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Une centrale nucléaire à l?île Plate
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Une centrale nucléaire à l?île Plate
MRoland Desmarais, ancien directeur général du CEB, compte proposer, lors du séminaire national sur l?énergie, un projet de centrale nucléaire sur l?île Plate. Ce séminaire se déroule du 15 au 19 décembre à l?université de Maurice. Il avoue que ce projet lui tient à coeur. Il l?estime tout à fait réalisable. Il est en faveur d?une centrale télécommandée à distance. En cas d?accident, il n?y aura pas, de ce fait, mort d?homme. Il n?y aura personne sur l?île. Même le gardien du phare devra s?en aller. Il pense à une centrale de 225 MW, composée de trois groupes de 75 MW. Elle pourrait être opérationnelle en 1995. Elle produirait 800 millions de kWheure par an. L?énergie électrique, produite par la centrale, sera acheminée à Maurice par un câble de 120 kW. La distance à parcourir est d?environ 16 kilomètres. L?énergie provenant de la centrale, sera reliée directement au réseau national. Il estime le coût de son projet à Rs 15 000 par kW installé, coût qu?il ne juge pas exorbitant. Le coût de production du kW sera toujours de 40 sous l?unité, en 1995. La centrale utilisera de l?uranium enrichi à 3 % qu?on devra importer.
Une telle centrale suffira aux besoins du pays en 1995. Il estime nos besoins énergétiques pour l?année 1995 à 1 200 millions de kWheure. Le surplus de production pourra servir à l?électrolyse de l?eau de mer pour produire de l?hydrogène, un des combustibles de l?avenir, selon des scientifiques. L?hydrogène comprimé peut être distribué dans des bonbonnes aux consommateurs.
M. Desmarais s?attend à ce que son projet ne fasse pas l?unanimité car il connaît la résistance aux centrales nucléaires dans le monde. Cette résistance repose sur le fait que leur refoidissement se fait généralement par les fleuves, avec deux gros inconvénients inévitables 1. Le réchauffement de l?eau en aval, phénomène nuisible à la flore et à la faune d?eau douce, et répercussion sur les estuaires 2. Les risques de sécheresse, d?abaissement du niveau d?eau et incapacité des fleuves de refroidir adéquatement les centrales nucléaires, mettant ainsi en péril leur fonctionnement et augmentant les risques d?explosion avec conséquences néfastes pour l?environnement. Ces risques n?existent pratiquement pas avec le courant Charpentier passant entre l?île Plate et Maurice et représentant un volume d?eau régulier sans commune mesure avec le débit des plus grands fleuves. Parmi les opposants connus localement à tout projet de centrale nucléaire à Maurice se trouve Germain Comarmond.
Dans un autre ordre d?idées, M. Anil Purmessur propose qu?on produise du verre à partir des cendres de bagasse. Il s?agit de la bagasse brûlée pour produire de l?énergie électrique dans les usines sucrières. Ce verre pourrait servir à produire des carreaux de vitre ou des bouteilles. L?Inde et les Philippines utilisent déjà les cendres de bagasse pour produire bouteilles et vitres. La cendre de bagasse est utilisée à Maurice comme fertilisants en raison de sa teneur en matière organique.
Ce dossier bagasse sera aussi présenté lors du séminaire de l?université. On utilise la bagasse à des fins énergétiques. Des expériences sont en cours en vue de la production de nourriture pour animaux. Selon M. Parmessur, la valeur calorifique d?une tonne de bagasse est de 0.187 tonne de fuel lourd.
Sur chaque 100 tonnes de cannes on recueille 5 tonnes de bagasse avec 60% d?humidité. Sur une récolte moyenne de 700 000 tonnes de sucre, 21 000 tonnes de cendre de bagasse peuvent être produites. Elle contient du silicone à 71% et aussi mais en petite quantité de l?aluminium, de l?oxyde ferrique, du calcium, du magnésium, de la potasse, du sodium, du phosphore. Il suffirait d?ajouter de l?alcali pour obtenir un verre de qualité. La silicone contenue dans la cendre de bagasse serait plus malléable que celle trouvée dans le sable. Elle serait aussi plus résistante à l?eau. D?où moins de risque de dévitrication.
Le hic serait la nécessité d?atteindre une chaleur de 1 500 degrés centigrades pour pouvoir fondre les ingrédients requis. M. Parmessur se fonde sur de précédentes commandes anglaises de cendre de bagasse à l?état brut pour être fondue en Grande-Bretagne en vue de la production du verre. Pourquoi alors ne pas fondre ici notre cendre de bagasse déjà occasionnellement fondue en Angleterre pour produire des vitres qui nous seront ensuite vendues ? Il est fini le temps où les Anglais achetaient notre sucre pour nous le revendre sous forme de bonbons et autres ? sucreries.
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