n?est pas donnée à tout le monde, car le coût dépasse Rs 60 000, dépendant de la clinique dans laquelle elle est effectuée. D?autres chirurgies moins lourdes, notamment la modification du nez, des lèvres, des yeux, des oreilles trop décollés, du double menton et la greffe des cheveux sont également en grande demande.
La clientèle pour ces types de chirurgies est principalement féminine en majorité des femmes qui ont de gros moyens. Mais les petites salariées sont également friandes des épilations au laser (une épilation à vie) et des liposuccions. Elle économisent souvent pendant plus d?une année pour pouvoir se payer cette opération qui peut coûter entre Rs 15 000 à Rs 40 000, dépendant de la clinique et de la quantité de graisse sous-cutanée à être enlevée.
R.J.
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